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ÑANDÚ-CUAAÁ /​ PRESSENTIR

Par | 2018-02-25T01:06:54+00:00 19 octobre 2013|Catégories : Blog|

 

Poème usé
Poème musée
poème sans murs
des mots se tendent
s'entendent
s'ajustent  se déchirent
rayonnent
signe de ne pas bais­ser le son
de perdre la rai­son
de libé­rer des mots sonores
sur­vi­vants de forêts tru­ci­dées
jetons-nous par-des­sus bord
un océan nous sépare
a sapucái­ta che pyta­guá
moi grin­ga je vais crier
a chu­chú icatú apu­catá
on peut de peur rire ou hur­ler.

Reste-t-il un phare sur l'abîme ?
Un éclat
entre deux obs­cu­ri­tés
sur l'utopie de l'ultravide ?
Un phare n'éclaire pas
il parle
une langue ultra­so­nore
il insiste pour ne pas mou­rir
che coco­mocó  tatá
j'avale du feu
che tapé tanimbú
mon che­min est de cendres
aña mem­by   ñañá ybo­ty
les mots cherchent leur sens
les mots sont fleurs à chair de poule
a  moki­rirí
faire taire qui ?

 

 

 

Ils perdent pied
la vue écla­tée
les mots coulent
l'arbre a per­du la parole
tous les mots sont en dan­ger
tuyuyú   kururú   tacurú
natu­ra mun­di

langue du feu entre­te­nu jour et nuit
le cra­paud-buffle gémit
pirirí pira­pi­ré
uru­bu monde de mon­naie
le pro­grès tour­mente la terre
la flamme est nue
la lumière flanche
chaque quinze secondes
un mot d'espoir meurt dans le monde
coe­ma
croire encore au  point du jour
poe­ma
che ybo­tymí tapo­ti
ma petite fleur excré­men­tielle
sous les miasmes
le poète ronge les racines dépres­sives
che pochy
rage noire
mots illi­sibles inimi­tables
faire le noir
aveugle le poème a meilleure mémoire
porte-faix porte-foi
le poète s'étonne de sa propre voix
coco­mocó tatá
ava­ler du feu
pres­sen­tir l'envers de la terre.