> Noyer les poissons

Noyer les poissons

Par |2018-10-21T06:42:08+00:00 6 avril 2014|Catégories : Blog|

 

de moins en moins  
de berge en berge
de vase en eau
de vase en verres
de verres en verres
moi
serve d’elle
d’un temps à l’autre
une onde un choc
ça gri­mace
sous le miroir
j’hydrocute mes espoirs
sque­let­tiques
la rédemp­tion est un faux frère
un coup d’épée
dans l’eau un fris­son
abso­lu concen­trique
pas fran­che­ment un remous
pas même un remous juste
cette fra­gile agi­ta­tion
molé­cu­laire jeu de hasard.

 

 

 

il la remonte
il la des­cend l’emprunte
il la connaît tel­le­ment
bien sou­vent y rince
son désen­chan­te­ment
la plu­part du temps
y noie
ses absences elle le laisse faire
s’enivrer
libre­ment elle l’accompagne même
puis vaga­bonde l’abandonne
muet­te­ment à son vice.

 

 

 

 

 

Prosterné     
arc­bou­té sur le pon­ton
cimen­té il gerbe
avec fer­veur
dans le cou­rant vert lent l’aveu
de sa crue éthy­lique.
offrande spas­mo­dique
point d’ancrage
où des fluides se mêlent.

 

 

 

 

 

 

voi­ci ma langue elle ondule    
ma langue de soli­loque longue
aus­si peu loquace
que ce long cours qui traîne
jusqu’à plus soif son eau
de par­fum de décoc­tion d’algue
à croire
qu’il est plus facile de se répandre
en non-dits
que tra­ver­ser la jour­née
à jeun.

mais
ma langue ser­pen­tine prompte
aux inon­da­tions
quand le ton monte
après une mous­son de comp­toir
verve acerbe
verbe acide
elle mûrit des entailles
au creux de mes méninges.

 

 

 

 

 

 

l’homme glisse    
comme fleuve
fleuve coule
comme per­sonne
l’homme mâchonne
sa vie liquide au fond
du lit de l’hôpital sa vie
sou­mise aux entre­lacs
de cou­rants contraires
de gros rouges en petits jaunes
ces cou­leurs n’ont pas fait bon ménage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

énor­mé­ment     
les fûts fébriles
cre­vassent les brumes
et les branches volu­biles
singent leurs consœurs
à la crête des eaux.
dans l’apaisante pro­ces­sion
des feuilles comme raides mortes
tom­bées de son œil
las il les consi­dère envie
leur péné­trante iner­tie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tonitrue     
tonne
sonne
faux
inté­rieur sub
séquent c’est mieux avec
gla­çons loque que moi qui
liqué­fie mes sangs faux
fous mon vou­loir à la baille
j’envoie tasse
comme on ne se refait pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

il déam­bule traîne    
plus que ne marche manière
d’essorer sa salade exis­ten­tielle.
de bout d’amont
en bout d’aval
il tente
désa­mer­tume nébu­lise
évente
les épais­seurs suantes
de son cata­plasme de viande.
la brise cré­pite dans les feuilles
épar­pille
sur quelques enjam­bées
des frag­ments
de cata­clysme.

 

 

 

 

 

 

 

 

les cou­leurs dégorgent ce matin   
la tem­pé­ra­ture tou­jours fade et
sa figure en bois en regard
sur­nage dégou­line
le long du mur
argent de la glace.
dans l’œil on lui tape on
lui entre une espèce de coin
en tête s’asticotent
insen­sé­ment les nœuds
des nerfs la pul­sa­tion
de ses dérives noc­turnes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

des oublis en cas­cade    
flaque rési­duelle
au milieu d’un champ
creux il fait plus soif que chaud
et je m’ennuie
Tu t’ennuies ? Me disais-je
j’abreuve
sans retour­ner la ques­tion
mes amyg­dales voraces voue
un énième culte
à la flui­di­té.

 

 

X