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Nuit après nuit

Par |2018-10-17T18:18:36+00:00 9 septembre 2017|Catégories : Blog|

 

 

Nuit après nuit

(Juin – Octobre 2010)

 

 

 

Nacht für Nacht,
We got lost.
Nous et notre amer­tume, en rade
Sur le bord du che­min.

 

 

*

 

La Terre n’est plus tout à fait ronde.
Les forêts cha­virent
Et les rivières en crue
Charrient des pois­sons morts.

Mon amour en par­tance
Me laisse un monde
Sans queue ni tête,
Un chaos. Rien ne pousse.

 

 

*

 

      Elle passe, entre terre et ciel.
      Mésange bleue,
      Bergeronnette
      Ou pin­son.

      Je suis le mou­che­ron
      (la proie de l’oiseau),
      Le vul­gaire insecte,
      La bête sans charme.

      Dans trois coups d’ailes,
      Moi, l’avalée,
      Je ne serai plus
      Et il n’y aura per­sonne,

      Personne pour me pleu­rer.
      Pas de funé­railles,
      Même pas une pen­sée.

      Et tous de s’extasier :
      « Quelle ado­rable créa­ture ! »
      Ils n’en auront que pour l’oiseau.

      Elle sur­gi­ra dans leurs rêves,
      Leur tour­ne­ra autour,
      Ils seront ivres, un peu.
      Aveugles.
      Car il n’y aura per­sonne,
      Personne pour remar­quer
      La goutte de sang séché
      Sur le bec élé­gant.

 

 

*

 

Nous font mordre la boue.
Nous sommes humus,
Misérables aca­riens, pous­sière et vent.

 

 

*

 

J’ai vu la lune en rêve,
Une lune décrois­sante.
Était-ce la mort, la folie ?
Je veux renaître
Des cendres
De la nuit.

À l’aurore,
Le vent caresse
Le feu
Encore.
Je me redresse
Un peu.

 

 

*

 

Wir legen die Rüstungen
Auf die Bürgersteige.
Wir müs­sen über­ge­hen,
Überhören, über­le­ben.

Es war ein­mal Nichts
Das macht nichts.

Nacht für Nacht,
Nach und Nach,
Etwas anderes.

Wir haben wenig Zeit,
Zu wenig.
Das macht nichts.

Übermorgen,
Überall,
Werden wir
Übergange fin­den.

Nous posons les armures
Sur les trot­toirs.
Nous devons sur­mon­ter,
Ignorer, sur­vivre.

Il était une fois le néant.
Cela ne fait rien.

Nuit après nuit,
Peu à peu,
Quelque chose d’autre.

Nous avons peu de temps,
Trop peu.
Cela ne fait rien.

Après demain
Partout
Nous trou­ve­rons
Des pas­sages.

 

 

 

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