Toutes ces saisons qui t’indiffèrent
cette grande route de fer
et cette forêt de verre
qui nous éclaire à cœur ouvert,

et fait de cette pierre
chair qui nous pré­pare ce long exil
et cet orage qui nous gronde.

mais dis moi
mais dis moi
la nuit descend quand même,

mais dit moi
mais dit moi que
je ne me bats plus pour ça,

pour une cou­ver­ture de ronces amères

et
que la nuit
la nuit descend quand même
quand même
sincère.

La nuit, c’est tout nouveau,
te fera un radeau
pas­sagère du ciel,
tu trou­veras quand même
le duvet blanc du lys
dans les cru­els interstices,
dans les noirs calices.

Tu trou­veras quand même
tout au fond de mes veines
l’im­age imputrescible
de mon âme chevauchant la plaine,

mais dis moi
dis moi
que la nuit descend quand même…

 

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