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nulle mémoire dans l’encre de ton souffle

Par | 2018-02-20T12:26:14+00:00 21 juin 2013|Catégories : Blog|

 

 

nulle mémoire dans l’encre de ton souffle
ils sont par­tis trop tôt
ils ont oublié
qu’on ne peut dénuer
ces rivages encore emplis
de vos ombres
ils sont par­tis trop tôt
ils ont oublié
que les courbes de nos rêves
ne rejoin­dront jamais
l’élan des vents pre­miers
ils sont par­tis trop tôt
ils ont oublié
que les inso­lences
de ta peau
ne sont que
des par­che­mins lapi­dés
nulle mémoire dans l’encre de ton souffle
ils sont par­tis trop tôt
ils ont oublié
que ce n’est pas une
étreinte
qui blesse les vacarmes des os
mais tes lèvres
ils sont par­tis trop tôt
ils ont oublié
que la matière n’est
pas l’œuvre d’un quel­conque orfèvre
mais de tes défer­lantes
ils sont par­tis trop tôt
ils ont oublié
qu’on ne peut remuer
les ves­tiges de
san­glots pas encore assa­gis
nulle mémoire dans l’encre de ton souffle
ils sont par­tis trop tôt
ils ont oublié
qu’au bout d’un soleil
lar­vé de cou­leurs
se trouve
cette cara­vane – vos yeux –
pour­fen­deuse d’absence
ils sont par­tis trop tôt
ils ont oublié
que les fêlures
qui trans­pa­raissent
dans la pierre
sont les énon­cés de tes soifs
ils sont par­tis trop tôt
ils ont oublié
que les rouages
d’un ciel trop rouge sang
déclament
votre verbe qui se lou­voie
dans les sillons gra­ve­leux
de nos peurs
nulle mémoire dans l’encre de ton souffle
ils sont par­tis trop tôt
ils ont oublié
que la misère d’un corps
trop déchar­né – le nôtre –
est le pos­sible recueil
de votre com­pas­sion
ils sont par­tis trop tôt
ils ont oublié
que la course éche­ve­lée
d’une éclipse
n’a qu’un objet
par­faire la sub­stance
de nos défaites
ils sont par­tis trop tôt
ils ont oublié
que nos mains
à l’orée de ta chair
convergent vers un même lieu
celui de notre dis­so­lu­tion
ils sont par­tis trop tôt
ils ont oublié
ils ont oublié
il ont oublié qu’il n’est
nulle mémoire dans l’encre de votre souffle
 

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