> Odile Caradec ou la timidité étincelante

Odile Caradec ou la timidité étincelante

Par |2018-08-15T07:47:28+00:00 2 décembre 2013|Catégories : Blog|

        Quand je songe à Odile Caradec, je vois aus­si­tôt se pro­fi­ler dans ma mémoire des poèmes pri­me­sau­tiers, fan­tai­sistes, concrets, char­nels, qui nous montrent com­ment désap­prendre le mono­tone, des poèmes propres à célé­brer l'illumination des arbres à l'intérieur des âmes, tant il est vrai que nous en avons bien besoin, sur­tout nous qui vieillis­sons. Car Odile, à plus de quatre-vingts ans, a gar­dé un esprit éton­nam­ment vif, avec aus­si le goût de nous rap­pro­cher de l’animal le plus humble, auquel elle rend hom­mage, comme avant elle le Béarnais Francis Jammes : Or dis-toi bien ceci : tout poème ter­mi­né /​ (l’est-il jamais ?) /​ ne vaut pas le for­mi­dable braie­ment de l’âne, et elle ajoute : Que ne puis-je braire pour dire ma pleine /​ satis­fac­tion.

        Si la fan­tai­sie lui est natu­relle, cela ne l'empêche pas de choi­sir – mais choi­sit-on en poé­sie ? – des sujets graves. Ainsi la mort est omni­pré­sente, car humain rela­tif /​ humain infi­ni­té­si­mal que nous sommes, il faut se gar­der de l’orgueil des grands de ce monde qui ont l’outrecuidance de se croire immor­tels. Odile sait que les morts coriaces peuplent nos pay­sages inté­rieurs, et sont le revers de la chair ombreuse du monde ; et, de fait, quand le poète arbore une écharpe cou­leur de feu, et se ceint des mots pour tra­duire le monde, la mort devient invrai­sem­blable, puisque la poi­trine des vivants se sou­lève et repousse /​ le beau ciel étoi­lé. Le poète est de plain-pied avec ses morts, car ceux-ci, de tran­chée en tran­chée /​ sont en conci­lia­bules /​ ils ont une réserve inépui­sable /​ de mots non encore employés. D'où son goût pour les cime­tières : Laissons les psy­cha­na­lystes cra­cher sur les tombes /​ moi, j'aime res­pi­rer dans un cime­tière d'Armorique /​ où les péris en mer voi­sinent avec les poètes. Elle remarque d'ailleurs que le cime­tière me semble très loin­tain /​ le ciel est une douce pierre sur mon cœur. La mort, le grand silence, la mort est un grand man­teau blanc /​ sans un pli sans une ombre /​ les ombrages de la mort sont dans les mains des morts. La mort qui fait par­tie inté­grante de la nature, mais dont les humains ont oublié la sim­pli­ci­té, au contraire des ani­maux : Il faut mou­rir caché comme les ani­maux /​ en pleine forêt au pied d'un arbre /​ sa sève aide le cœur à se rem­plir de froid /​ sa cou­ronne de branches apaise. Et, au lieu d'en faire un tabou dont on ne parle pas, le poète s'en réjouit presque : La mort est une jolie conclu­sion à la vie /​ elle sent si bon la terre /​ Ah ! s'étirer dans tous les sens /​ alors que les gens du des­sus /​ vous croient raide.

         On sait bien que, sans doute, pour écrire un poème, aus­si bien que pour le lire et l’apprécier, le silence est néces­saire, et le soir, et la nuit, et le petit matin aus­si, quand on n‘est pas encore entré dans la folie de la course du quo­ti­dien ou quand on n‘y est plus. Je vou­drais entendre le bruit que fait la peau en pous­sant, affirme le poète, qui se lève pour éprou­ver notre ver­ti­ca­li­té, et retrou­ver la res­pi­ra­tion de la vie, claire et dense : Ah ! Que ma poi­trine soit la proue du navire. Quoi de plus natu­rel, de plus déstres­sant que la res­pi­ra­tion, ce que les comé­diens ou les yogis – et les poètes – savent : Respirer vaut fumer, englou­tir l'air bleu /​ l'air vert, l'air jaune. Ainsi elle peut cap­ter en sour­dine les eaux fur­tives du poème. A-t-on remar­qué que la flui­di­té des vers des poètes en géné­ral, de ceux d'Odile en par­ti­cu­lier, les fait cou­ler comme un ruis­seau, une rivière, un fleuve, ou comme la mer même, sou­vent pré­sente d'ailleurs, chez notre auteur qui ne renie pas ses ori­gines bre­tonnes ? Et elle peut célé­brer cette joie de vivre, au réveil : Ô la belle mati­née de ciel tout entier /​ j'ai deux cornes de joie sur le front, quand elle peut affir­mer avec cer­ti­tude que débarque au plus pro­fond /​ de toi la balle de lumière, puisque cette lumière que nous pos­sé­dons tous en nous, cette lumière qui, ana­logue à la neige, peau lumi­neuse du silence, est peut-être la part de Dieu en nous, ou en tout cas notre part de créa­tion. Et qui per­met au poète, comme à tout être humain de se trou­ver : tu es de plus en plus éton­née d'être celle que tu es, sou­ligne-t-elle avec sur­prise, car tu ne t'es jamais habi­tuée à toi-même.

         Et c'est la jubi­la­tion : Odile nous rap­pelle que man­ger dor­mir mar­cher ne sont que choses vaines /​ Ce qui est pri­mor­dial c’est que bon­disse ma cer­velle. Ah ! Quand sou­dain je deviens plus grande que la chambre, le poème va venir, entrer en scène, comme une scène inédite dans notre théâtre inté­rieur : il ouvre toutes les portes, comme le bel E muet […] l'E muet, irrem­pla­çable, qui plane, et que l'auteur célèbre ici, comme sont célé­brés ses amis les poètes : J‘ai tra­ver­sé la rade de Brest avec Saint-Pol Roux /​ Cape et cha­peau magni­fiaient l’Atlantique. Car ce qui compte, avant tout, c'est l'ivresse d'écrire, dans toutes les situa­tions : J'accroche des poèmes au der­rière des auto­mo­biles, par tous les temps : bien­tôt la neige me fera déri­ver vers la poé­sie, avec par­fois une sorte de rage de pré­da­teur cher­chant ses proies par­mi les mots : En vain j'avais bat­tu les pages /​ et voi­ci que je trouve un poème-fau­con /​ Moi, la proie, j'accepte d'être empor­tée /​ dans le cœur froid de l'air. Cette écri­ture de pro­me­neuse soli­taire : on te voyait mar­cher dans tes poèmes, qu'il s'agit de cap­ter à tout ins­tant, de ne pas lais­ser échap­per : Un car­net fur­tif m'accompagne /​ il ne fait pas de bruit”, dans le silence propre à la marche, à l'observation, aux pas qui s'ajoutent les uns aux autres, et pen­dant les­quels l'auteur remarque : Il n'est que de tour­ner les pages /​ d'absorber tous les blancs /​ d'engranger le silence, pour abou­tir à cette mer­veille : des Livres de poé­sie /​ livres de peu de bruit. Mais qui sont aus­si des livres char­nels, concrets, proches de la fabri­ca­tion arti­sa­nale : Sinon mode­ler de la terre, /​ des poèmes, des notes /​ et du char­nel aus­si, des poèmes faits à la main qu'explore l'extrême pointe de nos doigts /​ là où est le tou­cher /​ ce Finistère de nos corps, poèmes qui gué­rissent aus­si des petites dou­leurs du vieillis­se­ment : Et moi qui ai mal aux arti­cu­la­tions /​ à force de me rou­ler /​ dans l'herbe humide /​ j'ai besoin d'un poème acu­punc­teur.

         Tiens, à pro­pos d'herbe, son­geons à la source d'inspiration inta­ris­sable qu'est chez Odile la nature, avec ses végé­taux, par­mi les­quels les grands arbres qui montent presque jusque sous ses fenêtres la saluer chaque matin : Arbre, sau­te­relle magique !. Elle aime tant les arbres qu'elle peut dire : Je célèbre l'illumination des arbres à l'intérieur des âmes, les tour­billons d'astres. Odile remarque ailleurs : Les arbres ont le vent en poupe /​ ils caressent l'humus, et sur­tout Sous un arbre tout neuf la paix sent bon, elle y sent la res­pi­ra­tion de la vie de la nature, et pour cela, vite, il ne faut pas res­ter cloi­tré dans un appar­te­ment : et moi bien enfer­mée, bien close, j'ouvris /​ mes mille et une fenêtres pour hap­per l'air /​ ce don for­mi­dable des dieux. La nature, c'est aus­si les astres et le ciel : Ne rien rater par soleil rayon­nant, et bien sûr les fleurs : Je vais pas­ser ce jour en com­pa­gnie d’une fleur d’hibiscus. Pour la Bretonne qu'elle est res­tée dans son exil poi­te­vin, pas de nature sans mer et sans vent : Un peu plus loin, la mer conti­nuait à agran­dir le monde /​ les arbres à repous­ser le vent pour que la mai­son /​soit bien close. Et puis, il y a les ani­maux : Un lapin blanc éclaire d'un seul coup /​ toute la forêt. Et Odile aime par­ti­cu­liè­re­ment les chats (recueil Chats, dames, étin­celles), les vaches (recueil Vaches, auto­mo­biles, vio­lon­celles) et cet âne qu'elle célèbre à plu­sieurs reprises : Un âne seul dans un taillis /​ son museau doux tire la langue […] Eux sont tous nus et glo­rieux /​ l'herbe en sait quelque chose /​ qu'ils foulent de leurs sabots fermes /​ de leurs sabots à étin­celles. Dans la nature, tout est fête pour le poète qui voit même la fenêtre qui s'ouvrait d'un seul coup /​ parce que la vue sur la mon­tagne était trop belle.

         Et puis, quand on lit Odile, on ne peut pas pas­ser à côté de son humour extra­or­di­naire, que ce soit pour se moquer de son enfance dans les écoles reli­gieuses : Dans la cathé­drale de Quimper il y avait un très joli curé […] Nous étions imbat­tables sur tous les noms de Dieu /​ et le tout jeune abbé quand il se retour­nait /​ nous bénis­sait, par trou­peaux de don­zelles, ou qu'il s'agisse des tâches ména­gères : Le balai à la main je mesure le monde à par­cou­rir, ou même quand elle se moque des astres qui nous éclairent : Avec le gros der­rière de la lune /​ On fait des voiles nup­tiaux /​ Tant pis si tout cela pète /​ Sur la mer des tem­pêtes, ou bro­carde les ana­lyses médi­cales abu­sives : J'en ai assez qu'on ana­lyse mon sang /​ sans crier gare /​ On pour­rait y trou­ver des mar­queurs incon­nus /​ mais connus de moi seule /​ de ces mar­queurs qui sont griffes de poé­sie. Elle sait aus­si cham­brer ses col­lègues mas­cu­lins : Ô têtes d'hommes sur plat à barbe /​ bien pré­sen­tées /​ pour être dégus­tées, fin fes­tin d'araignées ! […] Ô beaux cer­veaux pen­sifs sinuant de cir­con­vo­lu­tion /​ en cir­con­vo­lu­tion /​ pour pro­duire belle, sublime poé­sie !, ou gouailler sur son corps qui com­mence à défaillir : La nuit j'entends cra­quer ma colonne ver­té­brale /​ J'entends ma colonne ver­té­brale que dépècent mes muscles /​ et quelques petits nerfs lancent leur cri de guerre /​ dans mes nuits presque blanches. Elle n'oublie pas même les petits besoins de la vie, si rare­ment signa­lés en poé­sie : Un pipi silen­cieux aux marges de l'histoire /​ un pipi de plein vol, pipi de pipis­trelle […] pis­ser tout dou­ce­ment /​ ouïr les eaux du ciel /​ cou­ler sans fin. Oui, on ne s'ennuie jamais avec Odile, on rit, on s'étonne, on se moque, on s'amuse ; elle nous dit bien : Un poème glis­sé sous la terre /​ peut faire beau­coup de bruit. Ce qui est bien vrai, mal­gré le peu de lec­teurs qui lisent de la poé­sie.

         Enfin, il y a cette sen­sua­li­té que je ne trouve que dans la poé­sie fémi­nine – j'en demande par­don à Odile, qui se veut poète et non pas poé­tesse – une sen­sua­li­té à fleur de peau qui lui per­met de fer­mer les yeux pour écou­ter au fond de sa mémoire. Et d'aimer la nuit, la nuit des poètes : Ô la nuit amou­reuse /​ les longs ser­pents de bai­sers dans les chambres. Ces nuits dans les­quelles même la lumière est sen­suelle : Ô lampe, dans ton arron­di je me love. Et Odile sur­tout appré­cie les nour­ri­tures ter­restres, aux­quelles elle consacre de beaux poèmes, comme Le fro­ma­ger-poète qui n'oublie pas le bleu d'Auvergne /​ aux yeux si bleus que le fro­mage /​ devient pâte divine. Elle sait que Pour tous les palais en fête /​ mon âme s'ouvre à deux bat­tants, et célèbre le bon res­tau­ra­teur mieux que le Guide Michelin : Nous irons clai­ron­ner en ville /​ les splen­deurs de votre cui­sine /​ Tambours, cym­bales par devant /​ par der­rière nos panses /​ pique­tées de rosettes et de rubans vio­lets /​ Ô palmes ! Ô lau­riers !

         Les humains sont là aus­si, les humbles pour qui la com­pas­sion du poète est acquise, car Odile, à l'instar de Victor Hugo (rap­pe­lons-nous du Mendiant dans Les Contemplations), se sent proche des SDF, pour qui elle sou­haite qu'on ne célèbre pas les fêtes sans eux : Noël pour tous les sans feu ni lieu /​ dans le rou­lis du déses­poir /​ Noël, escar­billes et braises /​ Noël, dans les cou­tures écla­tées. Elle sou­haite de la cha­leur pour tous : De la cha­leur, des braises, voi­là ce qu'il nous faut /​ nous ne fer­me­rons nos ser­rures /​ nous ne cal­feu­tre­rons nos corps /​ dans des vête­ments à haut col /​ Pour tous les doigts du monde, des bra­se­ros. Les autres ce sont aus­si les ancêtres qu'il ne faut pas oublier, ses parents d'abord : Un toast pour célé­brer mes géni­teurs /​ ils m'ont appris qu'un vio­lon­celle /​ pou­vait avoir des ailes /​ et que la langue alle­mande avait un goût de fruit /​ le vent, la mer, les îles, un arôme de liber­té /​ la mort, un colo­ris nacré, et son grand-père, le méde­cin des pauvres auquel elle rend un bel hom­mage. Bien sûr, en tant qu'individu, Odile n'est pas à l'abri de l'angoisse : L'angoisse peut nous prendre au milieu de la nuit /​ Qui veille sur les corps dans les ténèbres ? /​ Où est le souffle ? /​ Où est l'ange pro­mis et où la récom­pense ? Elle sait aus­si que tous les hommes ne sont, hélas, pas prêts à l'empathie : Le dur c'est pour les vifs /​ dur des mai­sons, dur des conver­sa­tions /​ lente, lente incom­pré­hen­sion /​ dur des oreilles d'âne.

         On l'a com­pris, je suis un grand admi­ra­teur de la poé­sie d'Odile Caradec. Quand j'ai un coup de blues, j'ouvre un de ses recueils, à n'importe quelle page, et c'est bien plus effi­cace qu'un cachet d'anti-dépresseur ou qu'un coup de gnôle. Merci, Odile, de ces poèmes rafraî­chis­sants qui nous peuplent l’âme, qui rendent cha­cun de nous apte à se tenir prêt pour la grande croi­sière de la nuit, qui nous per­mettent de nous croi­ser en silence, car ses pas, on peut même les sus­pendre. Je gage que tous tes lec­teurs veulent bien se lais­ser, comme toi, oublier dans la roton­di­té du monde.

République terre vient d'être publié en novembre 2013 chez Odile Verlag : http://​www​.odile​-ver​lag​.de/ auprès de qui on peut se le pro­cu­rer.

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Textes choisis d'Odile Caradec dans son anthologie à paraître en édition bilingue français-allemand, République Terre

 

Je suis pro­gram­mée pour la liber­té
Le moindre petit bout de peau
    Le moindre petit leu­co­cyte
   Chez moi a un nimbe

 

* * *

 

Ne rien rater par soleil rayon­nant
se fondre dans la splen­deur de l’herbe
dans la terre qui vibre et flam­boie
Être un humain com­plet
Réservoir d’oxygène
pour tout le sang du monde

Je vais pas­ser ce jour en com­pa­gnie d’une fleur   
  d’hibiscus

Inaudible le bruit du sang dans une assem­blée   
  d’hommes 

 

* * *

 

Ô LUNE

 

On m’a per­mis de m’appeler Odile
de com­men­cer mon nom par un grand O
vide

Qu’aurais-je mis dedans sinon des cer­ceaux
et des ronds de cha­peau ?

On m’a vue fai­sant par­tout des ronds dans l’eau
Ce n’était pas pho­to­gé­nique

Je retrouve tout dret les boni­ments
où l’on parle de soi en ver­si­fi­ca­tion pro­lu­naire
et s’endormant qua­si
entre les branches débon­naires
des grands matous que sont les arbres cer­vi­caux

Avec le gros der­rière de la lune
On fait des voiles nup­tiaux
Tant pis si tout cela pète
Sur la mer des tem­pêtes 

 

 

* * *

 

LE MAGNIFIQUE

 

J‘ai tra­ver­sé la rade de Brest avec Saint-Pol Roux
Cape et cha­peau magni­fiaient l’Atlantique
Je n’étais qu’une petite fille sans cer­velle
ne savais de la poé­sie qu’un ou deux noms

Nous avons pris le car du Fret à Camaret
mais ne me sou­viens pas s’il m’a par­lé

L’essentiel c’est le man­teau noir
de ma mémoire

 

* * *

 

Je vou­drais voir des quan­ti­tés de gros poèmes
bou­ger comme des lustres

Un poème fait de cette sorte
n'a rien d'un encen­soir
il res­sem­ble­rait plu­tôt
à une épée de feu

Et moi qui ai mal aux arti­cu­la­tions
à force de me rou­ler
dans l'herbe humide
j'ai besoin d'un poème acu­punc­teur
 

 

Bibliographie 

De sa riche biblio­gra­phie, signa­lons les der­niers titres parus :

Le ciel, le cœur, bilingue fran­çais-alle­mand, illus­tra­tions Claudine Goux, édi­tions en Forêt, 2011

Le sang, cava­lier rouge, Sac à mots édi­tions, 2010

En belle terre noire, bilingue fran­çais-alle­mand, illus­tra­tions Claudine Goux, édi­tions en Forêt, 2008

Masses tour­billon­nantes, illus­tra­tions de Pierre de Chevilly, éd. Océanes, 2007

Chats, dames, étin­celles, bilingue fran­çais-alle­mand, illus­tra­tions Claudine Goux, édi­tions en Forêt, 2005 

 

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