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Onde invisible

Par | 2018-05-22T13:57:59+00:00 5 décembre 2013|Catégories : Blog|

 

Onde invi­sible
Photographie d’un homme en allé
Vers quel hori­zon ?
Instant cap­tu­ré dans la nasse de crabes .
Lumière enfouie
Dans l’espace inté­rieur
Dérivant vers une mer de glace.
Accueillir le mou­ve­ment
Les jambes plan­tées
Dans le cou­rant
Ou se lais­ser empor­ter par la rivière .
Dans la gale­rie sans fond
Veille la lampe du mineur
Enfermé dans la terre
Jusqu’au der­nier souffle
Et jusqu’au der­nier mot .
La mémoire se frag­mente
Les miroirs se brisent
Les uns après les autres
Le jour se dévoile
Le noyau de l’être appa­raît
Porté par les brumes
Emmené jusqu’au rivage.
Un visage se révèle
Dans la boite noire
D’un homme reve­nu de quel nau­frage ?
L’encombrement de la perte
Ou de l’absence
N’est pas le vide :
Une coquille creuse d’illusions
Et de simu­lacres
Un œuf blanc
Translucide
Comme un cer­veau d’enfant
Avant de naître
Illuminé par le sang
Dans la poche du ciel.
C’est dans ce cercle
Que le hochet du néant
Joue avec la semence de l’infini
Et que la conscience vibre
Dans l’univers
Emportant la forme du temps
Au centre des galaxies :
L’instant sur­git
Sur un lit d’étoiles
Et de pierres plates..
Limpide ori­gine per­due
Rendue au lan­gage qui s’y incruste
Pour ouvrir la voie
Du vivant.
Mais au pays natal
Résonne déjà la voix
Du pays mor­tel
Comme un écho que la vie digère
Pour ava­ler la mort
Et ense­men­cer la terre !
Dans ce car­ré deve­nu men­tal et obs­cur
Se trouve pour­tant une lampe
Embarquée sur les dents de la roue
Une lampe de saveur
Une lampe de dou­leur
Une lampe sur la route :
C’est une gri­mace sur un tor­chon
Une chair dans un corps
Et un signe dans la bouche.
Le pré­sent se dilue
les ombres arrachent la paroi
De l’eau pour­ris­sante :
L’axe qui nous délivre
Est aus­si l’os qui s’incline .
Dans cette rota­tion
Quand la proue choi­sit la navi­ga­tion ou le fra­cas
Nous nais­sons avec le soleil
Mais nous venons des étoiles
Des algues
Et du souffle
Qui ne tient qu’à un fil :
Celui que la lampe tisse
Dans la gram­maire de nos veines
Avec le sang du verbe
Le vent
Qui fait trem­bler la flamme
Et le feu
Ou le silence
Des astres.
Alors toutes les pen­sées cha­virent dans l’impensable
Puis dans l’écume ruis­selle
Le matin du monde …
Onde invi­sible
Photographie d’un homme sur la plage
Ramassant les coquillages
Et frag­ments du nau­frage
Hélices
Étraves
Morceaux de verre
Images flot­tantes
En miettes
Caméra nup­tiale
Où le réel
Épouse
Son leurre…

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