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OÙ ROULENT ENSEMBLE L’OR ET LA MER

Par | 2018-05-20T23:56:39+00:00 26 avril 2014|Catégories : Blog|

 

    Soulignant le loin­tain, ver­tèbres immenses de nos pen­sées, des hau­teurs à perte de vue ne montrent qu’abîmes sans bornes, ne sou­tiennent qu’incomprises et per­ver­ties nour­ri­tures ; et cette idée de n’habiter que le vide, sourde et seule demeure édi­fiée pour notre conso­la­tion, abri abso­lu, cabane de nos plus vio­lents et impro­bables bon­heurs.
 

    L’Apercevable comme l’Evanescent des­sinent-ils donc si gri­se­ment la limite qu’il nous paraît à ce point ver­tige, alors même que nous sui­vons ses jalons de lumière, d’atteindre dès lors aux marches de l’ombre ?
 

Face à face entre l’œil et l’infini

Debout sur ces pieds qui ne me passent Rien

Je m’ouvre des mains d’épée

Où le cœur et la folie se caressent
 

    Ce que j’appréhende matière, ce que je devine à tra­vers, est le pan pal­pi­tant, la part cuta­néï­forme et pal­pable du temps – pour un moment fron­tière – à l’énigme de laquelle, atti­ré, han­té par son chant de traîne, croyant te heur­ter, je m’assassine et je m’accroche.
 

Passages vers d’extrêmes séjours

Virages d’ailes en far­deau

Sangs apa­trides vers leurs saints archi­pels

De jeunes blêmes oiseaux
 

    Aussi recu­lé que le mur­mure entend, aus­si proche que le silence appelle, s’abandonner, se lais­ser venir à cette patience hélio­ga­bale, ne craindre que l’unique bon vou­loir de ton absence… et quit­ter sans cesse son pays sans mal.
 

Séraphins de la peur

Diables de retrou­vailles

Toujours qui sont les miens

Toujours qui sont les mêmes

 

    Puisqu’il est insen­sé d’affirmer par des traits où finissent et où com­mencent les choses.

   Puisqu’il est tant aisé, en cette inquiète et longue et mor­telle éter­ni­té, d’en tirer entre les êtres.

   Puisque ce qui réunit dans les pâles dou­ceurs de soi n’est pas entiè­re­ment étran­ger à cette paroi, née nulle part du néant, qui nous ras­sure, nous entoure… et nous ment.

    Quand s’impose au corps le fran­chis­se­ment natu­rel, et cette dimen­sion d’une sépa­ra­tion sou­daine se révé­lant len­te­ment poreuse à l’humeur déchi­rante des étoiles.

    Quand brûle le dénoue­ment, quand de nos idéales murailles l’artifice se dévoile dans un fra­cas de pous­sière.

 

Pour ceux qui ne sont plus

Pour ceux qui ne sont pas encore

J’écris à la façon d’alors

Des mots de bien­ve­nue

 

    Car où irais-je, sinon où s’enroulent l’eau et la pierre ?

    Et par où revien­drais-je sinon par là, où roulent ensemble l’or et la mer ?

 

 

 

Les Cahiers du Sens N°17

(2007) 

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