> Passage en revues : autour de La main millénaire n°8 et des Cahiers du Sens n°24

Passage en revues : autour de La main millénaire n°8 et des Cahiers du Sens n°24

Par |2018-08-21T00:55:06+00:00 30 juin 2014|Catégories : Blog|

Déjà un hui­tième numé­ro pour l’excellente revue La main mil­lé­naire créée  et diri­gée par le poète  Jean-Pierre Védrines. La « tête d’affiche » de ce numé­ro est Béatrice Libert, avec une quin­zaine de poèmes courts et superbes, s’ouvrant sur un « Je suis poète jusque sous les ongles » :

 

Je suis poète jusque sous ma che­mise
De nuit comme de jour
Eclaboussée d’étoiles et de fientes
Dans la musique rom­pue de mes révoltes

 

Et cet état de l’être poète qui vit en Béatrice Libert sur­git aus­si dans ce court poèmes, Racine :

 

A la racine de tout poème,
Il y a un mot d’amour.

 

 

C’est en effet, pen­sons-nous ici, d’avoir ren­con­tré l’Amour (humain) et d’y avoir cru, comme le disait Jean de La Croix, qui fonde le poète en l’homme. Il n’est pas de poé­sie authen­tique sans amour pro­fond de l’autre humain, celui qui se tient debout devant soi.

La main mil­lé­naire pro­pose ensuite des poèmes et textes poé­tiques d’une ving­taine de poètes, poèmes réunis sous le beau titre « Une flamme en un mot ». On lira ici les mots, entre autres, d’André Morel :

 

Appréhender
de tout son corps
 

Comprendre
sans pen­ser
 

Rejoindre
sans écran
la tex­ture des roches
les fibres nues du bois
le dia­phane de l’eau

(…)

 

et aus­si, par exemple, ceux de poètes tels que Anny Cat, Jean-Claude Xuereb :

 

Mais où sont les feux de Saint-Jean
qui enlu­mi­naient les col­lines
en ronde écla­tante de joie
dans les veillées de l’été ?

 

Jo Pacini, Matthieu Baumier, Quine Chevalier, Thérèse-Françoise Crassous… Suivent six textes de prose poé­tique. Puis un texte de Jo Pacini consa­cré à Robert Mus, « pay­san peintre » « dans le voi­si­nage de René Char ». Et un long « Fragment » de Paul Sanda, poète et édi­teur (Rafael de Surtis), où l’on vit de l’intérieur un moment éton­nant de la vie de Casanova, avec un zeste de magie des pro­fon­deurs.

Merci à Jean-Pierre Védrines et à ses amis, de cette géné­ro­si­té consis­tant à édi­ter d’autres poètes et à don­ner à lire ces œuvres qui se font. Amour, fra­ter­ni­té, géné­ro­si­té : la vraie poé­sie et les véri­tables poètes se tiennent sur ces lignes de crête, pas ailleurs.

 

La main mil­lé­naire.
Direction : Jean-Pierre Védrines
Abonnement 3 numé­ros : 36 euros.
Le numé­ro : 15 euros
jean.​pierre.​vedrines@​cegetel.​net

 

 

La revue annuelle Les Cahiers du Sens, diri­gée par Jean-Luc Maxence et Danny-Marc, à l’enseigne des édi­tions Le Nouvel Athanor, est un « monstre » : près de 250 pages, essen­tiel­le­ment pages de poé­sie. Le thème de ce numé­ro 24 occupe un tiers du volume et est consa­cré à « Le oui et le non ». Le dos­sier pro­pose une grande diver­si­té d’appréhensions de ce thème, entre sérieux et humour, poé­sie et pen­sée. On lira des textes d’Etienne Orsini, Jacques Sommer, Michel Cazenave, Paul de Brancion, Mathieu Hilfiger, Guy Allix, Kiko, Matthieu Conzales, Seymour Brussel, Marie-Josée Desvignes, et bien d’autres. Chaque année, le dos­sier des Cahiers du Sens se pré­sente ain­si, une bro­chette de manières de voir le monde, de le sai­sir. Un lieu de diver­si­té en actes.

Les deux autres tiers du volume forment, comme à l’habitude bien ancrée main­te­nant, une « antho­lo­gie per­ma­nente ». Une soixan­taine de poètes, repré­sen­tés par un, deux ou trois poèmes. Une famille élar­gie en somme. Impossible de citer tout le monde dans ce mini pano­ra­ma annuel de la poé­sie fran­çaise contem­po­raine. On lira, par exemple, Gwen Garnier-Duguy, Salah Al Hamdani, Jean-Marie Berthier, Laurence Bouvet, Jean-Bernard Charpentier, Francis Combes, Karim Cornali, Gérard Engelbach, Dominique Fabre, Christophe Forgeot, Lionel Gerin, Bernard Jakobiak, Frédérique Kerbellec, Pierre Landete, Marilyse Leroux, Jean Maison, Rose-Marie Naime, Bernard Perroy, Pierre Selos, Jean-Luc Sigaux, Armen Tarpinian, Bruno Thomas, Jacques Viallebesset…. Un ensemble qui, là aus­si, dit la diver­si­té des approches du monde.

Viennent ensuite des textes de « voyage ».

La revue se ter­mine par un ensemble de lec­tures de livres récents pro­po­sées par divers chro­ni­queurs, cha­cun défen­dant ses goûts et affir­mant ce qu’il appré­cie moins.

Une bien belle œuvre que ces Cahiers du Sens qui appa­raissent dans le pay­sage chaque année, au moment du mar­ché de la poé­sie.

 

Les Cahiers du Sens
Editions Le Nouvel Athanor
70 rue d’Ivry
21 4PB
75013 Paris
danny.​marc@​free.​fr
Site : lenou​ve​la​tha​nor​.com
Le numé­ro : 20 euros

 

 

 

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