> « Peinture est poésie », sur Yves Cosson

« Peinture est poésie », sur Yves Cosson

Par |2018-08-19T17:52:05+00:00 21 mars 2014|Catégories : Blog|

« Peinture est poésie » (1)

                                                                                                    Yves Cosson

 

Depuis le Moyen-Âge, les images et les textes coha­bitent dans les ouvrages, mais il fau­dra attendre encore quelques siècles pour voir naître une véri­table col­la­bo­ra­tion  entre poètes et plas­ti­ciens. Si déjà au XIXèmesiècle, Stéphane Mallarmé et Edouard Manet font œuvre com­mune pour : L’après-midi d’un faune, c’est à par­tir du XXème siècle que cette pra­tique se déve­loppe ; rap­pe­lons entre autres : G.Apollinaire et P.Picasso – P.Reverdy et G.Braque, P.Picasso – P.Eluard et M.Ernst, P.Picasso, Man Ray, M.Chagall, F.Léger – R.Char et G.Braque – A.Breton et A.Derain… Ajoutons à cette nom­breuse liste, Yves Cosson et ses amis artistes. On connaît le poète, on oublie sou­vent qu’il a été cri­tique et chro­ni­queur d’art pour Presse-Océan pen­dant plus de 10 ans, qu’il était membre de l’association inter­na­tio­nale des cri­tiques d’art (A.I.C.A). Yves Cosson col­la­bo­ra avec de nom­breux  artistes à des créa­tions où se révèle une véri­table « union d’émotions »,  comme le dit si bien Emmanuel Rodocanachi dans son article : L’union crée l’émotion : le poète et le peintre (2). Le dia­logue entre le poète et le plas­ti­cien est source de créa­tion pour l’un et pour l’autre. Yves Cosson aimait les arts et avait plai­sir à les défendre : «  Si le poète est un arti­san de la parole, il essaie de défendre les autres arts, en par­ti­cu­lier, par goût, l’art de l’image : la pein­ture, la sculp­ture, la pho­to­gra­phie… » (3), ses ren­contres artis­tiques, ont contri­bué à enri­chir son par­cours poé­tique et donc son œuvre.                                    

Yves Cosson rap­pe­lait sou­vent en pri­vé ou en public, cet épi­sode dou­lou­reux de sa vie où il fut pri­son­nier de 1940 à 1945, d’abord chez lui à Châteaubriant, puis en Allemagne. Au Stalag XI B de Fallingbostel, il fait la connais­sance de deux des­si­na­teurs : Loys Petillot qui devien­dra des­si­na­teur à Bayard Presse et Léon Debatte, pro­fes­seur aux Beaux Arts de Lille ; ensemble, ils rédigent et éditent un jour­nal de camp au titre sym­bo­lique : Unir. Léon Debatte des­sine la pre­mière de cou­ver­ture, notam­ment celle du numé­ro de Noël 1943. Sa femme poète, par­vient en 1942 à faire illus­trer par son mari pour­tant pri­son­nier ! le recueil : Paroles à voix basse édi­té chez Jean de Bressac sous le pseu­do­nyme de Jacqueline Claude. Elle est l’auteur en 1943 de la chan­son  Automne plus connue sous le nom de : « Colchiques dans les prés » que bien des enfants nés dans les années 50 ont apprise à l’école pri­maire. Elle avait obte­nu en 1937 le prix de l’Académie Française pour son roman Rythme aux ed Silic (1936).

Yves Cosson a-t-il lu au Stalag le recueil de poèmes de  Jacqueline Claude ?  Léon Debatte  et Yves Cosson, ont-ils  par­lé de ce recueil, de la poé­sie ? Sans doute… peut-il en être autre­ment ?… car, si Yves Cosson ne publie son pre­mier recueil qu’en 1955, la poé­sie est entrée dans sa vie très tôt : « Ce goût de l’écriture poé­tique m’a été don­né dans les temps où je fré­quen­tais le cours com­plé­men­taire de Châteaubriant après le cer­ti­fi­cat. Un jeune maître, il se nom­mait Chanteux et il nous a ouvert les sens, le cœur et l’esprit, nous a nour­ris de « poé­sies ».» Y.C (4)

Châteaubriant, Yves Cosson y retourne après la libé­ra­tion, pour d’autres ren­contres lit­té­raires et artis­tiques.                                        

« Entre Châteaubriant et Louisfert la poé­sie et l’art vivaient d’amitié comme en sym­biose » Guy Bigot (5).

« Notre demeure qui domi­nait la cam­pagne devint le ren­dez-vous de l’amitié et de la poé­sie, les amis accou­raient de par­tout. En tout pre­mier bien sûr nos amis cas­tel­brian­tais, le poète Yves Cosson, les peintres Guy Bigot, Yves Trevedy, André Lenormand*, aus­si le sculp­teur Jean Fréour réfu­gié en vigi­lant ermite dans un vil­lage proche.» Hélène Cadou  (6)

* ( André Lenormand connu sous le nom de LEM, sera cari­ca­tu­riste pour Ouest-France)

Ces ren­contres nour­ri­ront la poé­sie de Yves Cosson, elles sont au cœur de cer­tains poèmes, à l’image de l’amitié qui se vivait : « L’objet de ma poé­sie est de tra­duire mes ren­contres… » Y. C (7)

Cadou écrit le 4 mai 1948 un très beau texte : La pein­ture de Roger Toulouse, Yves Cosson des années plus tard par­le­ra de la pein­ture de Yves Trevedy ; les deux poètes aiment être tou­chés à l’âme lorsqu’ils regardent une pein­ture : « Celte, Yves Trevedy pos­sède à un très haut degré la cer­ti­tude que tout se joue en nous dans le mys­tère et le secret de l’être. Tout art est inté­rio­ri­té, la sen­sa­tion, l’émotion visuelle doivent pro­vo­quer une vibra­tion, une réso­nance jusqu’à la pointe de l’âme, jusqu’à la limite, l’indicible… »Y.C (8)

Trevedy a l’esprit reli­gieux et cela touche Yves Cosson car il aime quand l’œuvre devient objet de médi­ta­tion et tra­duit une pré­sence : « L’art est pré­sence et pré­sence signi­fiante » (9), il aime quand un artiste tente : « d’essayer d’atteindre l’essence même du monde et son prin­cipe qui est à pro­pre­ment par­ler divin. » Y.C(10), c’est ce vers quoi tend Yves Trevedy que le poète qua­li­fie si poé­ti­que­ment de : « Peintre d’un uni­vers écla­tant écla­té.»(11)

Dans les pre­mières années de sa vie nan­taise, le poète fré­quente la gale­rie Bourlaouen, rue du roi Albert, tenue par madame Chauve. Son ami, le peintre  Guy Bigot y expo­se­ra plu­sieurs fois entre 1947 et 1967, ain­si que Jean Bruneau ; com­mence alors, avec ce peintre une longue ami­tié qui se pro­lon­ge­ra à l’Académie Littéraire de Bretagne où il entre en 1963, 3 ans après son ami poète. Même com­pli­ci­té avec Paul Dauce, lui aus­si reçu à l’Académie en 1981. Paul Dauce dont un des­sin illustre la pre­mière de cou­ver­ture du recueil : Les arbres de l’Eden. Avec ces artistes de la gale­rie, il se sent en com­mu­nion d’esprit, beau­coup illus­tre­ront de ses  poèmes manus­crits, sa poé­sie leur parle, car le poète est bien celui qui selon Pierre Reverdy est capable de « don­ner à voir », ces peintres sont aus­si « poètes », ils aiment les mots ; Paul Dauce écrit en page d’accueil de son site, pour accom­pa­gner un de ses tableaux :

« Je vole vers la lumière
Léger, sans attache, libé­ré
Un blanc bon­heur dans ces ailes dépliées
Je  crois voir, non je vois un peu du grand esprit
Celui qui dicte aux indé­cis le che­min du réel. » (12)

Pour ces artistes peintres et pour le poète, même quête pour dire ce qui fonde la créa­tion. En écho aux mots du poète, dont la poé­sie dit les ren­contres, ces mots d’un autre peintre ami qui sera aus­si illus­tra­teur de ses poèmes, Joël Dabin : « Dans ma vie, j’ai tou­jours eu besoin […] de moments de décou­verte et de par­tage. »(13)

Si les illus­tra­tions évoquent les émo­tions et les sen­ti­ments du poète, les œuvres pic­tu­rales nour­rissent l’écriture, sur­tout quand leur approche du monde converge et s’appuie sur la réa­li­té, même lorsque le tableau est dit abs­trait : « Je ne suis pas un peintre abs­trait, il y a un lien entre le rêve et la réa­li­té »  (14) Joël Dabin.  La réa­li­té au cœur de la créa­tion, c’est ce qui touche aus­si Yves Cosson, mais une réa­li­té qui illu­mine le rêve des artistes, ces veilleurs.                                                                                                                                

Jusque-là, pas de femme… Elles sont sans doute moins nom­breuses à expo­ser, mais  une artiste est pré­sente à la Galerie Bourlaouen, Geneviève Couteau,  consi­dé­rée par cer­tains cri­tiques comme l’un des meilleurs des­si­na­teurs de sa géné­ra­tion, elle se lie d’amitié avec Yves Cosson et illus­tre­ra de ses poèmes, un vrai dia­logue s’installe, Yves Cosson  pré­fa­ce­ra son livre Mémoire du Laos ed Soukha.                                     

La gale­rie Michel Columb est ani­mée par made­moi­selle Marot qui en est la  direc­trice. « Marot », on pense for­cé­ment au poète… Le nom de la direc­trice comme un signe peut-être ?  En effet, cette gale­rie attire de nom­breux poètes dont elle est régu­liè­re­ment le lieu de ren­dez-vous ; Yves Cosson y retrouve Norbert Lelubre, le sou­ve­nir de RG.Cadou et de l’école de Rochefort y est vivace. Jorj Morin, un des peintres de la gale­rie, connaît les poètes Gilles Baudry, Jean-François Dubois, Kza Han…Jorj Morin est lui aus­si un peintre qui aime les mots, chaque gra­vure, chaque des­sin, chaque pein­ture pos­sède un titre ori­gi­nal. Yves Cosson se sent très proche de cet artiste qui : « Communie au rythme des sai­sons. » (P.Claudel), comme le poète Claudel que Yves Cosson aime tant, ce peintre ouvre des che­mins. Leur com­pa­gnon­nage va se concré­ti­ser avec deux livres en dia­logue, Yves Cosson rédige la pré­face de son œuvre Oiseaux ed Porte du Sud (1987) : « L’oiseau vain­queur plane, un ins­tant, dans l’infini de l’azur […] il est l’image de la beau­té de nos rêves, il porte avec lui nos élans vers l’absolu… ». Un com­pa­gnon­nage qui rap­pelle celui de Saint- John Perse avec G.Braque dont l’œuvre parue en 1962 évoque aus­si les oiseaux : L’ordre des oiseaux. Les mots de Yves Cosson écrits pour les oiseaux de Jorj Morin pour­raient accom­pa­gner ceux de Braque…

Ce qu’aime Yves Cosson chez Jorj Morin, c’est son œil contem­pla­tif, il sait que c’est un artiste qui cherche à tra­duire la vie inté­rieure, qui révèle et donne à voir une cer­taine lumière.

Une artiste bre­tonne est décou­verte en 1972 par made­moi­selle Marot, sa pein­ture naïve devient vite une réfé­rence dans ce domaine, la gale­rie accueille­ra régu­liè­re­ment ses toiles de 1972 à 1978. Yves Cosson ne pou­vait qu’aimer sa pein­ture qui montre la nature et témoigne de l’accueil à l’autre ; une œuvre sin­cère, sereine qui exprime ses convic­tions reli­gieuses. Il pré­face en 1992 son ouvrage Jeux et Bonheurs de mon Enfance ed ABC : «  Simone Le Moigne appar­tient bien à la confré­rie secrète et toute-puis­sante des enchan­teurs et des enchan­te­resses qui ne cessent de dire, sur tous les tons, le Bonheur de l’Enfance et Joie de l’Amour en cette terre mil­lé­naire, cette Bretagne, repaire des fées ». (extrait de la pré­face)

L’artiste Jean Branchet et sa femme fré­quentent les amis du groupe Archipel dont beau­coup sont des artistes de la gale­rie Michel Columb. En 1975, ils créent la gale­rie Convergence. C’est là que Yves Cosson et Jorj Morin pré­sentent leur œuvre Godaille ed du Petit Labyrinthe, poème cal­li­gra­phié à 20 exem­plaires, illus­tré par 4 gra­vures sur cuivre à l’eau forte aqua­rel­lée.

Dans un article en hom­mage à Yves Cosson Fragments de vie (mai 2012) paru dans Encres de Loire, Jean Branchet parle du lien qui unit Yves Cosson aux artistes de sa gale­rie : « Pendant des années, Yves Cosson a assu­ré avec assi­dui­té la cri­tique d’art et les comptes-ren­dus d’exposition du jour­nal Presse-Océan. Il assis­tait rare­ment aux ver­nis­sages, sou­vent bruyants, pré­fé­rant venir au cours des jours sui­vants. Dès le seuil de la porte un cha­leu­reux : « Bonjour les amis » annon­çait son arri­vée. Alors, tran­quille­ment, il se fai­sait une opi­nion sur les œuvres pré­sen­tées, tout en pre­nant connais­sance de la docu­men­ta­tion dis­po­nible. Quelques édi­tions plus tard, parais­sait  dans Presse-Océan un texte per­ti­nent, effi­cace, ne man­quant sou­vent pas d’envolées poé­tiques. Mais quand l’artiste expo­sé était une vieille connais­sance comme Guy Bigot, Jorj Morin, Louis Ferrand, alors il venait au ver­nis­sage et sa pré­sence ne pas­sait pas inaper­çue… ».

Louis Ferrand dont Yves Cosson parle en ces termes : « Louis Ferrand fut un dis­ciple, pas­sion­né de frère et com­pa­gnon le Pauvre d’Assise. Pour lui, l’oeuvre dans sa sobrié­té, dans son dépouille­ment n’a d’autre objet que […] d’ouvrir cette voie sub­tile qui conduit le regard à l’essentiel, tou­jours à la recherche de la pein­ture pure […]. Car si toute œuvre est abs­traite, elle puise néan­moins sa source dans la nature que célèbre François […]. Ainsi, au long d’un dur labeur ascé­tique, d’une vie obs­ti­née, Louis Ferrand bâtit une grande œuvre… »

Jean Branchet édi­te­ra le recueil  de son ami au titre si par­lant, pour qui a enten­du la voix de  Yves Cosson, Gramophone enroué en 1987.

Les ami­tiés de Yves Cosson suivent sa géo­gra­phie intime, le Pays de la Mée, Nantes et for­cé­ment la Presqu’île Guérandais.

Connaître Yves Cosson et ses poèmes, c’est savoir que Piriac-sur-Mer fut un lieu impor­tant dans son ima­ge­rie poé­tique et qu’il fut source de créa­tions,  mais c’est aus­si un lieu où il  entre­tien­dra des liens ami­caux avec des artistes comme Tiffoche qu’il ren­contre aus­si Nantes au gré d’expositions et qui appar­tient au groupe Archipel comme son ami Jorj Morin ; Yves Cosson le retrouve régu­liè­re­ment pen­dant ses vacances esti­vales ; le groupe expo­se­ra à Guérande chez le potier qui est aus­si peintre.

Piriac-sur-Mer est proche de Batz-sur-Mer, là où se trouve l’atelier de «  L’ermite de l’art » comme aimait à l’appeler Yves Cosson, Jean Fréour qui était déjà aux côtés de Yves Cosson, de René Guy et Hélène  Cadou en Pays de la Mée, puisqu’il vient s’installer à Issé en 1945. En avril 1942, il avait pré­sen­té une expo­si­tion dans la célèbre gale­rie nan­taise Mignon-Massart, mais Jean Fréour, comme René Guy Cadou et Yves Cosson, pré­fère la tran­quilli­té, la soli­tude aux tumultes de la ville, ils ont cela en com­mun, la créa­tion dans le retrait et l’humilité, Jean Fréour, lorsqu’il défi­nit  sa voca­tion artis­tique, dit bien : « être entré en sculp­ture avec les mêmes renon­ce­ments, joie, fer­veur, amour que ceux qui entrent dans les ordres »(15) . Ce sont tous trois des hommes de la terre, de cette terre de Bretagne, des hommes de patience. Yves Cosson aime dans les sculp­tures de son ami la ren­contre du char­nel et du spi­ri­tuel : « Une œuvre qui naît du char­nel et du spi­ri­tuel », il dira aus­si dans la pré­face qu’il rédige pour le livre Sculpture Jean Fréour ed Pierre Gauthier que son œuvre est du grand Art et que « le grand Art est intem­po­rel »,  car c’est une œuvre née d’une vie de tra­vail, de patience et comme le dit Jean Fréour lui-même : « d’amour silen­cieux ». Une ami­tié pro­fonde, durable unit le sculp­teur et le poète, Jean Fréour et son épouse feront le dépla­ce­ment de Batz-sur-Mer à Piriac-sur-Mer pour venir écou­ter le poète en juillet 2006 à la Maison du Patrimoine où un hom­mage était ren­du à Yves Cosson, citoyen de cette petite cité, durant tant d’étés !                                              

Peu de poètes col­la­bo­raient, il y a quelques années encore, avec des « col­la­gistes », Yves Cosson  curieux de toutes les expres­sions artis­tiques va s’intéresser au col­lage comme le montre sa col­la­bo­ra­tion avec Francine Ollivry pour l’ouvrage Découpe du ciel ed Pierre Gauthier (1985), les textes du poète accom­pagnent les col­lages.

Ce numé­ro des  Cahiers ren­dant hom­mage à un autre poète et aca­dé­mi­cien Michel Luneau, rap­pe­lons qu’il  a col­la­bo­ré  lui aus­si avec un « col­la­giste »  Thierry Renard  pour L’adieu aux arbres et aux oiseaux ed Joca Seria (2011). Le col­lage étant « poé­sie visuelle », on com­prend pour­quoi il attire les mots de ces poètes.

Yves Cosson aime se faire par­te­naire de l’image, rien de plus nor­mal qu’il accom­pagne de ses poèmes les pho­tos de Jean Renaudineau dans l’ouvrage dont le très beau titre évoque l’ami de Louisfert : Nantes la cin­quième sai­son ed Victor. On ne peut ache­ver cet article sans citer Alain Thomas consi­dé­ré comme chef de file de la pein­ture dite naïve pri­mi­tive. Il a mis sur son site, en page d’accueil, ce titre : « Un peintre au jar­din d’Eden »  qui fait écho au recueil de Yves Cosson : Les arbres de l’Eden ; même source d’inspiration, même quête d’un para­dis per­du à retrou­ver, il n’est donc pas éton­nant qu’Alain Thomas ait deman­dé à Yves Cosson d’ écrire un texte d’après ses pein­tures, ce qui don­ne­ra nais­sance au très bel ouvrage La Belle Babel ed Pierre Gauthier dont la pré­face sera confiée à l’ami de longue date Thomas Narcejac.

Dans son essai sur Yves Trevedy en 1962, Yves Cosson regret­tait que cer­tains artistes : « n’atteignent pas la noto­rié­té digne de leurs mérites » car il savait que pour un artiste « refu­ser déli­bé­ré­ment de se lais­ser prendre au piège de la faci­li­té et de la vul­ga­ri­té entraîne impla­ca­ble­ment la soli­tude et le silence rela­tifs autour de son nom », mais qu’importe, tous les artistes qu’a connus et aimés Yves Cosson, qui l’ont connu et aimé ont tous été habi­tés par une vie inté­rieure de séré­ni­té, par une gra­vi­té joyeuse, fruit d’un tra­vail constant, à l’écoute du monde et des autres, ce qui donne force et intem­po­ra­li­té à leurs créa­tions. Platon a dit : « Il faut aller à la véri­té de toute son âme ». Tous ont ten­té d’y aller mais sur­tout, ils sont tous allés à l’art de toute leur âme.                                                                

Information com­plé­men­taire :

Yves Cosson avec son ami uni­ver­si­taire Daniel Briolet, est à l’origine du col­loque à l’Université de Nantes consa­cré à l’œuvre de Michel Seuphor (13-15 mars 1985). Le musée des Beaux-Arts a pré­sen­té de ses œuvres plas­tiques, le com­mis­saire de l’exposition était Vincent Rousseau.

(1) Jorj Morin ed Coiffard librai­rie – édi­teur extrait de l’essai « pein­ture est poé­sie » Yves Cosson
(2) Article : Commentaire N° 129
(3)-(4)-(7) Revue Signes ed du Petit Véhicule
(5)  Revue Signes N° 12-13 ed du Petit Véhicule
(6) Un poète dans son siècle R G Cadou  actes réunis par  Daniel Briolet, Régis Miannay, Christian Robin
(8)-(9)-(10)-(11) Essai Yves Trevedy par Yves Cosson extrait de la revue du Bas Poitou et des Provinces de l’Ouest N°2 mars-avril 1962
(12) site offi­ciel de Paul Dauce http://​www​.paul​dauce​-site​-offi​ciel​.com/
(13)-(14)  site offi­ciel de Joël Dabin  http://​www​.joel​-dabin​.com/
(15) Jean Fréour ou soixante ans de sculp­ture Bernard Lebeau , extrait du bul­le­tin de la socié­té archéo­lo­gique du dépar­te­ment d’Ille-et-Vilaine

 

NB L’auteur remer­cie Yves-Marie Cosson pour les sou­ve­nirs et les docu­ments qu’il a aima­ble­ment com­mu­ni­qués et Xavier Ménard qui a pho­to­gra­phié ces docu­ments.

 

Cet article est paru dans les Cahiers de l’Académie de Bretagne 2014

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