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Permanences

Par |2018-08-17T07:16:26+00:00 13 janvier 2013|Catégories : Blog|

 

extrait

 

Persistance de la mémoire
je coexiste avec moi-même ; avec
ces flux d’histoires hyper­bo­liques
qui consti­tuent les traces
de mon pré­sent.
L’homme a regar­dé
la suie
suin­tant de son ombre.
Il a fui l’étoile
des réver­bères /​
comme pour
dis­si­mu­ler
des sou­ve­nirs opaques.
Il s’est effa­cé,
non
en tant que pré­sence,
mais comme outil
de réfrac­tion.
Transparence 
deve­nir qui s’oublie.
Tout est
dans ce qui pré­cède –
tout pré­cède
le pas­sé
futu­ri­sant.

 

Quand le per­son­nage prend le pas sur l’être,
la démarche n’est qu’apparence,
contre­fai­sant les vrais pas.
Le pro­me­neur, dans cette ville, tra­verse.
Il tra­verse un pas­sé
fait de flaques,
de réso­nances
il tra­verse.
Et le mou­ve­ment des arbres,
le flé­chis­se­ment des voix,
c’est cela qu’il tra­verse.
Et la foule
émiet­tée par l’orage ;
les dési­rs
sus­pen­dus aux pau­pières ;
la bous­cu­lade
qui va vers quoi ?
il tra­verse.
Parfois le jour s’égare
dans la nuit. L’ombre
s’étoile
sur le gou­dron.
Tout est pan­sé
jusqu’à l’aube.
Jusqu’au retour
des per­son­nages.
Justesse
qui dit la faran­dole
sur la terre des ancêtres.

 

Au loin, je vois la pers­pec­tive.
Masse de Sisyphe qui pousse son ombre sur les rochers.
Je vois ce qu’il y a de tendre
dans ce qui est ten­du.
Doigts de femme sur des cordes à linge.
Je vois encore les Pythies nous confondre,
les pro­phètes – émiet­tés.
Des dogmes s’agitent comme des gnomes.
Je vois les par­ti­cules dan­ser
sur ce qui nous dis­tord.
La mer, ce flux
qui nous inonde.
Là-bas au loin, d’un autre côté,
je vois l’aveugle
qui nous dis­tance.
La nuit est un jour -/- nous dit-il
pour qui che­mine
aux anti­podes.

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