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petites notes d’amertume (8)

Par | 2018-05-28T11:46:53+00:00 7 décembre 2013|Catégories : Blog|

En poé­sie, la sim­pli­ci­té est ce qu’il y a de plus dif­fi­cile à atteindre.

Ce que je cherche dans la lec­ture d’un poème ? Le trem­ble­ment qui le tra­verse.

Une œuvre est habi­tée quand elle est por­tée par sa néces­si­té.

Dès les tra­vaux pré­pa­ra­toires et les pre­miers jets, mon poème s’impose et s’ébauche d’emblée comme un poème, sans pas­sage par la prose.

Lorsque j’entends dire d’un film qu’il est plein de poé­sie, je crains le pire.

Certains auteurs gagne­raient à renon­cer à ver­si­fier leurs textes qui ne sont au fond que de la prose dégui­sée en poèmes.

J’ai mis long­temps à me récon­ci­lier avec ce « je » qu’on m’avait à l’école dit si « haïs­sable ». Sans doute ne le suis-je pas encore tout-à-fait.

A l’origine de cette défiance envers l’emploi du « je », il y a pro­ba­ble­ment un contre­sens et une confu­sion entre­te­nue avec l’égo.

J’écris à la pre­mière per­sonne quand je ne peux modes­te­ment tirer de géné­ra­li­té de mon expé­rience.

Peu à peu je suis par­ve­nue du on au nous, puis j’ai enfin  osé  je.

« Merci de confir­mer votre pré­sence » : une recom­man­da­tion néces­saire, tant il est vrai que la mienne passe habi­tuel­le­ment inaper­çue.

Je me méfie de toute ten­ta­tive bio­gra­phique, sauf à admettre qu’elle est for­cé­ment erro­née et faus­sée, que tout retour sur le pas­sé est  par­tiel et par­tial, voire revi­si­té, réin­ven­té.

Dans la béance entre ce que nous avons objec­ti­ve­ment vécu et ce que nous en avons rete­nu, il y a le sens que nous don­nons à notre vie.

Depuis ma nais­sance, c’est comme si j’avais déjà vécu plu­sieurs vies suc­ces­sives. C’est sur la der­nière que je cale, celle qui aurait dû être la plus accom­plie.

Ce que cer­tains nomment leur bonne étoile ou leur ange gar­dien est seule­ment l’instinct de sur­vie et la force vitale.

Plus le temps passe, plus je me désen­combre et m’allège du poids de l’inutile.

Ce qu’on appelle cou­ram­ment cou­rage n’est par­fois que de l’inconscience.

 

A paraître en jan­vier 2014, pré­face de Claire Fourier
(Les Editions Sauvages, col­lec­tion La Pensée Sauvage)

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