> Petits poèmes en rang par trois, de M. Baron

Petits poèmes en rang par trois, de M. Baron

Par |2018-08-22T02:20:24+00:00 10 mai 2013|Catégories : Critiques|

 

C’est un livre de poèmes pour enfants, magni­fi­que­ment illus­tré par Zaü, mais allons tous y jeter un œil (de 7 à 77 ans, et même au-delà). Son auteur, Marc Baron, est l’ancien direc­teur artis­tique du salon du livre jeu­nesse de Fougères, dont on avait déjà aimé, en 2008, son Tant de neige sur mon pays (Pluie d’étoiles édi­tions).

Cette fois, le poète publie plus de 80 poèmes de trois vers et explique ce choix par la com­pli­ci­té per­son­nelle qu’il entre­tient avec le chiffre 3. Il est né un 3 octobre. Il pesait 3 kilos à sa nais­sance. Il a 3 frères et 3 sœurs. Sa fille est née un 3 jan­vier. « Cher lec­teur, écrit donc Marc Baron, ne sois  pas éton­né que je veuille aujourd’hui rendre hom­mage à ce chiffre porte-bon­heur. Voici des frag­ments de vie, juste 3 lignes comme des trèfles à 3 feuilles. Si tu veux toi aus­si entrer dans le jeu, n’en lis que 3, chaque soir, avant de t’endormir et mon bon­heur sera par­fait ».

 

Ces frag­ments de vie, dont parle le poète, prennent par­fois la forme de véri­tables haï­kus. « Sous la pleine lune /​Une cou­pelle blanche /​Le chat boit du lait ». Ou encore ceci : « Une porte s’ouvre /Peut-être le vent/Peut-être le chat ».

De bout en bout, en tout cas, c’est un appel à savou­rer la vie qui résonne. « Écris dans ton cahier /​Sème dans ton jar­din /​Le prin­temps fera le reste ». C’est aus­si, chez l’auteur, l’art de révé­ler le mer­veilleux ou l’inattendu dans la bana­li­té des jours. « Il pleut juste un peu /​Les mouches /​Se douchent ».

Parfois Marc Baron se fait péda­gogue, mais tou­jours à mots feu­trés. « Quand tu ne com­prends plus /​Le pour­quoi, le com­ment, regarde /​Comme est beau le jour qui se lève ». Il inter­pelle son lec­teur : « Si ton chat sou­dain te par­lait /​À tort et à tra­vers /​Le som­me­rais-tu de se taire ? » Mais il n’oublie jamais qu’il s’adresse d’abord à des éco­liers. « Le singe apprend à lire /​Il sait déjà /​le b-a ba de la banane ». Il le fait avec humour et déta­che­ment. « J’ouvre mon livre /​Deux mots me sautent aux yeux /​Puce et kan­gou­rou ».

Souvent léger et facé­tieux, cet album n’évacue pas, mine de rien, quelques grandes inter­ro­ga­tions « méta­phy­siques » sur l’existence. « On dit que le bon­heur /​tremble dans les feuilles /​Mais tout ça c’est du vent ».

 

 

Cet album a rete­nu l’attention des ensei­gnants. Il vient d’être sélec­tion­né par l’Education natio­nale dans sa liste de « Lectures pour col­lé­giens de 6e ». Il est éga­le­ment en course pour le 11e prix poé­sie Lire et faire lire/​le Printemps des poètes.

X