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Pierre Garnier

Par |2018-11-20T18:45:20+00:00 1 février 2014|Catégories : Rencontres|

Hommage au poète Pierre Garnier, qui vient de nous quit­ter, par Lucien Wasselin. Nous repu­blions cette semaine l'entretien qu'il nous avait accor­dé en 2013.

 

Pierre Garnier nous a quit­tés sans souf­france, bru­ta­le­ment dans la mati­née du 1er février 2014. Né en 1928, il fut, après des débuts pla­cés sous le signe de l'École de Rochefort, le créa­teur du spa­tia­lisme en France avec Ilse, son épouse ; un spa­tia­lisme que les deux com­plices ne ces­se­ront d'illustrer par leurs pro­duc­tions com­munes ou per­son­nelles jusqu'à aujourd'hui…. Puisque en octobre 2013, les Éditions L'Herbe qui tremble publiaient (louanges) de Pierre Garnier, un  recueil où coexis­taient poèmes linéaires et poèmes spa­tia­listes.

   Pierre   Garnier a été inhu­mé le mar­di 4 février 2014 au cime­tière de Saisseval dans la Somme. À cette occa­sion, plu­sieurs allo­cu­tions ont été pro­non­cées. Jean-Louis Rambour a dit un poème écrit à l'occasion de la dis­pa­ri­tion de Pierre : mon­tage d'extraits de 9 recueils de Pierre Garnier et conclu­sion per­son­nelle (à par­tir du moment où Pierre est inter­pel­lé) de Jean-Louis Rambour.  Avec l'accord de ce der­nier, nous le pro­po­sons aux lec­teurs de Recours au Poème, à la suite des poèmes de Pierre Garnier

 

Lucien WASSELIN

 

 

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Deux articles à lire sur Pierre Garnier :

La spa­tia­li­sa­tion du texte poé­tique dans quelques ouvrages signi­fi­ca­tifs de Pierre Garnier, par Martial Lengellé

Poésie spa­tiale : une antho­lo­gie, Ilse et Pierre Garnier, Editions Al Dante, par Lucien Wasselin

Ainsi qu'un choix de ses poèmes

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ENTRETIEN AVEC PIERRE GARNIER (avril 2013)

En 1962, il y a donc de cela 50 ans, vous écri­vez le Manifeste pour une poé­sie nou­velle visuelle et pho­nique. Dans ce Manifeste, vous dites des choses fon­da­men­tales : "L'expérience humaine a déri­vé peu à peu hors de toute poé­sie ; la poé­sie ne peut plus atteindre l'homme".
Qu'est-ce qui, en 1962, vous confir­mait dans l'affirmation de ces pro­pos ?

En 1962 avait lieu une révo­lu­tion – c'étaient les débuts de cette muta­tion de l'humanité qui atteint main­te­nant son som­met – LA CRISE = 1962, c'est le début de l'aventure spa­tiale, en URSS et aux USA. C'est le temps de Gagarine et des débuts de l'aventure spa­tiale. Il se pro­duit en outre une révo­lu­tion dans tous les arts : l'op-art, le pop art, la musique élec­tro­nique, la musique concrète, etc… etc… Et avec ces arts objec­tifs qui appa­raissent, appa­rait aus­si la poé­sie concrète (en alle­magne dès 1953 – au Brésil dès 1954 – il s'agit là d'une rup­ture, due aux nou­velles tech­niques à la nou­velle tech­no­lo­gie, à la "dis­pa­ri­tion des idéo­lo­gies" – à la nais­sance d'un monde nou­veau – idéo­lo­gique et méca­nique. En ce qui me concerne, je connais Henri Chopin et lui m'oriente vers la poé­sie nou­velle qu'il appelle "AUDIOPOESIE" – il tra­vaille la langue au magné­to­phone, le poème au magné­to­phone. Travaille aus­si Bernard Heidsieck qui créé ses poé­sies-actions avec éga­le­ment le magné­to­phone. C'est cette révo­lu­tion dans son ensemble. C'est cette rup­ture avec la poé­sie tra­di­tion­nelle – un "déta­che­ment" de celle-ci.

 

 

Ce Manifeste enten­dait déjouer ce mou­ve­ment qui empê­chait la poé­sie d'atteindre l'homme, et vous pro­po­siez la poé­sie visuelle et pho­nique : "La phrase brouille les mots ; elle favo­rise la cou­lée plu­tôt que la durée. Les mots doivent être vus. Le mot est un élé­ment".
A la suite de quoi est née la poé­sie spa­tia­liste. Cette poé­sie a-t-elle per­mis à la poé­sie de ré-atteindre l'homme ?

Moi, tout en tra­vaillant avec le magné­to­phone avec ma femme Ilse, je pro­po­sais une poé­sie fon­dée sur les mots iso­lés. Le mot se dit et dit le monde. La phrase, ce sont les enchai­ne­ments. Proposer le mot iso­lé pour repré­sen­ter les choses et les êtres, c'était en quelque sorte pré­sen­ter la lumière en dehors des éche­veaux de la plume, du phra­sé. C'était pré­sen­ter un monde lumi­neux, un monde heu­reux.

Evidemment cette poé­sie spa­tiale n'a pas per­mis d'atteindre l'homme. Mais, comme le montre l'exposition Dynamo, actuel­le­ment au Grand Palais, elle a per­mis de rendre un monde heu­reux. C'était notre façon à nous, nos mots aus­si étaient deve­nus lumière et vécu, ciné­tisme et jeu, mes poèmes pen­dant long­temps ont été libé­rés des idéo­lo­gies, et ce fut une libé­ra­tion joyeuse, un monde joyeux, "excep­tion­nel" en ce temps.

 

A tra­vers ce Manifeste, vous reven­di­quez une autre aven­ture pour la poé­sie, celle de se déta­cher de la phrase ancienne (comme l'avait jadis reven­di­qué Apollinaire), et de tra­vailler le mot, les mots, de façon à ce qu'ils retrouvent leur éner­gie pre­mière. Aventure pas­sion­nante, qui pou­vait avoir à voir avec les avant-gardes artis­tiques de l'époque, Fluxus par exemple.
Cependant, vous y met­tiez une charge spi­ri­tuelle, lorsque l'époque d'alors la ban­nis­sait. Pourquoi ?

Ce n'était pas une charge spi­ri­tuelle mais plu­tôt une décharge spi­ri­tuelle. C'était là aus­si créer un monde heu­reux, une joie (voir les mul­tiples poèmes sur le mot "soleil"). Il s'agissait de "dépa­reiller" la poé­sie de la phrase, de libé­rer les mots. Il y avait eu déjà dans l'expressionnisme alle­mand des poètes qui avaient don­né la pré­do­mi­nance au sub­stan­tif. Mais pas d'une façon sys­té­ma­tique. Il y avait une pré­do­mi­nance du sub­stan­tif. C'était le cas aus­si pour les poètes concrets. Je n'ai fait que rendre sys­té­ma­tique cette ten­dance : faire une poé­sie des mots sans arti­cu­la­tion, qui cepen­dant res­tent arti­cu­lés. Dans mon pre­mier poème spa­tial, l'accumulation du mot "soleil" cor­res­pond au titre "grains de pol­len" (l'observation dans un micro­scope, ado­les­cent, m'avait sem­blée évi­dente : les grains de pol­len res­sem­blaient au soleil). Et vice ver­sa. Donc il res­tait des rela­tions et des struc­tu­ra­tions-arti­cu­la­tions. Bien sûr qu'il y avait une charge spi­ri­tuelle, une espèce de "cor­res­pon­dance" ; une der­nière néces­si­té du poème. Le ciel aus­si est bel et bon. Les mots sont spi­ri­tuels ; l'AGNUS DEI est spi­ri­tuel comme l'est l'Agneau de la Brebis.

 

 

Dans le constat que vous faites sur la phrase, le lec­teur de l'époque a dû croire que vous alliez aban­don­ner la poé­sie linéaire. Or il me semble que vous ne l'avez jamais quit­tée. Le radi­ca­lisme de la démarche spa­tia­liste par rap­port au pas­sé ne vou­lait rien aban­don­ner des pos­si­bi­li­tés de la poé­sie ?

Au fond je ne vois pas de dif­fé­rence entre la poé­sie spa­tiale et la poé­sie tra­di­tion­nelle : elles res­tent l'une comme l'autre une pro­duc­tion du roman­tisme : il y a sim­ple­ment une dis­tance dans la pro­duc­tion, mais le poète reste le même, c'est là l'essentiel. La poé­sie tra­di­tion­nelle est plus inté­rieure, tour­née vers le sujet, la poé­sie spa­tiale est plus exté­rieure, tour­née vers l'objet. Il n'y a donc pas contra­dic­tion, mais pour le poète c'est selon le temps, selon la sai­son, selon ce qu'il veut "dire".

Je n'ai jamais aban­don­né la poé­sie linéaire, sim­ple­ment parce qu'elle ne se com­po­sait pas dans la même "zone" que la poé­sie spa­tiale : la linéaire se com­pose avec la vie inté­rieure, la zone interne où la vie per­son­nelle à une vie pré­pon­dé­rante. C'est une poé­sie qui met les points sur les i (inté­rieur). La poé­sie spa­tiale se veut plus objec­tive, la part des mots y est pré­pon­dé­rante. Bref, quand j'ai envie de me dire et de dire à tra­vers moi le monde, je "prends" la poé­sie linéaire. Quand j'ai plus envie d'un art de mon­tage, je prends la "poé­sie spa­tiale". Il n'y a, d'ailleurs, aucune contra­dic­tion, c'est une affaire de gra­dua­tion, de zones, de maté­riaux aus­si : dans la poé­sie visuelle, le mot joue le grand rôle ; dans la poé­sie linéaire, le moi joue le grand rôle.

 

 

Dans Le pres­by­tère de Saisseval, l'un des der­niers poèmes du troi­sième volume de vos Oeuvres poé­tiques publiées aux édi­tions des Vanneaux, vous ter­mi­nez ain­si :

 

"le vieil homme va mou­rir
mais ce qu'il a vécu est immor­tel
(le silence de ses poèmes)"

 

Vous asso­ciez le silence au poème et les pro­je­tez dans la dimen­sion immor­telle du vécu. Cette paren­thèse finale conjure-t-elle défi­ni­ti­ve­ment la mort ?

Bien sûr, écrire des poèmes, c'est conju­rer la mort. Chaque poème m'a tou­jours sem­blé être une stèle. J'ai tant et tou­jours écrit contre la mort. Dans l'humanité d'abord, dans la nature ensuite. J'ai tou­jours pen­sé que le poème s'étendait à la nature, à la forêt, pour conju­rer la mort des êtres. J'ai tou­jours pen­sé que la dis­pa­ri­tion de n'importe quelle espèce ani­male était la dis­pa­ri­tion d'une petite ou grande civi­li­sa­tion. La poé­sie est comme la foi, elle est aus­si croyance, et j'ai eu tou­jours conscience que cette croyance était fausse, mais la croyance est comme les vagues, elle conti­nue bien que fausse. On sait que c'est la lune qui les crée et on conti­nue à entendre leur chant. Mais fina­le­ment ni les vagues, ni les poèmes ne conjurent la mort : elles sont des stèles. Mais la mer conti­nue de tra­vailler les silex et de les moudre en sable doux.

 

 

Au fil de votre œuvre, nous croi­sons régu­liè­re­ment Jésus, le Christ, Marie. Dans une France qui s'enorgueillit d'avoir congé­dié ces pré­sences, pour­quoi tra­versent-elles votre œuvre ?

Je ne suis pas croyant, je ne suis pas bap­ti­sé, n'ai pas com­mu­nié, je suis cepen­dant de la civi­li­sa­tion gré­co-chré­tienne, j'y tiens de toutes mes racines. Et j'en suis venu à la concep­tion que le Christ, Marie, les Apôtres, étaient pas­sés, ils ont lais­sé des traces, et j'ai tou­jours mar­ché dans ces traces. J'ai pas­sé mon enfance à Amiens, ville détruite en mai 40, mais à la cathé­drale intacte, enfant je me suis impré­gné de cette cathé­drale. J'ai beau­coup lu, les livres chré­tiens, j'ai fait mes études en Allemagne après 46, j'ai vécu le luthé­ria­nisme, je suis sou­vent allé en Grèce, je suis allé tra­vailler en Galilée etc… Tout cela forme des strates en moi, et je suis allé à la ren­contre de tous ces per­son­nages qui sont pas­sés. Plus tard, le chris­tia­nisme a fait alliance en moi avec le com­mu­nisme. L'un et l'autre ne pou­vaient être atteint par les "hommes", qui sont des singes, et non des fauves, et qui conti­nuent aujourd'hui à se battre pour récol­ter en haut du plus grand arbre, les plus belles noix de coco, l'argent.

 

Pouvez-vous nous par­ler de ce poème lita­nique mer­veilleux : L'Immaculée concep­tion, daté de l'année 2000, qui se ter­mine ain­si :

 

"le vieux est assis au bord de la neige
il n'a jamais été si loin
il recherche le temps où il était proche
l'enfance l'occupation l'adolescence le par­ti

il n'a fait que par­cou­rir des che­mins
qui ne mènent nulle part

main­te­nant il regarde la neige

il fait un bon­homme de neige éter­nelle"

 

Elle ne conjure pas la mort, elle intègre la mort. Tout est conte­nu dans "neige" et "neige éter­nelle".

La mort devient pré­oc­cu­pante. Elle consiste au pas­sage de la neige (auprès de laquelle le vieux s'assied) à la neige éter­nelle ou vit le monde et son oubli par le monde même. L'infini qui oublie le fini et l'infini, et qui demeure infi­ni, l'éternité, le monde et sa néga­tion qui est le monde, le oui, le non, le oui, le oui dans le non, cette limite : non pas to be or not to be, mais to be and not to be. C'est dans cette affirmation/​négation que main­te­nant je vis en poé­sie, assis aux limites de la neige éter­nelle.

 

 

Vous êtes né en 1928. Vous avez 85 ans. Quel regard por­tez-vous aujourd'hui sur la poé­sie, à tra­vers votre œuvre, bien sûr, mais aus­si à tra­vers les œuvres des autres ?

Oui, 85 ans. Je ne com­prends plus, mais plus du tout, l'humanité où nous vivons. Cette muta­tion qu'ils appellent crise, et qui est un bou­le­ver­se­ment de la vie humaine. Je ne me suis pas mis à l'ordinateur, à inter­net, etc… etc… et je le regrette. Je ne me suis pas mis du tout au règne non par­ta­gé de l'argent, et cela je ne le regrette pas. Je suis très content aujourd'hui d'avoir tra­vaillé ma vie entière en poé­sie sans être payé – ou si peu (j'avais évi­dem­ment un métier : j'étais prof d'allemand). Mes poèmes arrivent à leur fin : ils se com­posent sur­tout de quelques mots qui dis­cutent avec une figure, genre un cercle et écrit à côté "eau", le cercle devient eau, l'eau devient cercle.

 

Dans le livre que Cécile Odartchenko vous a consa­cré aux édi­tions des Vanneaux, vous dites :

"Le temps récla­mait, exi­geait une autre poé­sie – je quit­tai le Parti, et me consa­crai défi­ni­ti­ve­ment à la poé­sie, d'abord expé­ri­men­tale, puis spa­tiale (…) Ce fut un grand temps, quelque chose de très chan­geant – une espèce de conquête du monde – autour des années 60 (…) On peut dire que ce fut la pre­mière "mon­dia­li­sa­tion" en poé­sie.

N'y a-t-il pas, Pierre Garnier, deux veines en vous : cet acteur conscient de la pre­mière mon­dia­li­sa­tion en poé­sie, et le poète qui chante l'alouette, aujourd'hui presque dis­pa­rue à cause de ce que l'on a ten­dance à nom­mer "la mon­dia­li­sa­tion", c'est à dire le fruit du libé­ra­lisme ?

Bien sur il y a une espèce de contra­dic­tion : mais la "mon­dia­li­sa­tion" en poé­sie n'a rien a voir avec la mon­dia­li­sa­tion qui tue les alouettes, les abeilles. Ce qui tue les abeilles et les alouettes, c'est le "tout pour l'argent", le fon­de­ment même de l'homme, les singes, les fameuses noix de coco. La mon­dia­li­sa­tion était un espace qui se don­nait aus­si aux alouettes et aux abeilles.

 

"On ne peut écrire de poèmes que si on se sent, si on se sait en accord avec les étoiles – avec les insectes, avec les oiseaux – il s'agit de pen­ser que le mot, les mots, repré­sentent le monde – que les mots sont le monde comme le chant des oiseaux et le chant des étoiles – il s'agit de faire son pos­sible de poète pour mar­quer cette alliance", dites-vous dans le livre que vous a consa­cré Cécile Odartchenko.
Vos thèmes sont l'enfance, le vieil homme, la craie, les oiseaux, Saisseval, la topo­ny­mie.
La poé­sie, dans ces choses dites "pas­sées", est elle l'avenir per­ma­nent du monde ?

Ce fut l'avenir du monde. Mais qu'est-ce que ces hommes qui se prennent pour le monde, et qui se créent des dieux tuté­laires. Il faut que les hommes aient un sacré orgueil pour créer des dieux qui leur res­semblent, en qui ils croient. Même le "bon Dieu" et leur imagination/​leur ima­gi­naire.

 

 

Propos recueillis par Gwen Garnier-Duguy, avril  2013

mm

Gwen Garnier-Duguy

Gwen Garnier-Duguy publie ses pre­miers poèmes en 1995 dans la revue issue du sur­réa­lisme, Supérieur Inconnu, à laquelle il col­la­bore jusqu’en 2005.
En 2003, il par­ti­cipe au col­loque consa­cré au poète Patrice de La Tour du Pin au col­lège de France, y par­lant de la poé­tique de l’absence au cœur de La Quête de Joie.
Fasciné par la pein­ture de Roberto Mangú, il signe un roman sur son œuvre, “Nox”, aux édi­tions le Grand Souffle.
2011 : “Danse sur le ter­ri­toire, amorce de la parole”, édi­tions de l’Atlantique, pré­face de Michel Host, prix Goncourt 1986.
2014 : “Le Corps du Monde”, édi­tions Corlevour, pré­fa­cé par Pascal Boulanger.
2015 : “La nuit phoe­nix”, Recours au Poème édi­teurs, post­face de Jean Maison.
2018 : ” Alphabétique d’aujourd’hui” édi­tions L’Atelier du Grand Tétras, dans la Collection Glyphes, avec une cou­ver­ture de Roberto Mangù (64 pages, 12 euros).
En mai 2012, il fonde avec Matthieu Baumier le maga­zine en ligne Recours au poème, exclu­si­ve­ment consa­cré à la poé­sie.
Il signe la pré­face à La Pierre Amour de Xavier Bordes, édi­tions Gallimard, col­lec­tion Poésie/​Gallimard, 2015.

Pierre Garnier

Par |2018-11-20T18:45:20+00:00 30 mai 2013|Catégories : Blog|
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