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Plus tard

Par | 2018-02-19T10:23:19+00:00 6 février 2014|Catégories : Blog|

 

Dans les poèmes ça semble tou­jours dif­fé­rent.
Quand je lis des phrases qu’écrivent les autres,
tout me paraît clair et facile.
Comme une feuille de papier qui résiste encore au feu,
qui sent à peine la pré­sence de la cendre
sur elle-même. Dans ma cour
la cendre est si omni­pré­sente.
Telle une trom­pe­rie, telle une image qui ravit.

Bon nombre écrivent sur la beau­té per­due,
sur le mal­heur qui arrive subi­te­ment et se fau­file
dans un cœur silen­cieux, aban­don­né.
Je vou­drais, pour­tant, dire quelque chose
sur ma cour et le grand fleuve
qu’on doit voir de ma fenêtre.
Sur le frêne et les deux tilleuls qui
depuis quelques jours ne sont plus.

Le méca­nisme de la fable m’est deve­nu sou­dai­ne­ment
com­plè­te­ment incom­pré­hen­sible.
Cette cendre qui s’envole de la fenêtre,
cette suie noire qui hier encore
était la table, le lit ou les livres,
la vie d’un autre à laquelle on n’a pas beau­coup pen­sé,
cela me reste dans la gorge et me trouble la vue.
Quand j’agiterais la main,
pour­rais-je encore res­sen­tir quelque chose ?

 

Traduit du croate par Brankica Radić 
 

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