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Poème cousu

Par |2018-09-20T00:40:14+00:00 29 novembre 2014|Catégories : Blog|

 

La vue d’un port sans lune avance sous la peau et rêve à l’avancée,

dans un bouillon de mains,

d’une lune grif­fée par les ongles arra­chés d’un saxo­phone hon­grois

qui sem­ble­rait, lui-même, aper­ce­voir un port sans lune où la rage des rêves cre­vés,

où la colère des cou­leurs dis­pa­rues et la folie du vent dans les mâtures

atti­se­raient le cri d’effroi pous­sé par l’eau à la vision d’un jeune homme à la bôme pen­du

dont les yeux pâles en reflet rece­vraient l’égarement de ce cœur mexi­cain émi­gré et meur­tri bien­tôt

par le fas­cisme lâche et la bien faible édu­ca­tion d’un flic euro­péen à che­val sur un code à étri­per, lui qui,

sous la lune en san­glots réap­pa­rue,

met son zèle à tran­cher le fil,

en accu­sant l’identité soup­çonne d’un Indien dépeu­plé de rêves et abat­tu.

 

 

Marseille, le 27 mai 2013
 

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