Prête moi, et Ta corde et Ton oreille
Pour écouter l’univocité sen­si­ble des mots

Car la folie me gagne
Pour le meilleur et pour le pire
Lorsque j’épouse les mots

Leur perte m’exclue de moi
           Hors de moi
                       Ou
           Reclus en moi
Car la mésen­tente a fait suite à l’incompréhension

L’incompréhension se méconnaît
C’est un incon­scient de l’oreille
Le récep­ta­cle ne peut faire éclore le mot
Son print­emps n’est qu’une douce rêverie

La mésen­tente s’impatiente
C’est un incon­scient de la bouche
L’émetteur ne peut que vom­ir le mot
Son ivresse tourne au cauchemar

Prête moi, et Ta corde et Ton oreille
Pour écouter l’univocité sen­si­ble des mots

Lorsque le sens des mots se multiplie
Je me méfie
Lorsque le sens des mots se simplifie
Je me méfie aussi

Je recherche Ton univocité
Or le mot n’est jamais donné.

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