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Poème

Par | 2018-05-21T18:53:28+00:00 23 novembre 2016|Catégories : Blog|

 

 

 

Disparaître
dans la confu­sion
d’un trem­ble­ment de terre.
Muet
devant la déso­la­tion,
il ne sait plus
d’où il vient,
ni où il va.
Ici, l’épicentre
de son mal être.

 

L’île,
insai­sis­sable,
cou­sue
de vents et de mys­tères
trône au creux du silence.
Vive à son bord
est tout un art.

 

Au fil des jours,
sa mémoire
s’effiloche,
s’efface.
Les visages,
les pho­tos
ne lui parlent plus.
Les cou­leurs ont dis­pa­ru.
Enveloppé de noir,
l’oubli prend toute sa place.

 

Résister au vent
et effa­cer ses traces.
Abandonner un che­min obs­cur
pour ten­ter de trou­ver
un espace plus lumi­neux.

 

Se créer
un monde éphé­mère
juste le temps
d’un rêve !

 

 

Poème

Par | 2018-05-21T18:53:28+00:00 18 janvier 2016|Catégories : Blog|

IVRE DE RAGE

 

00:00

de rage
dedans
ma bouche
je souffre le mar­tyr

 

00:30

j me shoote
au para­cé­ta­mol
petit joueur
tu comptes évi­ter le pire ?

 

01:00

trop tard,
j’ai beau ten­ter
de com­bler cette encoche
nau­séeuse
aux clous de girofle
rien n’y fait
je suis fait comme un rat

 

01:30

l’orage
per­siste
et signe de sa plume
la plus cynique
au coeur
de ma gueule
et enfonce ses pics
dans ma chair
je souffre le mar­tyr

 

02:00

l’effervescence de la dou­leur
se fait sen­tir
comme une décharge
de pile alca­line
une enclume vient de s’abattre
dans mon gosier

 

02:30

codéine, mon héroïne
assas­si­née
je reste bouche bée
en atten­dant la relâche

 

03:00

même l’alcool
est vain
contre ce mal abys­sal
qui m’emporte
comme un bacille de Koch

 

03:30

je m’endors ivre
de rage
noyé dans du for­mol

 

 


***

 

 

 

Ma tour de babel

 

ce soir j’ai du plomb dans l’aile

ma tour de Babel
est res­tée chez elle
et je me retrouve seul
dans ce dan­cing blues
pour Andalouses

là ou des vieilles peaux
de ban­lieue
dansent sur des tem­pos désuets
avec des hommes par­fai­te­ment rac­cords
au décor
je me moque par ten­dresse
de voir ces déesses s’amuser
alors que moi, je tremble
de ne savoir aucun pas

pen­dant que l’iPod
défile sa pelote
sur la piste
aux anti­podes
de mes habi­tudes
et de mes cer­ti­tudes,
je reste autiste

roi déchu
roi des cons

je suis un apa­théiste
de la danse
no rock, no pop, no twist
et cette vieille pla­tine
me snob de sa musique latine
salle temps pour la sal­sa
j’ai déjà oublié les pas !

je me crash
dehors il pleut
j suis cash
je ne fais pas d’envieux
et au milieu de ces vieux
je suis deve­nu
pire que moi même
je ne m’aime plus

ce soir j’ai du plomb dans l’aile
ma tour de Babel
est res­tée chez elle

 

 

***

 

 

 

Sans pré­avis

 

Et donc tu claques la porte
et de suite, une cohorte
de sen­ti­ments
m’envahit
d’un coup d’un seul,
vio­lem­ment,
comme une suf­fo­ca­tion. 

Et à l’énonciation
des humi­lia­tions
que tu m’as offertes
ces der­niers mois,
sans alertes,
sans gra­dua­tions aucune,
je me réap­pro­prie mon corps
et âme
sans ran­cunes
avant que tu le reprennes

Oui, car ma vie est une boucle
infi­nie
qui tourne et qui me roule
des­sus

 

 

 

 

***

 

 

 

L’ai je bien aigui­sée

 

L'ai je bien aigui­sée
L'ai je bien cise­lée
L'ai je bien …
À por­tée de main

Pour que de tout temps
Quelques soies que tu portes
Tu sois à moi …
Que je puisse décou­per
En car­ré ou peut importe
Des petits bouts de toi
À empor­ter …

 

 

***

 

 

 

D’un bat­te­ment de cil

 

J't’ai pous­sé contre moi
D’un bat­te­ment de cil

Je me suis crue
Sans ver­gogne

Puis je t’ai caché
Ma ten­dresse

Je vou­lais des mots durs
Pour te sen­tir plus fort

Oui, J t’ai pous­sé contre moi
D’un bat­te­ment de cil

Et Je t’ai men­ti
Sur mon âge, sur ma vie

D’un coup d’un seul
Je me suis vue
Sans cou­ronnes
Alors j’ai eu peur de te perdre

Et je me suis grif­fée
Je me suis faite mal
Je t’ai fait le grand jeu
J'ai allu­mé la braise

Je vou­lais que tu m’épouses
Je vou­lais que tu me rendes dingue

Je vou­lais qu’elles te regardent
Qu’elles soient toutes jalouses

Je vou­lais du sang sur les murs
Et sur mes chaus­sures

Je vou­lais que tu existes
Je vou­lais que tu m’excites

Je me vou­lais pathé­tique
Et je me suis mise à l’index
J vou­lais tuer tous tes ex

Je vou­lais que tu m’oublies
Que tu ne penses plus qu'à mes seins
Je vou­lais que tu me confondes
J vou­lais dis­pa­raitre dans ta map­pe­monde

Que mon mal-être
S’évapore dans l’alcool
Que je t’ai fait boire hier soir
Pour me ven­ger de t’aimer si fort

Mon amour je te hais

Poème

Par | 2018-05-21T18:53:28+00:00 26 mai 2013|Catégories : Blog|

 

Une pluie dans mes mains meurt
comme des amis
qui ont ces­sé d’écrire
et veulent péné­trer par l’oreille de
la fleur le brouillard.
Si cela a quelque sens.
Cela déclare le noyau d’une deuxième
et d’une troi­sième vie là où elles trouvent le
vête­ment les mites –
Là où les cils des
pal­miers veillent la nuit en quelque châ­teau
de sable effon­dré
Et quant à la pluie, s’entremêlent
la pluie et les bruines aus­si d’une métro­pole
reti­rée
dont les livres furent écrits comme une prière
d’une prose au style dis­pa­ru
en sorte que
les pouces de la pluie cisèlent
et par-ci et par
là.

Traduit par Anne Personnaz

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