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poèmes de Mohammed Mekki Ibrahim

Par | 2018-02-18T20:57:18+00:00 20 septembre 2016|Catégories : Blog|

 

(Traduit de l’arabe en fran­çais par Essia Skhiri)

 

Le peu de nec­tar, c'est moi… Et tu es l'orange…

Oh ! Mon Dieu !
Oh ! La métisse !
Tu es un bar
Meublé du sable
Oh ! La belle aux yeux noirs
Oh ! La belle tres­sée d'un poème d'une chan­son
Oh ! La rose asper­gée de toutes les cou­leurs
Le peu de nec­tar, c'est moi
Et tu es l'orange
Oh ! La belle aux pieds cor­pu­lents
Enceints  d'enfants
Oh ! La belle, un peu négresse, un peu arabe
Tu es mes quelques paroles
Devant Dieu

***

 

Celui qui t’a ache­tée, s’est pro­cu­ré la fra­grance du clou  de girofle
De souffles d’une soi­rée
Ou, il se peut qu’il ait ache­té
Les côtes du buste  d‘une île
Il se peut aus­si qu’il ait  ache­té le buste de l’île,
La vague de l’océan
Les bras du matin
Et ses étreintes…
Celui qui t’a ache­tée
A  aus­si ache­té un fourreau/​ étui pour la plaie
Et une élé­gie pour le deuil
Celui qui t’a ache­tée
A ache­té l’histoire de nos pleurs
Et les géné­ra­tions de l’esclavage
Celui qui t’a ache­tée,
M’a ache­té, moi-même, aus­si
Oh ! La métisse !
Et bien
Serais-je le ven­deur de mon visage
Et de mes paroles devant Dieu

***

Qu’ils inter­rogent la moelle de pal­miers

Si un jour, ils ont aper­çu

Un sable lavé et irri­gué

Pareillement  au tien

Et qu’ils demandent aux bras du golfe

Quand est ce qu’ avec un peu de ta beau­té

Le rêve a-t-il séduit la nymphe

Et qu’ils demandent aux bataillons de conqué­reurs

S’ils ont vu une confron­ta­tion pareille à la tienne

Et les jours ne sont que des offrandes

 

***

Qu’ils se ren­seignent
Et la toute belle lunaire va leur racon­ter
Quelques poé­sies
Célébrant  tes seins lors des fins nuits
Et qu’ils se ren­seignent encore plus
Et l’épée et les livres vont en par­ler.

***

Oh ! L’orange
Ils ont déci­dé de te dégus­ter
Pour qu’il n’y ait plus du nec­tar
Au sein de la val­lée
Ils ont vio­lé cette terre
Pour ins­tal­ler un grand mar­ché
Aux péchés
Et les voi­là régnant
Et la cruche et la cuve demeurent
Et te vignobles n’ont jamais ces­sé de don­ner
Et les chopes s’entrechoquent

***

Secoue vers toi le tronc de la source
Oh ! La métisse
Et puri­fie-toi
De l’affliction de ton pas­sé
Dans le rêve et dans l’obstination/ volon­té
Agite vers toi le nom­bril du monde
Les tours de for­te­resses se réveillent
Les abeilles ont par­cou­ru les pâtu­rages
Et le nec­tar te salue
Le rouge Orient/​ Levant
Et la grâce te couvrent
Nous galo­pons et ils marchent en arrière
Jusqu’à ce que nous ache­vons le par­cours

***

Le som­meil flotte dans les yeux de tes amants
Et ils t’ont quit­tée sub­mer­gés de rêves
Les régimes de dattes ne péris­sent jamais
Et les oiseaux de la baie n’ont pas de sup­plice
La source s’est assou­pie
Et tous les êtres s’endorment
Et les fra­grances
Et les lan­ciers de tes anges gar­diens
Sont dres­sés

***

Quand tu les dépasses/​ enva­his
Je te par­viens en bon­dant
Les che­veux mouillés
Et des roses plein les bras
Et alors
Laisse moi la porte ouverte
Et ma chance dans le lit cha­le­reux
Et porte pour moi des voiles d’effluve
Et des chan­sons d’arbres et de ruis­seaux
J’ai beau­coup de mer­veilles  à dire
A tes seins lors de l’aube

***

Range !
Le temps de la ren­contre est éphé­mère
Attends que je te rejoigne le matin
La mer est pai­sible
Et le bruis­se­ment des paniers est poé­sie
Et les nénu­phars affluent
Dans l’ étang du palais
Et les abeilles ont com­blé les calices de fleurs
De leurs embras­sades
Et me voi­là, main­te­nant, plus res­plen­dis­sant
Que je ne l’ai jamais été
Et me voi­là aus­si jeune
Que je ne l’ai été
Dans ma jeu­nesse
Et me voi­là enve­lop­pé d’une nou­velle lumière
Contemple moi
Le flux s’approche
Et – je suis par­tant-
Et avec la nou­velle marée
Je revien­drai
Est-ce que tu m’as recon­nu ?
Dans le vent et les vagues
Dans la vigou­reuse tem­pête
Et dans ma mort et dans ma résur­rec­tion
Je sur­vien­drai
Et bien, dis
Que tu m’as aper­çu
Puisque c’est toi
Qui as sculp­té mes traits et ma genèse
Sur les roches et le sable
Et entre les deux par­secs
Et je suis deve­nu
Sur les tablettes d’amour
sou­ve­nir

***

Maintenant, je ne suis ni ras­sa­sié
De ta chair par­fu­mée
Ni désal­té­ré ni déver­sé
Coulant de tes seins, je m’en vais
Et alors pro­mets moi
De m’inviter à ton lit
Une autre nuit
Dont ta poé­sie et le par­fum de tes che­veux
Font une éter­ni­té

***

Et ma cou­leur s’entremêle avec la tienne
Ainsi que ma genèse
Et je fonds en toi
Étreins moi 

Et aux tombes des fleurs tro­pi­cales
Joins moi
Réunis moi avec les pleurs
Et les géné­ra­tions de la ser­vi­tude
Rassemble mes limbes/​ mon cadavre
Et enve­loppe moi dans tes bras
Qu’elle est douce ta fra­grance
Que tu es forte
Que tu es inex­pug­nable
Nue et négresse
Tu es
Et tu es mes cer­taines paroles devant Dieu…

 

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