> Poèmes inédits

Poèmes inédits

Par |2018-12-14T15:53:23+00:00 7 décembre 2015|Catégories : Blog|

 

Pour bon­dir il faut l’élan – dif­fi­cile
quand l’élan danse la sam­ba               

Le bas­sin assis se harasse
               Si le haras contient le che­val écu­mant
               C’est que l’écume du che­val retom­bant sur lui
               tiède, il s’enrhume (et ça c’est facile).
               Assis le bas­sin s’exaspère je dis.

               Manifestants non syn­di­qués ne font même pas de beaux sup­pli­ciés
               Danser seul sous le soleil n’est qu’un sym­bole.

               Salsa sam­ba bas­sins se sifflent et soufflent
               comme le font les chats

À sept heures demain le réveil son­ne­ra.

 

                                                               25 novembre 2002 ; 0 h 15

***

Carrelage simple
sol pour qui
à grandes enjam­bées
atteint la fenêtre qu’il ouvre ou bien referme.

Mais car­re­lage damier, monde clos
car­re­lage échi­quier, pré­sents le fou, la tour, la dame et le roi
tant à dépas­ser pour le même pas pion

entre la porte à peine cla­quée et la fenêtre
écran
écrin de soleil
où volète un papillon.

 

                                                               Nice, 5 mars 2004 ; 0h25

***

 

 

automne

 

la sai­son, son chant ché­ri
s’amenuise et se love
se rationne en petites poi­gnées,

pro­vi­sion de notes à fre­don­ner plus tard

un arbre aban­donne ses feuilles au vent

l’une s’en va finir sur un livre ouvert, lais­sé
sur une table de jar­din,

dont une main humaine
tour­na jusqu’à celle-ci
les pages une à une

 

le vent d’un coup sec en achève la lec­ture.

 

 

Épernon, 17 novembre 2008

 

***

 

 

Mesure du temps
Qu’il reste à vivre, en secondes ;
À aimer, en ondes.

 

28 juillet 2009

 

***

 

Dialogue

 

à A.R.

 

–          Vous évo­quiez cette colère…

–          C’est que ma colère à sabo­té –

–          Votre colère a sa beau­té ?

–          Non. Nulle beau­té, la colère. Nulle beau­té car nulle pers­pec­tive. Colère est pers­pec­tive ôtée. En revanche colère sabote.

–          Sa botte.

–          Oui. Sa botte qui tape, rue, sa botte qui galope. Colère salope qui écrase et pié­tine, colère de l’éléphant qui pié­tine et bar­rit.

 

Savez-vous ? J’aimai jadis une Italienne. Pas elle. Alors je l’ai refou­lée

chez elle, dans le talon de sa botte, à Bari.

 

18 février 2010 ; 16h30

 

***

 

Sur une page d’un cahier d’écolier j’écrivais un aveu illi­sible.
Cette page, je la frois­sais, la gar­dais poing fer­mé dans ma poche.
Qu’est-ce que j’espérais ? Qu’une jeune fille me prenne la main, m’ouvre le poing
Et mette dedans sa main, qu’il ne se referme plus.

 

31 mai 2011

 

***

 

 

Pardon – le pre­mier mot

m'est venu dans le noir
je tâchais d’avancer
à tâtons
me heur­tant à des corps

Pardon

Puis tous les mots se for­mèrent comme par­don.

26 décembre 2011

X