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Pour les yeux essentiels

Par |2018-08-15T07:40:07+00:00 3 novembre 2012|Catégories : Blog|

 

POUR LES YEUX ESSENTIELS
quelle his­toire
encore ?
 

une heure
accrue écorne
le car­nier
de lumières

la nacelle
court
tou­jours
par la dune
que le vent ourle
des dents

menottes
aux che­villes

l’égrenage des pépites
c’est l’affaire
d’un nuage
qui va
qui vient
vigile
à l’épaule
un rayon cor­rup­tible

 

ciel post­hume

 

l’envers d’une source
rampe
sous le cra­tère
des mains

la clé­ma­tite
amère
vire
au plus vert
que vert
retient sous elle
le feu
contre
toute émo­tion
contre l’attente
des meules
ou
des pierres haras­sées
tom­bales
à rele­ver
d’une mémoire
trop meuble
      

arc-en-siècles

 

et ain­si
la mer
rouge étran­glée
dans le miroir
des soirs
dépê­chant ses cri­nières
vers le titre insa­lubre
du len­de­main
papier
gras
pied
de lettre
four­millant
par les ruelles
ébré­chées
où l’argent
file
au bout
des pas
du bout des doigts
effacent
la lueur meur­trie
horion
au jour qui naît
comme
un poing
timbre sec
pour la larme
affran­chie

 

dou­leur d’os

 

un sou­rire
sur la face déca­che­tée
des lierres
quand
par ailleurs le mur
se déchausse
et s’ébroue

 

l’eau de fonte de la pierre ne nous tarit-elle pas ?

 

plus près
sur le che­min
plus fri­leux par le champ
que le maillet
de l’air
mar­tèle
refend
de bloc
en scène
pour de pro­chains éclats
de mi-ciel
des­cen­dus
pour frayer
vers les urnes
écu­mables
trop

 

mousses
artères bleues de l’ombre

 

sous le para­gon
noir
de l’arbre
hégé­mo­nique
le peigne fin des bam­bous
met la lumière
en plis
des fri­sons lèchent
le cou
du pilier
sans sou­plesse
jusqu’à ce que
la fenêtre
son regard qui tra­verse
le ter­rasse
d’un aveu

 

garde
à vue

 

détour­ne­ment d’yeux secs

 

l’aube
muette

 

alors
quoi ?

 

rétro­gra­dant
flot­ter
pas­ser
le seuil flot­tant
entre
la poudre blonde
des heures
et l’horizon
tran­chant
là où
le balan­cier
se retourne
et tout change
d’orient
de souffle
et de cadence

un fil
dis­con­ti­nu enjambe
l’effroi
des portes
d’une fièvre pâle
le vent
sou­lève
les voiles ten­dues
sur les poteaux
du cœur
qui claquent
sai­gnées
à blanc

sous leur fouet roule
l’exode
des pous­sières
prises
au tas
mises au pas
d’un res­sac d’images
borgnes

 

à rebours

 

comme
à ras
tond la faux
de la voix éphé­mère
dans la brous­saille
d’hiver

et le mot
rever­dit
piètre sur­abon­dant

d’un souffle
s’animalise
pour la langue
rumi­nante
qui prit gorge
à cou­vert
dans l’odeur âcre
des corps

 

suint
du silence

 

: poème
 

 

Ce poème, inédit en fran­çais, a été tra­duit en ita­lien par Manuela Raccanello pour la revue Interpretare (Campanotto edi­tore 23/​24/​25, Udine 2011)
Dans Drailles. 5 poèmes ver­ti­caux

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