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POUR MON DIRE

Par | 2018-06-20T09:40:19+00:00 5 octobre 2014|Catégories : Blog|

 

je dois à la véri­té d’annoncer
qu’elle est abs­trac­tion conton­dante

dois à la liber­té de décla­rer
qu’elle est soleil de notre tra­gé­die

à la mor­ta­li­té de chu­cho­ter
que je n’arrive plus au super­fi­ciel

à la sexua­li­té de chan­ter
dou­ce­ment le blues tout nu de la nuit

je dois à la beau­té de mur­mu­rer
qu’elle est l’hallucinante incon­nue

dois à la fata­li­té de pro­fé­rer
que pour tout dire je tremble car­casse

à l’animalité de dévoi­ler
qu’avoir pu je l’aurais choi­sie pure

à la fra­gi­li­té de recon­naître
que je suis pour de vrai sans défense

je dois à la vani­té de confier
que ses esclaves ont la vie bien dure

dois à l’altérité de poser
que nous ne par­ta­geons que l’existence

à l’ambiguïté d’affirmer
que bien sûr j’espère déses­pé­rer

à la célé­bri­té de divul­guer
que sa mère est pros­ti­tuée malade

je dois à la médio­cri­té d’insinuer
qu’elle fait la trop humaine condi­tion

dois à la majo­ri­té de lui crier
qu’elle ne mérite pas ses pen­seurs soli­daires

au déta­che­ment de prô­ner
une lente élé­gante conta­gion

au ration­nel de démon­trer
que mon avi­di­té est un amour

je dois à la sin­cé­ri­té de décla­mer
qu’elle est pres­ti­gieux désa­van­tage

dois à l’intégrisme de pro­cla­mer
que je chie allègre sur vos dieux

à la soli­da­ri­té de déduire
qu’elle est le plus sublime des échecs

à l’autorité de lais­ser savoir
qu’elle n’est jamais assise que sur un cul

je dois à la pos­té­ri­té de témoi­gner
de ce que les époques sont mouches à feu

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