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PRÉ

Par |2018-10-15T19:18:03+00:00 26 octobre 2013|Catégories : Blog|

 

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Dans les prés, à côté des machines agri­coles, on trouve de bicy­clettes impa­tientes. Laquelle enfour­che­rai-je

Pour rejoindre la lune qui pleure en hiver et s’esclaffe en été ? Puis, ne dois-je vous chan­ter quelques vers ?

 

Les fenêtres jaunes babillent à mon retour. Bientôt une à une, elles vont répondre à l’invite sans voyage.

« Ne crains ni le réel, ni son mys­tère, me disent-elles. Et laisse-nous te quit­ter au petit matin ; faut qu’on aille boire à la fon­taine. »

 

38-

Hier, une soi­rée, des lèvres trem­pées dans un verre de vin, un rire qui s’estompe. Vrai, le jour avait un goût de pomme et

Comme l’herbe du pré, comme l’étoile, ma parole est res­tée sans voix.  Puis la mort de l’un et de l’autre déjà nous efface. Tout est et res­te­ra silence.

 

Le pré n’a pas d’oreille pour nous voir. Son âme se gonfle du temps. Il s’enivre de son par­fum. Je l’observe et veux lui tendre les bras.

Mais il est comme ces objets fami­liers qui forment un masque mor­tuaire si on leur parle ; même la lune à son équi­noxe. Tout est et res­te­ra silence.

 

40-

Enivre-toi du temps qui te pénètre. Signifie ton accord, toi, simple haleine endor­mie au pied d’une étoile,

Avec ta capuche sous la pluie d’hiver, toi simple reflet entre les phares rou­lant sur le bitume.

 

Quel enfant tu fus ! Des fumées et des rivières cir­culent encore dans tes rêves ; tes pen­sées se tiennent encore à l’ombre des mêmes arbres.

Une valise, des lieux, une pluie mêlée de visages, tant d’âmes et tant de lieux ! Le monde est si vaste ! Reste un pré avec des che­vaux sau­vages.

 

159-

Voici le silence. Il est tom­bée cette nuit et règne désor­mais sur le pré. Il réveille une branche,

Fait fré­mir une étoile et des­cend dans mes pen­sées qu’il referme une à une. Déjà l’éternité ?

 

J’esquisse un pas dans l’invisible, qu’est le dehors, puis dis­pa­rais entre le cri d’un oiseau et le balan­ce­ment d’un branche nue.

La pluie, ce ne sont pas nOs larmes, mais un fleuve qui se rend à la mesure de nos vies.

 

 

 

Inédit, extrait de "Par-des­sus l'épaule de Blaise Pascal"

Titre pro­vi­soire

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