> Première Ligne, numéros 1 et 2

Première Ligne, numéros 1 et 2

Par |2018-10-21T21:59:08+00:00 20 septembre 2013|Catégories : Blog|

C’est une très belle revue que nous offrent Cécile Odartchenko et les édi­tions les Vanneaux, belle tant sur le plan de sa forme que de son fond ou de son papier. Un véri­table objet poé­tique dont nous igno­rons cepen­dant s’il a sur­vé­cu à l’année 2012. En tout cas, ces deux numé­ros valent leur pesant de poé­sie et de lit­té­ra­ture, ce dont on ne sera pas sur­pris si l’on connait le tra­vail mené par la poète édi­trice en faveur de la poé­sie contem­po­raine. Les Vanneaux publient en effet beau­coup de poètes de grande qua­li­té, cer­tains étant de grands poètes, y com­pris pour les enfants, ain­si qu’une col­lec­tion d’importance, Présence de la Poésie, col­lec­tion qui trace pro­gres­si­ve­ment un pano­ra­ma de la poé­sie actuelle ou récente, un peu comme la col­lec­tion Poètes d’aujourd’hui qui parais­sait autre­fois chez Seghers. À ce pro­pos, on se demande bien ce que fait le groupe édi­to­rial auquel appar­tiennent les édi­tions Seghers ? Avec le fond Seghers et le dyna­misme d’un bon qua­ran­te­naire fin connais­seur de la poé­sie, Seghers /​ Laffont ne pour­rait pas bous­cu­ler un peu les tables des libraires, relan­cer cette col­lec­tion, se mettre à re-publier des poètes contem­po­rains vivants ??? On peine à croire que les moyens et l’homme dis­po­nible n’existent pas dans le pay­sage poé­tique fran­çais contem­po­rain.

C’est triste non ?

En son pre­mier numé­ro, Première Ligne, revue de com­bat ain­si que son nom l’indique, pro­pose des tra­vaux de Laurent Albaracin, Richard Blin, Ivar Ch’Vavar, Georges-Arthur Goldschmidt, Matthieu Gosztola, Cécile Odartchenko, Jean-Louis Poitevin, Lambert Schlechter, François Thibaux, Raoul de Varax, Michel Volkovitch. Des écri­vains et poètes, pour la plu­part proches col­la­bo­ra­teurs des Vanneaux, dont les noms ne sont évi­dem­ment pas incon­nus des lec­teurs atten­tifs de la poé­sie fran­çaise contem­po­raine. Et cela com­mence par un texte enga­gé de l’éditrice : « A l’heure des fan­zines et de la pro­li­fé­ra­tion des textes sur la toile, mon choix est au plai­sir du bel ouvrage, lettres et papiers de noblesse ren­dus pour accueillir le mur­mure du monde ». Beau texte, et on ne com­prend que trop bien Cécile Odartchenko ! Avec un accord même – du moins en 2012. Aujourd’hui, la pro­li­fé­ra­tion sur la toile s’estompe grâce au tra­vail de lieux/​magazines tels que Recours au Poème. Il y a de la place pour toutes les revues belles et authen­tiques dans un uni­vers étoi­lé qui nous accueille avec sym­pa­thie. La pro­li­fé­ra­tion n’est plus à l’ordre du jour, les cadres se fixent en faveur de la poé­sie, et c’est bien l’important. Mon goût très per­son­nel va ici aux textes de Ivar Ch’Vavar (Une théo­rie (toute trou­vée) de l’image poé­tique), Georges-Arthur Goldschmidt (L’écriture au gré de ce qu’elle ignore), Matthieu Gosztola (Henri Michaux), Hölderlin offert par Raoul De Varax et Cavafis tra­duit par Volkovitch.

En son opus second, Première Ligne pro­pose des tra­vaux de Jacques Abeille, Marc Alessandri, Anne-Marie Beeckman, Pierre Garnier, Matthieu Gosztola, Jean-Paul Klee, Cécile Odartchenko, Susanne Kühne, Maximilien Loeb, Lambert Schlechter, Raoul De Varax, Pierre Vinclair et Michel Volkovitch. Une volon­té de « faire groupe » évi­dente, et cela n’est pas une cri­tique, au contraire, une revue peut (doit, pen­se­ront cer­tains) s’affirmer ain­si. Mes doigts de lec­trice atten­tion­née se sont éga­rés avec bon­heur le long des mots de Jacques Abeille, Anne-Marie Beeckman, Cavafis, Hölderlin, Christian Morgenstern (« l’étoile du matin ») tra­duit par Susanne Kühne, ceci sans juge­ment de valeur bien enten­du. Avec une men­tion toute spé­ciale et toute per­son­nelle pour la géo­mé­trie de Marc Alessandri et les expé­riences spa­tiales de Pierre Garnier, duquel on lira les élé­ments sui­vants dans les pages de Recours au Poème :

Cet entre­tien mené par Gwen Garnier-Duguy :

Ainsi que deux essais sur son ate­lier poé­tique : ici et .

De quoi nour­rir son âme poé­tique inté­rieure avec de bien belles choses, Première Ligne une revue à lire cela ne fait aucun doute.

 

Revue lit­té­raire Première Ligne
N° 1 : prin­temps 2012
N° 2 : automne 2012
Chaque numé­ro : 17 euros.
Abonnement : 35 euros.
Editions des Vanneaux. 64 rue de la Vallée de Crème. 60480 Montreuil sur Brèche.
Mail de l’éditrice : codartchenko@​gmail.​com

Site de la mai­son d’édition :
Les​.van​neaux​.free​.fr

 

X