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Printemps des Poètes

Par | 2018-02-24T14:51:44+00:00 19 janvier 2013|Catégories : Blog|

 

15e Printemps des Poètes : "Les voix du poème"
DU SAMEDI 9 AU DIMANCHE 24 MARS 2013

De ma vie je n'ai jamais vu
Plus beau visage que sa voix (…)
Angèle Vannier 
Poèmes choi­sis 1947-1978, Rougerie, 1990
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La 15e édi­tion du Printemps des Poètes sera dédiée à la mémoire de Marie Gavardin, une des pre­mières col­la­bo­ra­trices du Printemps des Poètes.

Edito de Jean-Pierre Siméon, direc­teur artis­tique

Dès sa nais­sance, au début des temps humains, la poé­sie est une parole levée. Qu'il soit mur­mure, cri ou chant, le poème garde tou­jours quelque chose de son ora­li­té native. Il est donc peu ou prou une affaire de voix, la voix inté­rieure du poète répon­dant aux voix du monde. 
Le par­tage des poèmes dans la cité, qui est depuis quinze ans l'ambition du Printemps des Poètes, passe néces­sai­re­ment par la voix haute. 
Le Printemps des Poètes 2013 fera entendre plus que jamais cette poly­pho­nie vivante.

Nous appe­lons d'autre part à célé­brer l'oeuvre de Pablo Neruda à l'occasion des 40 ans de sa dis­pa­ri­tion.


Edito de Denis Lavant, comé­dien et par­rain de la 15e édi­tion

Les Voix des Poètes pour­quoi ?
Parce qu'elles m'ont depuis tou­jours été pré­sages et acquies­ce­ment sen­sible à ce que toute mon âme pres­sen­tait.
Parce que les poèmes ce sont d'abord des Voix.
Parce que la poé­sie qui pré­tend faire vibrer quelque fibre intel­li­gente et sen­si­tive aux tré­fonds de l'humain doit prendre Voix, doit s'échapper du pro­fond d'entrailles défuntes ou prendre corps dans la tri­paille vivace et belle pour sub­ju­guer d'ondes rudoyantes ou sua­ve­ment cares­ser l'ouïe, l'oreille au pavillon char­nu, ou bien sourdre de ce conduit émo­tif aux grands-fonds du dedans.
Parce que la poé­sie avant qu'on la lie, qu'on la relie et qu'on la lise, éclate à l'extérieur de nous dans tous les signes par tous les sens, et par ces phrases ébrui­tées dans la nuit de la rue, ou celles qui fusent aux éche­veaux du lan­gage, démê­lées tout au long du jour dans la vie humaine qui cir­cule.

Pour moi, avant toute ten­ta­tive de lec­ture, la poé­sie com­mence par sa mise en voix, débute par un timbre, une enti­té sonore. Un organe géné­reux qui s'empare de la per­son­na­li­té du poète dépo­sée sur la page et la fait voler dans l'espace ouvert affran­chie des pesan­teurs.
Ainsi, Rimbaud, en pre­mier lieu, me fut ren­du acces­sible par la voix gre­nue au lyrisme concret de Serge Reggiani, pré­fa­çant d'un Dormeur du Val très colo­ré, la chan­son du Déserteur de Boris Vian (Ah ! Les vieux vinyles et leur incom­pa­rable grain d'existence dans ces sons repro­duits par le noble frot­te­ment d'une cause méca­nique !).
Il y en eut encore quelques unes, de ces voix d'outre-tombe qui fai­saient vibrer en moi l'écoute incer­taine jusqu'à gon­fler en un seul souffle la voi­lure du poème.
Je pense à Gérard Philipe au timbre si sin­gu­lier, à Vilar éga­le­ment, voix fières et émo­tives entre­cou­pées de la musique du TNP.
Je pense encore à Jean-Marc Tennberg dont la voix dévouée à la poé­sie par­lée per­dure aux sillons d'anciens vinyles, quand son corps d'Icare éton­né a depuis long­temps chu, tra­jec­toire per­due au sur­vol de la Combe de Lourmarin.
Survivent par bribes dans ma mémoire audi­tive Jules Laforgue, Rimbaud, avec Le bal des pen­dus, cette fois-là, et même de Cocteau, l'art du men­songe.
Et les voix se font écho à elles-mêmes qui m'entraînent dans ce tis­su sonore à retrou­ver les accents presque métal­liques du cinéaste de La Belle et la Bête scan­dant la prose rugueuse de Ramuz, condui­sant la fable musi­cale de l'histoire du sol­dat avec l'époustouflant diable de Peter Ustinov, orches­trée de russes dis­so­nances par le grand Stravinsky.
Toujours et encore de la poé­sie, des sons, des voix, du sens sonore, plon­gée en oreille écar­quillée avide d'envoûtement.

Et puis les poètes qui se disent eux-mêmes, font voler de leur propre souffle les mots de leur bouche, enfin les poètes qui font entendre d'autres poètes, ceux qui trans­mettent la tra­di­tion sonore du temps où la poé­sie ne s'écrivait pas, mais se décri­vait lit­té­ra­le­ment à haute et intel­li­gible voix, sculp­ture mou­vante et éphé­mère que l'on devait sai­sir dans l'immédiateté de sa com­po­si­tion.

La poé­sie est avant tout sonore et s'honore dans ce qu'elle nous dit, dans ce sens qu'elle-même se réflé­chit dans l'ensemencement de sa propre parole.

Si le sou­ve­nir d'un homme per­dure tant que sa voix demeure, nous autres, comé­diens, nous sommes pour ain­si dire fos­soyeurs à l'envers. Nous ten­tons de pour­suivre de notre voix l'existence sonore d'un être qui nous était cher même si nous ne l'avons pas connu de notre vivant.

Denis Lavant

Contacts
– Presse : Christine Delterme – presse@​printempsdespoetes.​com /​ 01 53 80 42 49
– Communication /​ Partenariat : Céline Hémon –c.​hemon@​printempsdespoetes.​com /​ 01 53 80 42 47

Le Printemps des Poètes – 6 rue du Tage 75013 Paris 
www​.prin​temps​des​poetes​.com

 

Printemps des Poètes

Par | 2018-02-24T14:51:44+00:00 24 décembre 2012|Catégories : Blog|

« Les voix du poème »
Lundi 21 Janvier 2013, à la Maison de la poé­sie Paris (3e) de 9h30 à 12h30 /​ de 14h à 17h 

 

Programme

> 9h30 : accueil

> De 10h à 12h30 : Conférence sur l’oralité par Alain Borer, poète et pro­fes­seur d’Université. Panorama de la poé­sie de l’antiquité à nos jours à tra­vers l’oralité. La trans­mis­sion orale aujourd’hui et son influence dans la créa­tion poé­tique contem­po­raine.

Pause déjeu­ner libre

> De 14h à 15h30 : les pra­tiques de lec­ture : entre ori­gi­na­li­té et sim­pli­ci­té

– Eclairage par­ti­cu­lier sur le pro­chain Printemps des Poètes, qui a pour thème « les voix du poème » et sur l’opération « Place au poème ». Distribution d’affiches et de docu­ments d’information.
– Table ronde sur les dif­fé­rentes pra­tiques de lec­tures de la poé­sie dans les espaces publics ou les lieux cultu­rels avec inter­ven­tions de comé­diens, de met­teur en scène et moment de lec­ture autour de l’œuvre de Pablo Neruda. Avec Olivier Comte des Souffleurs, com­man­do poé­tique, Frédérique Bruyas, comé­dienne, lec­trice, pré­pa­rant un spec­tacle autour de l'oeuvre de Neruda et la com­pa­gnie des anges pour leur pro­po­si­tion Les Anjôleurs.
De la lec­ture chu­cho­tée, décla­mée, indi­vi­duelle, simple ou spec­ta­cu­laire, quelles sont les objec­tifs, les conseils et les contraintes, le contexte (lieu, public). Echange d'expériences. 

> De 15h45 à 17h : Les voix du poème chan­té ou mis en musique

– Présentation des concours, des réci­tals, des docu­ments mêlant poé­sie et chan­son. 
– Table ronde avec des chan­teurs, musi­ciens dont Bernard Ascal, sur la tra­di­tion de la poé­sie chan­tée, les dif­fé­rences, les limites, de l'enregistrement au réci­tal… 
Quelles sont les façons de renouer avec cette tra­di­tion et de pro­po­ser des évé­ne­ments met­tant en exergue la musi­ca­li­té du poème.