> Prions encore, c’est l’heure fabuleuse

Prions encore, c’est l’heure fabuleuse

Par | 2018-05-22T13:43:18+00:00 21 septembre 2013|Catégories : Blog|

 

Prions encore, c’est l’heure fabu­leuse,
avant que dis­pa­raissent les mots de la nuit qui épuise la mort,
avant que reviennent les lueurs du jour
et ses ors      et ses dis­cours      et ses men­songes

La ville déjà fré­mit et s’avilit dans une ardeur oublieuse
de la grâce. La ville ne te chante plus, elle tra­vaille à sa perte !
tan­dis qu’une fille per­due, les mains jointes sur son sexe, tra­vaille
dans une ruelle mal éclai­rée et prie la Vierge Marie

de lui don­ner la force de se don­ner aux pauvres, et
de leur par­don­ner, car ils sont faibles,
car ils ne savent pas ce qu’ils font, et
de leur apprendre, du cœur, la dou­ceur qui répare,

d’apaiser leur corps qui ne retrouve la paix,
d’éteindre les feux des­truc­teurs et d’allumer en eux celui
de qui cette fille élue se consume et sur­vit.
Prions encore, car les eaux du jour vont éteindre la nuit.

Il ne sera plus temps d’errer alors au gré des longues rues.
Il ne sera plus temps de poser son regard sur l’arbre mort.
Il ne sera plus temps de croi­ser les yeux d’une contem­pla­tive.
L’affolement empor­te­ra les corps dans le broyeur des vani­tés.

 

extrait de L’attente de la tour, publi­ca­tion sep­tembre 2013, édi­tions Ad Solem 

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