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Quelques difficultés du côté de la parole

Par | 2018-05-27T03:22:47+00:00 24 novembre 2012|Catégories : Blog|

 

Le sublime ayant été décré­té inha­bi­table à l’issue
          d’un long achar­ne­ment thé­ra­peu­tique
le poète cof­fré, bête en cage, dans l’idée de la mort
dut se rési­gner, tête sur le billot, à offrir sa voix
          en holo­causte
aux dieux par contu­mace des ordi­na­teurs.
Il par­lait en des­sous avec l’accent des sources
cris­sant d’appels au secours tarau­dés d’insomnie, de
          blas­phèmes ren­trés
et d’absurdes stri­dences :
mime des Funambules, ci-devant des féo­da­li­tés
          pro­so­diques
rac­cour­ci par l’oubli sur la place publique
à la san­té de la déesse Raison et de l’Être suprême.

La résur­rec­tion était chère, le temps cru­ci­fiait les hor­loges.
En équi­libre sur l’inconnaissance, édi­fiée au moyen de
          sa propre des­truc­tion
l’écriture s’acharnait à sutu­rer le vide grâce à des
          litur­gies d’estafilades
des géo­mé­tries de fan­tasmes et des subli­ma­tions de cimes.

Le beau, res­té obs­cur jusqu’en la trans­pa­rence
s’aventurait si près des griffes de l’indicible
qu’il sem­blait le soleil dans la gueule du chat.
Malgré tout, aucun dic­tion­naire ne par­ve­nait à conte­nir
          les sens du mot poé­sie
ni la saveur du vocable cerise jouis­sant entre les lèvres
          du mal­heur.

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