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Qui me rend au poème ?

Par | 2018-02-24T15:12:28+00:00 12 mai 2013|Catégories : Blog|

 

Je suis sor­tie du poème pieds nus
Sans chaus­ser la rime !
ni por­ter la robe de l’oiseau
Sans pei­gner mes che­veux
ni ramas­ser mes sou­pirs,
Sans cein­tu­rer mon ombre
ni éteindre la ques­tion.

Je suis sor­tie du poème
Courir der­rière le sens,
Rattraper dans la buée des paroles.
la signi­fi­ca­tion des mots
Et voi­ci la belle sai­son,
la cin­quième sai­son !,
une mai­son sans gar­dien,
Sans murs sans portes
tis­sée de la fibre de l’infini
elle accueille l’oiseau étrange
aux plumes paroles au bec pin­ceau
qui fouine par­tout….
Dans le rêve
Dans la larme rete­nue
dans les sou­pirs silen­cieux
dans le réel de la colère et de la joie
du délire et de la foi
de la honte et de l’émoi
dans le réel que l’on retrouve ici-bas
Bel oiseau, où m’emmènes-tu ?
A la nuit ?
Aux chants mor­bides ?
A la folie ?
Non, non, bel ami
Au son dis­pa­ru
Au verbe sans syl­labes ni rimes
A l’encre qui ne tache pas
Aux rythmes de l’écho enchan­tant
Venant des confins loin­tains
A la dance vola­tile
Oh bel oiseau
Pieds nus, je cherche le sens des mots
et les mots prennent forme
enroulent ma taille
et apposent un bai­ser au nec­tar de miel
sur mes lèvres sevrées
Et l’amant tant atten­du accoure,
m’habille de sa voix
orches­trant la rime
le rythme il me ren­voie
Viens alors
Viens au galop
Le poème décryp­té me regarde apeu­ré
Il casse mors et brides
Enfourche ses ailes déjà déployées
Se sai­sit de mon corps frêle
Douce, Oh ! l’étreinte
De vol en vol
La dance s’emballe
Là se tait le chant hési­tant
Qui jadis enchan­tait les ruis­seaux
Et fai­saient taire le bel oiseau !