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Radivoj Stanivuk

Par | 2018-02-18T00:33:39+00:00 2 février 2013|Catégories : Blog|

Poète et nou­vel­liste, cri­tique lit­té­raire et essayiste, Radivoj Stanivuk est né en 1960 à Zrenjanin, en Voïvodine de Serbie. Diplômé en sciences poli­tiques à l'Université de Belgrade, il obtient un D.E.A. en lit­té­ra­ture géné­rale et com­pa­rée à la Sorbonne Nouvelle en 1994. Il a tra­vaillé comme jour­na­liste et ani­ma­teur du pro­gramme lit­té­raire de la Maison des jeunes de Belgrade, comme ven­deur de tableaux en Italie et comme libraire en France. Il a été l’invité du MEET en tant que poète en rési­dence à Saint Nazaire. En tant que poète et tra­duc­teur lit­té­raire (il tra­duit du slo­vaque et du fran­çais), il a séjour­né en Slovaquie et au Québec.
Radivoj Stanivuk a publié les livres sui­vants : След/​La trace, 1983 ; Тамна градитељка /​La bâtis­seuse sombre, 1988 ; Чежња и гнев/​Langueur et colère, 1991 ; Безимена недеља/​La semaine sans nom, 1994 ; Ритмови мегалополиса/​Rythmes de la méga­pole, 1997 ; Langueur et colère, odes et poèmes de voyage, 2000 ; Ноћ лутајућих звезда/​La nuit des étoiles errantes, 2010 ; Похвала природним покретима/​Eloge des mou­ve­ments natu­rels, 2010. Il a vécu dix ans en France où ses poèmes, tra­duits par Christine Chaton ou Boris Lazić, ont été publiés dans Europe, Nota bene, Sud, Caravanes, Prétexte, Méditerranéennes, La nou­velle alter­na­tive, Encre vaga­bonde, Variable et Dialogue.
Comme le démontre son opus lit­té­raire, la poé­sie de Stanivuk est essen­tiel­le­ment le témoigne de sa ren­contre avec la com­plexi­té d’un monde qui sans cesse se dérobe à son appé­tit d’amour, de grâce. Que ce soit dans ses poèmes buco­liques, ses poèmes de voyage ou ses pein­tures de la vie urbaine, Radivoj Stanivuk, dans son fort inté­rieur un contem­pla­tif, inti­miste et auto­ré­flexif, est un poète du dia­logue, de la ren­contre avec l’altérité. Il n’a de cesse d’être à la recherche du sin­gu­lier, de la véri­té indi­vi­duelle, de la dis­pute sal­va­trice. Ainsi, chaque décou­verte d’un pay­sage urbain – et des strates cultu­relles dont celui-ci se com­pose – est pour lui l’occasion de s’ouvrir à de mul­tiples réseaux cultu­rels dont sa poé­sie, en retour, se nour­rit. Ses poèmes de voyages embrassent aus­si bien l’Europe cen­trale et médi­ter­ra­néenne que les méga­poles slaves et occi­den­tales.
Radivoj Stanivuk est poète de la lan­gueur et de la colère mais aus­si de la culture, de la connais­sance, docte de manière éru­dite et reli­gieux dans un sens gnos­tique et mys­tique. Sa poé­sie repré­sente un vaste dia­logue avec la tra­di­tion lit­té­raire moderne qui pri­vi­lé­gie, sur le plan de la forme, le souffle long et sur le plan du conte­nu, l’évocation de l’espace urbain des méga­poles ten­ta­cu­laires contem­po­raines. Elle sug­gère à la fois une forte idée d’engagement sociale et une apo­lo­gie de la vie inté­rieure. Les ins­tants de grâces, d’épiphanie poé­tique, rédemp­trice, sont les résul­tats soit des ren­contres avec les œuvres d’art, soit de l’abandon à la nature.
Sur le plan for­mel, Stanivuk pri­vi­lé­gie le vers libre, le vers blanc, un souffle long et ample, diver­si­fié ; le paral­lé­lisme, les jeux de sono­ri­tés (asso­nances, alli­té­ra­tions), cita­tions, mon­tage. Postmoderniste au sens de la tech­nique et du dis­cours sub­ver­sif, il insuffle à sa poé­sie un fort sen­ti­ment élé­giaque. Son recueil au titre pro­gram­ma­tique – Чежња и гнев /​Langueur et colère – résume bien sa poé­sie : la lan­gueur expri­me­rait ses aspi­ra­tions, la colère ses révul­sions. Sa poé­sie, cri­tique, sub­ver­sive et mélan­co­lique lorsqu’elle témoigne des socié­tés humaines, des rap­ports de force qui les régissent, se teinte d’une touche plus apai­sée, plus sereine lorsqu’elle rend gloire – selon la tra­di­tion des can­nons byzan­tins – à la beau­té du monde, à une nature qui, bien qu’indifférente, reflè­te­rait un sou­rire divin aux facettes mul­tiples et tou­jours bien­ve­nues.
La poé­sie de Radivoj Stanivuk a été tra­duite en fran­çais, russe, slo­vaque, bul­gare, hon­grois, slo­vène et macé­do­nien. Il a reçu les prix lit­té­raires sui­vants : « Smeli cvet », « Stevan Pešić », « Dimitrije Mitrinović ».
Il vit aujourd’hui à Maglić, près de NoviSad, se consa­crant essen­tiel­le­ment à la lec­ture et l’écriture.
Etudes et articles en serbe, slo­vaque et fran­çais :
Staniša Nešić : „Svet real­nos­ti i mito­lo­gije“, Student br. 22, 9. 11. 1983.; Branislava Jevtović : „Solipsističko obraćanje“, Književna kri­ti­ka, Beograd, br. 4/​1989, juli-avgust 1989, str. 165-167.; Selimir Radulović : „Mitsko i lirs­ko“, Letopis Matice srpske, Novi Sad, sep­tem­bar 1989., god. 165, knji­ga 444, sves­ka 3.; Zoran Đerić : „Ritmovi moga­lo­po­li­sa“, Krovovi, Sremski Karlovci, br. 39/​40, godi­na XI 1997, str. 93.; Saša Radojčić : „Godina strepnje“, Nedeljni Dnevnik, Novi Sad, br. 81, godi­na II, 10. 04. 1998.; Bojana Stojanović-Pantović : „Zatočenik samoće“, Naša Borba . Svet knjige, subo­ta-nedel­ja, 1, 2 avgust 1998.; Boris Lazić : „Pariz, bes­kra­j­ni lavi­rint samoće“, povel­ja, Kraljevo, februar 1999., br. 1, str. 120.; Zoran Bognar : „Prodorne reflek­sije“, Borba, Beograd, 25. 06. 1998., Svet knjige, str. II ; „Pesnička indi­vi­dual­nost“, Borba, 22. 03. 2001.; Aleksandar Petrović : „Otvaranje pre­ma isko­nu“, Dnevnik, Novi Sad, sre­da 1. 11. 2000.; Saša Radojčić, „Putopisne pesme i ode“, Dnevnik, Novi Sad, sre­da 27. 12. 2000 ; Jana Aleksić : „Metapoetičke raz­gled­nice sa puto­van­ja po unu­trašn­jim pre­de­li­ma duše“, Gradina, Niš, br. 40-41/2011, str. 273-279.; J.S. (Jarmila Samcova) : « Od uto­pie k racio­nal­nos­ti – Radivoj Stanivuk », Revue sve­to­vej lite­ra­tu­ry, 1/​92, Bratislava, Slovensko ; Palo Bohuš : « uvodne slo­va na mer­miere kni­hy Temna Stavitelka Radivoja Stanivuka », Novy Život, čis­lo 2, februar 1990, roč­nik 42, str. 116-120., Novi Sad ; Svetlana Gajinova-Nogoova : « Basnicky svet vyrazne lyri­cke­ho lade­nia », Novy Život, čis­lo 2, februar 1990, roč­nik 42, str. 119-120., Novi Sad ; J.P.S. (Jean-Pierre Sicre) : Radivoj Stanivuk, Caravanes 5 aux édi­tions Phoébus, p. 182, Paris, 1996 ; A. K. : « Radivoj Stanivuk, écri­vain et poète serbe », Passe Caen, le 19. 12. 1997. ; Pierre Bigot : « L’utopie néga­tive de Radivoj Stanivuk », Ouest-France, Jeudi 18 décembre 1997.

 

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