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réVERSible

Par |2018-08-15T03:53:54+00:00 10 mai 2013|Catégories : Critiques|

Cette antho­lo­gie est le fruit d’un magni­fique pro­jet, né à Berlin, qui reprend en par­tie la méthode de tra­duc­tion pra­ti­quée en RDA. Aurélie Maurin et Thomas Wohlfahrt expliquent dans leur pré­face : « Lorsqu’une mai­son d’édition vou­lait faire tra­duire un recueil de poèmes vers l’allemand, elle deman­dait à un bureau de tra­duc­tion de pro­cé­der à une tra­duc­tion lit­té­rale. À l’aide de ce pre­mier jet et du texte ori­gi­nal, un poète en fai­sait une adap­ta­tion ».

L’anthologie regroupe des textes de six poètes fran­çais et de six poètes alle­mands qui se sont ren­con­trés à Berlin dans le cadre du poe­sie­fes­ti­val, en 2011. Il se sont tra­duits mutuel­le­ment, avec l’aide – pré­cieuse – de tra­duc­teurs, qui leur ont four­ni les tra­duc­tions lit­té­rales mais aus­si per­mis d’échanger et tra­vailler ensemble. Enfin, les poèmes ont été enre­gis­trés et l’anthologie est donc accom­pa­gnée de deux CD.
En plus de ses poèmes, chaque auteur a lais­sé le récit de son expé­rience. Dorothée Volut raconte : « Chaque poème de Judith me fait l’impression d’une barque qui, si je lui donne tout mon poids d’écoute, pour­ra se mettre à glis­ser sou­dain dans ma propre langue ». Et Judith Zander : « Nous avons été les plus lentes. Consciencieuses pas­seuses ».

 

Deux extraits

Extrait d’un poème d’Ulrike Almut Sandig (tra­duit par Linda Maria Baros, avec l’aide de Myriam Ochoa-Suel)

 

ich werde vom Flirren der Bäume im Licht nichts
sagen, auch nicht von den Bäumen an sich.

kein Wort von der Buche im Hinterhof der Ärztin
deren Tochter im Schlafzimmer stirbt, kein Wort

 

je ne dirai rien sur le fré­mis­se­ment des arbres dans la lumière,
ni sur les arbres eux-mêmes.
 

pas un mot sur le hêtre dans l’arrière-cour de la mai­son du méde­cin
dont la fille se meurt dans une chambre, pas un mot

Ulrike Almut Sandig est née en 1979. Elle fait par­tie de l’équipe édi­to­riale de la revue lit­té­raire EDIT. Elle publie des recueils de poé­sie et de nou­velles.

 

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Extrait d’un poème de Tom Schulz (tra­duit par Albane Gellé, avec l’aide de Stéphanie Lux)

 

in der Straβe der Tauben
regnete es aus den Fenstern
ein Mann ver­kaufte sei­nem Hund
die Freiheit

ich ging hinun­ter
ans Meer
da war keins wie
eins

 

 

rue des pigeons
la pluie sort des fenêtres ouvertes
un homme vend la liber­té
à son chien

 

je des­cends vers la mer
elle n’est pas là
elle est là

Tom Schulz est né en 1970. Il vit à Berlin. Il a déjà publié plu­sieurs recueils.

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