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ROUGE DESERT

Par |2018-12-11T07:57:29+00:00 27 janvier 2013|Catégories : Blog|

 

I

Tu as connu bien des choses que je ne pou­vais attendre :
la mor­sure de la pelle qui a creu­sé le puits,
les racle­ments du maçon mélan­geant son mor­tier,
les femmes qui venaient avec des seaux de fer blanc
comme des éclairs sur leurs ailes ébou­rif­fées au faible son métal­lique.

C'était la fuite éper­due vers la cour inon­dée de soleil
Le souffle res­sem­blait au souffle, l'asphyxie à l'asphyxie.

 

II

Appeler  ton désert Gabao.
Une ligne entre ciel et terre,
La pre­mière du jour
Et le griot qui par­lait avec l’autre monde.
Gabao.

Gabao
Nom d’énigme,
Frontière floue dans les ténèbres.
Avec ses vieilles femmes qui répé­taient sans fin leurs his­toires.
Celles qui parlent de l’autre monde.
Elles sont tou­jours : tu les confonds
Mais quelle impor­tance…

Elles racontent l’iboga hal­lu­ci­no­gène,
L’ocre rouge et le kao­lin blanc sacré,
Les femmes dépos­sé­dées et les hommes cruels

 

III

L’esprit impré­ca­teur est dans le masque.
Celui qui répè­te­ra ses paroles vivra son der­nier jour.
Celle qui le regar­de­ra ver­ra son sang cou­ler.

Partout les cris, la pre­mière ter­reur.
Ne pas regar­der le nain au peigne s’il se retourne dans la forêt.
Au delà de ton désert l’insouciance, les bada­miers.
Vieilles femmes dans la savane bai­gnées de plantes sacrées.
La rivière Mbilagone,
Latérite vert et rouge, arbres fou­droyés
Draisine sur la voie fer­rée.
Gabao..

 

IV

Le poin­çon de la nuit grave ses signes
Imprègne les corps sépa­rés :
je ne tente que son vice de forme
Car il déplace un revers hal­lu­ci­né.
Gabao
Venir buter où cela cède.
 

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