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Rythme du charbon blanc

Par |2018-08-18T22:42:02+00:00 9 décembre 2012|Catégories : Blog|

 

Au moment où ton visage appa­rut
Bras plus puis­sants que les rames, je vins vers toi
Et ta nudi­té fas­ci­nante
D’où à pré­sent je me retire

 

Voici que pousse sous ta cri­nière : l’immobile cruau­té
D’un plis­sé de peau rep­ti­lienne d’où sur­gissent tes forces mor­telles
Je tente l’approche
Cette danse dans les clai­rières reprend mes jambes

 

C’est ta lèvre que je désire  
Ta main révèle : ma poi­trine hale­tante

Á ce pas qui m’enferme
Fuir dans les grottes de sang
C’est tout près : J’y suis
Du fond de L’obsession du fond     
Je te hèle plus haut que mes épaules
Il faut que cacher se voie

 

Dans l’amoureuse obs­cu­ri­té du som­meil
Mon ins­tinct se garde de fer­mer le miroir
D’où sur­gissent tes mains
Mon corps s’expose

Voici l’essor au soir aigu
Indifférente au cha­grin des four­rures
Je bois fol­le­ment le feu

 

Hélas oui. Hélas
Mord, consume, ronge les os
Ce que veut l'amour :
Supplice et griffes
L'inhumaine fêlure

Mains aux ongles ani­més
Et tes lèvres qui tardent
Les terres rouges ne sont pas loin
Comme cela bouge, comme cela tremble

 

La guerre est le lieu de la plus grande misère
Je me pré­pare à la bataille : je m’offre à ce qui advient
Ces morts qui sont la mienne, rete­nue

 

En sau­va­ge­ries, par­tout des intru­sions
De tumulte en danse
Cet état d’éruption
Bouche ovale ronde
C’est une tour­née insa­tiable, une tour­née de plai­sirs
Ma main tente de sai­sir ce qui brûle

 

Les char­bons de la veille
Sont encore chauds
On ne gué­rit pas des empreintes pas­sées
On en émerge

 

Rythme du char­bon blanc
Hébergée en ma cou­leuvre la plus pure et ima­gi­naire
Vers les ori­fices de ce grand tumulte
Je dors sur mes ani­maux

 

L’enfance des rites lents
Rouvrent les tiges
Où ma mémoire est pétri­fiée
Parle peu, parle bas
Il y eut toi, et les ronces

 

Tout à l’heure quand je com­pren­drai
La der­nière porte
J’étais si curieuse de toi
Je pleure du nom per­du au moment de l’amour

 

Et der­rière, pour­tant
Comme pleure un ivrogne avec son corps entier
D’une démence cal­cu­lée
Le voile se referme

Rouge de ta main Perdue
Le rythme me libère des ani­maux
Là : regarde
Ils veulent sor­tir du rêve
Encore les rete­nir
Délirante de honte, la forêt reforme ses grilles
D’un bond, je glisse vers la lumière des lam­pa­daires
Et ce rire qui monte dedans
Où cogne L’étrange calme
Ce qui arrive
Des choses
Très belles
Je m’éclaire avec le temps
Pour la pre­mière fois 
Je me nour­ris pro­fon­dé­ment.                

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