> Sandrine CNUDDE : Gravité/​Gravedad.

Sandrine CNUDDE : Gravité/​Gravedad.

Par | 2018-05-22T23:10:38+00:00 21 février 2016|Catégories : Critiques|

 

J’ai lu ce texte, texte plus que poème, comme un arpen­teur des Pyrénées depuis plus d’un demi-siècle. D’est en ouest j’y ai trou­vé des repères expli­cites, depuis le Canigou jusqu’aux Jumeaux d’Hendaye et d’autres que j’ai pu décryp­ter. Marche aux marges de la haute mon­tagne, donc marche pai­sible. Photos syl­va­tiques, de pâtu­rages ou de groupes d’ovins. Donc mon­tagne huma­ni­sée à “soli­tude piquée d’un essaim de son­nailles”, donc très rela­tive.

Itinéraire en par­tie cryp­té où les textes font office de cailloux blancs pour qui sait les lire. Souci de lais­ser une trace, mais en poin­tillé car s’étalant de 2005 à 2012. Mais de quelle volon­té est né ce sou­ci de publier un texte “aus­si plein de trous spa­tiaux-tem­po­rels” ? Un texte, non : un vire­lai, écrit l’auteur … Textes aux marges d’une autre réa­li­té : “ je constate mon igno­rance de cer­taines réa­li­tés secrètes /​ et me ren­drai au sab­bat à quatre pattes, désor­mais”.

Pourquoi dans un texte à fina­li­té poé­tique, inclure in fine des “Notes” ? Il y en a trop peu pour être expli­cites pour un ignare en Pyrénées. Gravedad/​Gravité est-elle réel­le­ment “un funam­bule à la fron­tière des dis­so­lu­tions” ou plus expli­ci­te­ment un texte très per­son­nel : celui des ancêtres de l’auteur, per­du quelque part dans les brumes de la haute-chaîne ?

En tout cas, texte qui ne laisse pas indif­fé­rent ! Quelques extraits pour appré­cier cet écrit :

 

Noir des pins à cro­chets, mauve des rho­do­den­drons, jaune ce par­fum coco qu’on nomme ajonc, verts les cous­sins des gené­vriers, bleu le tur­ban du prin­temps, blanche la che­ve­lure qui dégèle au loin.

Avec cette jour­née par­faite je sais que là où je vais il y a de l’eau propre il y a de l’eau propre.”

 

Et encore :

 

Je pho­to­gra­phie une forme de sou­ve­nirs. Ceux de l’intérieur du dos /​ sin­gu­liè­re­ment voués au déve­lop­pe­ment des silences.”

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