> Sans queue ni tête…

Sans queue ni tête…

Par |2018-08-19T19:37:20+00:00 18 juin 2016|Catégories : Blog|

… comme sont les filles

 

 

 

 

 

 

"nous ne pra­ti­quons pas de poli­tique de retours"

 

 

 

 

 

dans un verre de whis­ky
je me suis vêtue d'étoiles

puis nue
j'ai bu à ras bord ta bouche
prê­tée de nuit
sans garan­tie

 

 

 

 

 

 

quelque chose se fait jour

 

 

 

un soleil daté
tente d'imiter

le nou­veau venu
                         au che­vet du jour où il m'a connu

 

 

 

 

 

 

 

magot d'automne

 

 

 

après quelques siècles
oui
ça devrait pou­voir
                    se tenir en équi­libre
sur le fil d'un cri

 

 

 

 

 

 

Prodigieux manoeuvre

 

 

 

Je ne peine pas à t'aimer, moi,
bête des sommes où je rêve loin de toi
mais
je ne me console pas non plus, aug­men­tée de ta main, fleur au jar­din pen­du –
ta main preuve cer­taine du monde dan­sant autour
– s'il en fal­lait des preuves –
du monde exta­sié sous le feu de ma peau au che­vet du tour­nis,
tour­nis du soleil fou qui lève nos matins,
ta main qui jamais ne s'essouffle, tenace ganse d'amour,
four­bis­seuse d'extases, masque dévoi­lant les voiles,
ta main, pou­mon obs­ti­né que ma main
entre­lace ta main            où je m'éveille dans une liasse
d'étoiles                                                                 à savoir :
– revers qui repousse l'avancée têtue
de la menace évi­dant son fuseau ténu d'heures rapaces,
revers à mon envers, velours en cara­pace                       puis
– paume, irri­guée des lignes de mes pages,
aven­tu­reuse paume irra­diée d'or, joueuse d'un jour,
racon­teuse pré­cise et obs­ti­née, paume enceinte de ma joie sin­gu­lière
bom­bée dans son ber­ceau de parme,
paume qui s'embarque dès l'orée des contours, et m'endort    puis
– bou­quet d'orpailleurs, réunion de vir­tuoses, doigts volu­biles,
ondoyants dan­seurs de ma piste duc­tile, fau­teurs de troubles,
sour­ciers insou­mis que démul­ti­plie la fonte des rêves,
flo­rai­son sur l'étang de ma chair épa­nouie,
grands cau­seurs, dix de coeur à la proue,
pul­sa­tion de la pulpe sous l'incarnat lan­guide,
                                                                     puis
pas­sant à la poupe, cha­vi­rante nais­sance,
aveugles nau­to­niers de la recon­nais­sance…

Je ne me console pas non plus, aug­men­tée de ta main – étreinte de la mienne –
des années dépas­sées où nous ne nous savions
ni du même espace ni de la même langue
où s'attardent nos mots
– ces signes vola­tiles dont fusent les bai­sers –
orphe­lins de nos bouches ran­gés dans des volumes
par ordre alpha­bé­tique

quand tout ordre mul­ti­plie nos chances de nous perdre

 

 

 

 

 

nous me man­que­ra

 

 

 

pour déta­cher ma main de tes hanches
il fau­drait lar­der jusqu'aux os
j'ai le bras long                                 mais c'est dimanche
                                                         je ferai mieux d'aller au zoo

 

 

 

 

 

 

BONUS : fer – Grand K

 

 

 

enfin
je mur­mure
enfin !

le livre où périt l'arbre, je ne l'ai pas écrit

même mort,
l'écorce incar­née,
parle l'arbre dans mes cordes

et l'arc de mon corps te ploie

fou­droyée la mai­son crie par la fenêtre et toutes ses fis­sûres
son grand cri de joie autour duquel dan­ser : ce sont tes bras que réclament
mes bras

la petite pluie a le zèle du fer rouge – mais elle dor­lote les endo­lo­ris
Vois :
je ne saborde plus mes rêves,
et la réa­li­té érein­tée tourne jupons par des­sus-tête

l'arbre où périt le livre, grim­pons dedans – accroche-toi
"et l'on se dira des poèmes ?"
oui, si tu veux, oui… mais après

par cœur

X