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S’EN ALLER DE CHEZ SOI, SOUDAIN

Par |2018-12-11T17:34:11+00:00 28 juillet 2013|Catégories : Blog|

 

Nous sui­vions le cou­rant et voya­gions
en ascen­seurs haut et droit vers les étages ;
en plein milieu, nous nous retour­nions, tels des esto­macs,
les ascen­seurs se mirent au car­ré ;
nous nous ren­con­trions en vête­ments, ache­tés
en soldes, et flot­tions des bou­quets de fleurs fraiches à la main.
C’est la dis­tance. Certains par­mi nous par­taient
en sémi­naire, plon­gés dans le gazouillis des pas­sages, c’est
la dis­tance, la dis­tance – d’autres, soli­taires, repous­saient la neige
loin des monu­ments de la ville natale.

La paume de la main s’ouvre : tu y aper­çois les miettes
du mois que tu viens de pas­ser. Retrouvé dans le bras brun du fleuve
com­mun, petit pois­son agile, avec ses dents faits de pro­tes­ta­tion silen­cieuse.
J’ai ten­té de tou­cher sa joue, mais on aurait dit
l’autoroute fuyant sous les roues.
Il n’a pas bou­gé, pour­tant
il s’échappait sous les mains comme de l’eau. C’est alors
que
c’est arri­vé : les tours des mai­sons sont entrées dans la rivière,
et de leurs bords angu­laires, elles se sont mises

à nager.

 

 

Traduction Stéphane Bouquet et l’auteur
 

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