> Si les Roses font exprès d’être des Roses

Si les Roses font exprès d’être des Roses

Par |2018-10-16T00:19:16+00:00 24 novembre 2012|Catégories : Blog|

 

La pluie au goût d’oranges amères par­tout se cale
pose ses bras lourds sur le dos du sou­ve­nir
ravive les cercles et jeux de tes rires
dans un jaune vif  immense qui aveugle et fait mal

                                                                                Forêts closes cir­cu­laires

Dans la nuit les esprits voient chu­ter ton corps
Je te donne la main je ne ferme pas les yeux
dans ce temps immo­bile et pieux
je cours j’attrape les sca­ra­bées d’or

                                                                                 Entre ciel et terre

Un fuit vers la lumière je l’appelle Lazare
et laisse filer un temps l’éternité
le soir je par­tage avec l’étranger
ombres et dou­leurs à remo­de­ler le hasard

                                                                                   Maternité d’horizons

Dans le cadavre exquis len­te­ment je plonge
quelle beau­té les bleus en toi ces huma­ni­tés
qui désha­billent ton visage d’ange en rico­chés
enfants qui lèchent tes plaies n’est pas un songe

Arriverais-je à sai­sir ce que tu pleures
la mer absorbe tes larmes grosse de tes mal­heurs
les hommes s’y baignent dans le bon­heur
plein soleil tout se trans­forme sauf la peur

Les Roses font exprès d’être des Roses
à la sur­face pour ne pas mou­rir de tris­tesse
leur beau­té nous éloigne de tout ce qui blesse
les longs dimanche les jours moroses

Sur le Rio Grande tu suces des mor­ceaux d’étoiles
silen­cieux nous sui­vait un loup
amar­rée mon nez au creux de ton cou
ta peau débor­dait le monde en un scin­tillant voile

                                                                                J’épouse l’insaisissable

L’innocence ouvre la voie à l’enchantement
viennent y boire ani­maux au cré­pus­cule
langues s’abreuvent de deux choses Lune
et chant des sirènes aux pâles fila­ments

                                                                                Dans la fraîche cam­pagne

le par­fum âcre et piquant des tulipes fanées
finit à force par me bou­le­ver­ser
des bouches muettes se noient
au bout de leurs bras l’histoire
dans l’irreprésentable de la mémoire
tour­mentent ton âme en exil
dis-moi com­ment
vivre à la sur­face des choses sans foi
en sculp­ture de marbre illu­mi­née

                                                                               Mais point de tra­ves­tis­se­ments

Cesse de ges­ti­cu­ler en série noire
cette mons­truo­si­té en nous
au cœur un pro­fond som­meil
j’accueille tous tes génies

recon­nais mes fra­giles vic­toires
qui flottent
à la sur­face de tes insom­nies
sur ton front d’un bleu cra­moi­si

                                                                              Nous sommes tous des faus­saires de nous-mêmes

Tu contra­ries mes véri­tés
j’offense tes cer­ti­tudes
toutes les phi­lo­so­phies sont dans les mains du jar­di­nier
te lais­ser venir c’est l’art de la cal­li­gra­phie
les arbres ces livres qui te sont des­ti­nés
c’est ton coeur qui te relie au monde
à sa beau­té autant qu’à sa tra­gé­die

                                                                                Sombres nym­phéas

Obscur
ton futur gît dans mon assiette
se trans­forme dans mon esto­mac
fraises myr­tilles fram­boises
baies cas­sis lavande des bois
Comme ce vin doux m’enivre
les cieux…

                                                                             Les cieux

Pourquoi veux-tu demain tou­jours plus vite
tu ne vivras pas plus demain qu’aujourd’hui
plus vite à la mort, plus vite à la mort !
pour toi je démul­ti­plie les heures
res­tons dans ce pré­sent sans len­de­main
demain
c’est sous la terre

                                                                            Plus de lilas

Un jour
quelqu’un vous dit : c’est l’hiver
alors on aligne des peut-être de car­na­val
on fait le fou on fait le sage
Qui croit être ce qu’il est
demeure dans un constant ver­tige

Si les Roses font exprès d’être des Roses
pour te faire oublier tous tes deuils
tu dois les croire
à tous les cha­pitres de notre his­toire

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