> Silvia Härri, Mention fragile

Silvia Härri, Mention fragile

Par | 2018-06-21T01:09:13+00:00 2 septembre 2014|Catégories : Critiques|

Poète et ensei­gnante, Silvia Härri est née et vit à Genève. Elle écrit en fran­çais et en ita­lien. On pour­rait la dire « suisse » pour peu qu’en poé­sie les natio­na­li­tés aient un sens ; pour peu, du reste, que le concept de natio­na­li­té pré­sente encore quelque per­ti­nence intel­lec­tuelle. Cela est émi­nem­ment dis­cu­table. En tout cas, la poé­sie n’a pas de fron­tières, et c’est heu­reux. Elle dit l’homme sous toutes ses formes ou encore la femme, sous toutes ses formes elle aus­si. Femmes/​hommes, qu’importe les mani­fes­ta­tions des uns et des autres, tout ce bruit pour peu, à l’échelle véri­table, celle de la vie uni­ver­selle, qu’importe quand ce qui compte réel­le­ment c’est qu’il y ait de l’humain en cet homme là et en cette femme là. Celle-ci et celui-là, tous, peu importent les­quels ou les­quelles. De l’humain. C’est cela le pro­fond de la poé­sie. Et on lira ce pro­fond dans les mots de la poète :
 

(Ainsi, ce fut le der­nier jour).
 

Le doigt sur l’interrupteur
 

ta main offerte sur la table
pré­fère le chant de l’ombre
 

creu­sés dans le noyer
il y a des iti­né­raires qui s’enchevêtrent
tu les sens sous ta paume pla­ni­sphère
tu les voyages sous ta plume map­pe­monde
 

d’un geste sec on éteint la lampe
on ferme la bouche la porte les pau­pières
pour que la terre ne s’y engouffre pas
on ouvre les bras on s’élance              tu voles.
 

 

Tu voles.
Bienvenue à tous et toutes dans le réel du Poème.

 

On lira d’autres poèmes de Silvia Härri ici.

 

 

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