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Slaves

Par |2018-08-16T22:25:43+00:00 24 août 2015|Catégories : Blog|
 

UN. où je.

 

tourne à terre c'est pas­sion
  trous­sée chienne dans la
où ? raide des magiques
lan­gages tourne à terre les chaînes

c'est pas­sion désor­mais de qui
ces bruits ? de
sans ori­gine c'est obs­cur en tout
bris à terre le monde
gémit qui perd sa rature vivante

savez-le savez-le savez
les for­mules de gloire et
sor­cières du je sou­ri­cières de
lui savez-le magi­ciennes mot à mot
se dit sab­bat et raid
de feux

oppo­sés l'un
sex­tuple en bouche
et tulipes ros­sées par pas et
atter­rantes musiques
de confort

l'un
cochon vir­gi­nal son
élas­tique tam­bou­rin
pour une veillée la der­nière

l'un priape dan­sant et tant
qu'à kab­bale le dieu s'avance mas­qué
de signes aggrave la Danse
dif­fi­cile et mor­telle o.
l'accouchement d'être à
soi-même ce masque insigne

l'un golem
libère ville peuple d'anéantir
ville peuple sur soi
ins­tru­ment du lan­gage confiant
dévas­té dans ses cordes et
enne­mi du bègue de celui
dont les mains tremblent au moment 
de dire et ins­crire les
Noms

l'un
jar­din consan­guin mais quel ?
au creux consan­guin des mains noué
mais quel ? déser­tion dans l'inouï désert
des oreilles cou­pées

oppo­sés l'un les
sui­vants

c'est pas­sion désor­mais de vous
des clous des clous pour joindre la terre
aux lèvres de qui ? c'est pas­sion
d'être inexact
en vous

*

toute créance ils à regret
ancrent au regard les simu­la­tions
de joie toute créance d'heureux
pré­sages et d'heureuses pro­ces­sions
c'est pas­sé

mais quels éloges pour l'effacé
qui res­plen­dit à terre tour­né ? et
quelles amou­reuses façons de sa face
pour qu'ils chantent au tard la dou­ceur
de sa course sans soleil ?

et s'escriment au corps défen­du
l'enfanté des gra­vats de la stèle simple
et nue et car­di­nale toute
au crime de sa gra­vi­ta­tion Qui
pour déchif­frer l'enfantement des ombres
aux rideaux funé­raires sur lui ?

Joie ni peine ne font une voix
échouée s'acharne plu­tôt
celle même qui
amarre ses miasmes au concert
des natures bouf­fonnes

*

orfèvre conso­nant je
n'est joie quand il juste joué
in-forme les lapides d'
ajours orients

ain­si l'insulte réso­lue
des seule­ment
deux images qu'il
trace de lui
et réside

se fait l'hommage écar­té
entre les seule­ment deux faces
du dieu qu'il recon­nut

*

en nuits les tran­sac­tions à l'air
libre s'en nuit-ils les mar­chands
nou­veaux de rides inter­dites et
d'éventails ?

par rites faux ils
la grange brû­lante sous les pluies
de dos conjurent nomades et mou­rant
là les colonnes de fumée
tours futures aux bûchers des mains
liées la main ouvrant au pas­sage
inar­ti­cu­lé de Luna

éven­tée la cabane sans toit
la cabane sans murs mais
le voile la
tou­jours enve­loppe et le secret
de sa tran­sac­tion et elle cette
musique de la pluie sur les feux engran­gée

*

mémoire 
mémoire et c'est la mer
qui a chu
dans Icare
témoin

*

o. la joie trou­ver
soi-même bar­bare
à sa langue trou­ver
le mot-delete et ne plus lire
soi dans le son ren­du
des mots

*

né bog­dan kike­na
et bap­ti­sé en l'accouplement
du fleuve Dniepr et de la Sainte cou­pole
Sophie /​ ruse flu­viale d'avoir
sur­pris la forme des eaux sou­ter­raines
désal­té­rant les saints des Laures et remon­té
jusqu'au mame­lon d'or du bulbe suprême
de la ville aux mille bulbes (la tuber­cu­leuse)

*

c'est éven­tail en bouche qu'elle
nui­tam­ment d'un autre nom
que Luna mais encore
nom d'elle che­mine-nuit en che­mins
des­sous d'elle cachés vrai-
ment à la pro­non­cia­tion

là tout est simple l'oeil
du temps fixe et crève
en bégayant et
mal éteint et
semble un sour­cil
frois­sé Que son visage archi­tecte
au caba­non déla­vé d'amours
lève les vents qu'elle-même
sans s'annoncer
aux langues qui font une main
un pied une épaule lavés
annonce Ma
salive est assez pour un sein
mais pour deux ?

jouons-nous à la tou­pie c'est jouer
près du feu tout près
de la cime et aus­si
tout bas presque
en chu­cho­tant L'éventail

et la tou­pie de bois au dan­ger
de la flamme tour­noyer

*

par le pro­dige ou par le simu­lacre
Être c'est être per­çu Esse
per­ci­pi
disent les morts

*

l'aplat d'elle la slave qui
conjugue à l'insomnie déli­vrée
le poids raide d'elle 
sur un cil

et un outrage est
le regard et déchire le voile la
au visage des­sous et
réponds-tu dou­ce­ment Dieu

donne et dieu
reprend seul

l'esclave dan­sant à l'étal
de ses chaînes et du sang
sur ses chaînes les bouts
de rythmes Cling cling cling
cling cling  lui réponds-tu ?

La céci­té fos­sile obtuse
et abso­lue
tu réponds Le noir
qui sou­lages à grands traits
à grandes ratures

*

dés­œu­vrer tou­jours
dés­œu­vrer

*

     DEUX. guerre ser­vile.

le fil cou­su re-
cou­su en figure fit
d'un tapis les figures sur lui
for­mules illi­sibles d'une vani­té
gro­tesque nous
nature morte et pour­tant
la plus célé­brée

en ce V magis­tral
et in(con)solant que tous
aiment dans le secret
du motif

la guerre au des­sin vivant
de la trace avi­née nous lan­çons
le défi de parole
ici même et
par­tout

*

les champs brûlent sous l'oeil du maître
les mouches pillent l'oeil
unique des esclaves
et nous dan­sons
torches vives aux vignes tor­dues

hommes sans vin
hommes au cri gor­gé de la guerre
à venir

qui va
la volte faire
aux faces de grand'peur et
grand'misère punir l'aboiement
long des viols 
?

*

à quoi bon
quand tous parlent éga­le­ment

*

Je serai la barque au pas­sage
mul­tiple et l'esquive vivante
l'arbre invi­sible mât
de silence image de qui
s'engloutit dans la nuit
introu­vable

dit le déchaî­né à la veille du monde
qu'il enchante

et vrai­ment celui
ayant recon­nu comme inverse l'
inter­dic­tion
peut des femmes aux dents teintes aux
bouches pleines de dents jouir
et tuer le temps
sur sa roue
être de son cirque l'accord
rotu­rier

*

les can­ni­bales chantent à corps
per­du à cœur ouvert
rica­nant les moelles ric­tus
des cous tor­dus affli­gés
dans la chair

vie et mort du sang le feu
tachant les blés dont sor­ti­ront
les cou­ronnes tachées
pleines des plaies d'un christ
invi­sible

qui chantent la vio­lence de chan­ter
? vie et mort de feu
la viande qui chante et
tré­mousse ses abats en club

a. mou­rir sur un beat
tech­no mais vite
vite

se man­ger le visage
comme on man­ge­rait un
miroir

*

et du flanc de nos nuits sen­tir
le pus s'épandre à quel prix

cette pas­sion
que quelqu'un paye
pour nous 
vou­lons

qu'on me dicte les pages de ta pas­sion

*

c'est révo­lu
même l'ennui
ne dure plus
qu'un temps

*

c'est révo­lu
et si même la musique men­tait
ce serait ter­rible
ter­ri­ble­ment amu­sant

et la voix ne serait
qu'un sar­casme

le rap­pel usé
des mil­lé­naires
où l'oreille ten­dait
dans la nuit hono­rée
pour ce qu'elle
cache

pour nous les oreilles-cou­pées
les yeux-trop-plein-de-lumière
mas­sa­crer la clar­té
ren­dra la der­nière vraie
note

*

sauf au dan­ger
de la détresse détres­sée
à grands plis
se perdre aux cartes mal
tra­cées c'est un des­tin
malade qui le veut
et auquel per­sonne ne croit
 
étant debout dé-
bous­so­lé par­mi tant de cadavres
maniant la boue et sa guerre
comme si

*

c'est ça le cou­rage
de chan­ter quand la musique
a fini

qui pour aimer l'équation de ce monde-ci
ou se répandre au som­met de lui
(le plus grand som­met à son cul)
renie­ra sa part ?

la part : nuit ne pas
mou­rir chan­ter en
mou­rant
faus­se­ment mais chan­ter

*

et la lumière encore est
la néga­tion de l'obscurité
moi ma langue est déchi­rée
et lèche le corps de tous
avec amour et
fra­cas

*

je retour­ne­rai comme un soc
les tra­chées des men­teurs des faux témoins
ceux qui disent m'avoir vu
cra­cher au sol sec
et faire naître des forêts
qu'ils abattent

ceux qui disent les sourds
entendre le hasard de mes lèvres
sor­ti faire naître des forêts
de mes lèvres et qu'ils
ne peuvent abattre ces forêts-là

jaloux et
c'est pour ça qu'ils mentent
et c'est pour ça que je leur cou­pe­rai
le cou
et que je rem­pla­ce­rai
mon sperme par leur sang

alors ce sera la der­nière
fra­ter­ni­té

*

I-mage le mac à la pute
abo­lie sa seule étoile est morte et
il n'a plus de feu (ses clopes sont
mélan­co­liques des cloques qui tapissent le vagin
putas­sier du monde réglé donc
san­gui­no­lant son pouème)
Ouvre-lui ta porte pour l'amour de ceux
qui achètent leur langue
au mar­ché noir (mais ici sans magie
fumeuse)

dea­leur faut dea­ler
l'ampoule a grillé
et je solde l'heure du viol
des bouches
ave­nirs sang pour sang

le nôtre vaut plus
que son image aux joues
des gens qui tracent tout droit
sans jamais tom­ber

sur notre mar­ché
qui est aus­si le der­nier
théâtre

*
 

 

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