Soirs de tourbières
une autre époque
soirs criblés de salaison
remue-ménage dans les arbres
orifices où se mêlent
les yeux veilleurs.
Soir pénétrable, à genoux
boire le sang de la nuit
avalanche de crépitements
en tous lieux.
Du fond de la ténèbre
d’un coup d’aile,
jetés vers le haut
un à chaque doigt
ô comme ils brillent
vrais rubis taillés
dans la chair de l’agneau
osselets de lumière
lancés de là, du fond
pulpe démantelée,
rognée
et qui roulent, bondissent.
Au-dessus, divine,
toute la neige.
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