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Summer Morning

Par | 2018-05-21T22:29:54+00:00 31 mai 2013|Catégories : Blog|

 

I love to stay in bed
All mor­ning,
Covers thrown off, naked,
Eyes clo­sed, lis­te­ning.

Outside they are ope­ning
Their pri­mers
In the lit­tle school
Of the corn­field.

There’s a smell of damp hay,
Of horses, lazi­ness,
Summer sky and eter­nal life.

I know the dark places
Where the sun hasn’t rea­ched yet,
Where the last cri­cket
Has just hushed ; anthil­ls
Where it sounds like it’s rai­ning,
Slumbering spi­ders spin­ning wed­ding dresses.

I pass over the farm­houses
Where the lit­tle mouths open to suck,
Barnyards where a man, naked to the waist,
Washes his face and shoul­ders with a hose,
Where the dishes begin to rat­tle in the kit­chen.

The good tree with its voice
Of a moun­tain stream
Knows my steps.
It, too, hushes.

I stop and lis­ten :
Somewhere close by
A stone cracks a knu­ckle,
Another rolls over in its sleep.

I hear a but­ter­fly stir­ring
Inside a cater­pillar
I hear the dust tal­king
Of last night’s storm.

Farther ahead, someone
Even more silent
Passes over the grass
Without ben­ding it.

And all of a sud­den !
In the mid­st of that quiet,
It seems pos­sible
To live sim­ply on this earth.

 

 

Matin d’été

 

J’aime res­ter au lit
Toute la mati­née,
La cou­ver­ture jetée par terre, tout nu,
Les yeux fer­més, à l’écoute.

Au dehors ils ouvrent
Leurs livres de pre­mières lec­tures
Dans la petite école
Entourée de plan­ta­tions de maïs.

Il y a une odeur de foins mouillés,
De che­vaux, de la paresse,
De cieux d’été et de vie éter­nelle.

Je connais tous les coins obs­curs
Où le soleil n’a pas encore péné­tré,
Où le der­nier grillon
Vient juste de se taire ; où les four­mi­lières
Résonnent d’un bruit comme s’il pleu­vait ;
Où des arai­gnées en som­meillant filent des robes de mariée.

Je tra­verse une région où dans les mai­sons de ferme
De petites bouches s’ouvrent pour sucer,
Où aux basses-cours un homme, torse nue,
Se lave le visage et les épaules d’un tuyau en caou­tchouc,
Où le cli­que­tis de la vais­selle com­mence à se faire entendre dans la cui­sine.

Le bon arbre avec sa voix
de ruis­seau de mon­tagne
qui connaît mes pas.
Lui, aus­si, se tait. 

Je m’arrête et j’écoute :
Quelque part tout près
Une pierre semble cra­quer ses doigts,
Une autre se retour­ner en rou­lant dans son som­meil.

J’entends un papillon se remuant
Dans une che­nille,
J’entends la pous­sière cau­sant
De l’orage d’hier soir.

Plus loin, quelqu’un
encore plus silen­cieux
tra­verse le gazon
sans le faire plier.

Et tout à coup !
Au coeur de ce silence,
Il semble pos­sible
De  vivre en sim­pli­ci­té sur cette terre.

 

Traduction en fran­çais d’Elizabeth Brunazzi

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