> Sur la poésie de Jacques Darras (1)

Sur la poésie de Jacques Darras (1)

Par | 2018-05-21T13:23:05+00:00 23 novembre 2014|Catégories : Critiques|

 

Le poète Jacques DARRAS déroule les pages du quo­ti­dien au rythme de son Verbe qu’il a tonique /​ toni­fiant /​ robo­ra­tif /​ convain­cant /​ salu­taire (le “Verbe” non enten­du ici dans sa conno­ta­tion reli­gieuse, mais dans la dési­gna­tion de l’utilisation de l’outil-poème comme for­ma­teur & fon­da­teur, par­ti­ci­pant dans sa tota­li­té du langage-à-l’œuvre à l’écriture du Corpus).

Jacques Darras est un poète du Langage et de la Vie entre­mê­lés, dont les mots mar­te­lés font rythme & sens /​ dans un dis­cours cur­sif d’appui & de Souffle /​ dans la trame de nos vies jour­na­lières & lit­té­raires.

Lisez Tout à coup je ne suis plus seul (roman /​ chan­té /​ comp­té) éd. Gallimard, coll. L’Arbalète, 2006 –et vous trou­ve­rez d’emblée le ton, le style du poète dans le ryhtme éper­du et bien pesé/​pensé de sa prose cru­sive-dis­cur­sive, dans sa tona­li­té (re)vivifiante & cha­toyante, dans le dérou­lé encou­ru de son éner­gie éner­gi­sante (cf. à ce pro­pos et dans le sens lit­té­ral et lit­té­raire L’ode au cham­pagne in Tout à coup je ne suis plus seul : quoique à chan­ter /​ à boire /​ à écou­ter lue de la propre voix vive de l’auteur, c’est mieux !).

Le der­nier livre demeure dans le rythme dar­ra­sien. Roman fami­lial ou natio­nal, livre d’hommage ren­du à son père par le poète et à sa propre lignée, Je sors enfin du Bois de la Gruerie (éd. Arfuyen, Anne & Gérard Pfister édi­teurs ; in Les Cahiers d’Arfuyen, volume 214 de la col­lec­tion ; Paris-Orbey, 2014) reprend tout, dans le contexte, à 1914 et est défi­ni par l’auteur comme un Poème cur­sif /​ dis­cur­sif.

Roman /​ chan­té /​ comp­té pour tout à coup je ne suis plus seulPoème /​ cur­sif /​ dis­cur­sif pour Je sors enfin du Bois de la Gruerie

On com­prend ici l’importance accor­dée au rythme du Verbe dans l’œuvre du poète.

Il faut lire l’œuvre de Jacques Darras à voix haute.

Mieux, en “mar­chant le Poème”.

En le mar­te­lant au rythme de nos humeurs et de nos pas de lec­teur, posé sur la route de notre quo­ti­dien, ici rehaus­sé par la vision poé­tique de Jacques Darras. Posé sur la bande rou­lante de nos aven­tures sans aven­tu­risme de décou­vertes en curio­si­tés recon­duites, inces­sam­ment comme l’est l’étonnement poé­tique proche des éton­ne­ments frais de l’enfance. Beatnik car­té­sien ; voya­geur sen­ti­men­tal ? En route sans cesse sur la road-movie des émo­tions et des visons levées par une écri­ture en marche.

Une vision poé­tique, dans toute l’acception du terme poé­tique : une vision créa­tive & créa­trice parce que révé­la­trice de nou­veaux regards posés sur le monde ; une vision poli­tique au sens grec du terme, une vision des faits de notre vie citoyenne ; une vision éthique.

J’inscris Jacques Darras dans la lignée de ces poètes trans­met­teurs, pas­seurs, décryp­teurs, déchif­freurs et tra­duc­teurs, guides dans les uni­vers plu­riels aux che­mi­ne­ments par­fois confus sui­vis par nos exis­tences citoyennes trop pré­oc­cu­pées par l’inessentiel – exis­tences en per­pé­tuel mou­ve­ment et dont les errances naviguent trop au milieu des ombres, rare­ment vers la lumière, entre luci­di­té & com­pro­mis­sions – errances aux ver­tus éthiques hélas sou­vent assom­bries et déna­tu­rées par l’ignorance, la bêtise ou des ambi­tions d’intérêts éloi­gnées des pro­jets sou­hai­tables à hau­teur d’humanité.

Poète opti­miste, Européen convain­cu, paci­fiste, cou­rant et dis­cou­rant vite en poète /​ poète du roman –Jacques Darras est ce poète atta­chant qui nous donne à (re)trouver nos racines et nous guide vers l’à-venir de nos voyages en cours.

 

A lire :

Tout à coup je ne suis plus seul, roman/​chanté/​compté éd. Gallimard, coll. L’Arbalète, 2006
Je sors enfin du Bois de la Gruerie tout reprendre à 1914, poème cur­sif /​ dis­cur­sif, éd. Arfuyen, 2014

 

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