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The Gardeners

Par |2018-08-20T23:07:43+00:00 27 décembre 2014|Catégories : Blog|

 

Gardeners are the ones who know the most –
look at the way they rake around, beneath the trees,
clea­ring the dead and fal­len leaves,
frag­ments of bro­ken branches,
clea­ring the earth bor­der by the wall.

There, among the bits of twig and leaf debris
they may find tail-ends of conver­sa­tion 
among the yel­lo­wing dead leaves,
as I clea­red out my pockets. 
Or snatches of thoughts,
that tum­bled from my win­dow,
thoughts the first star of the eve­ning sends  to me,
and I don’t always catch, thoughts
I throw out some­times with a fuz­zy goal
that sweeps the marsh-ponds
and the birds and the cica­das and the ragon­dans
and is not clear enough to go far –
so they plum­met in the gar­den,
on the hard green figlets,
on the yel­low car­pet of aca­cia blos­som
that has spilled across the road.

The gar­de­ners trim and rake and sweep up
drop­ped leaves, bits of bark and fal­len twigs.
They don't com­plain about my gram­mar,
or my twis­ted syn­tax lit­ter.
I think it might amuse them
as they laugh from time to time,
raking up the soft burrs fal­len from the tree
that leans across the gar­den table.

 

 

Les Jardiniers

 

Les jar­di­niers sont ceux qui en savent le plus –
voyez com­ment ils ratissent sous les arbres,
en déga­geant la tom­bée de feuilles mortes,
les mor­ceaux de branches cas­sées,
en net­toyant la bor­dure de terre le long du mur.

Là, par­mi les bouts de brin­dilles et les débris de feuilles,
il se peut qu'ils trouvent des frag­ments de conver­sa­tion
au milieu des feuilles mortes jau­nis­santes,
comme lorsque je vide mes poches –
ou bien des bribes de pen­sées qui sont tom­bées de ma fenêtre,
des pen­sées que la pre­mière étoile du soir m'envoie
et que je n'attrape pas tou­jours, des pen­sées
que je jette quel­que­fois avec une inten­tion confuse
qui par­court les étangs,
les oiseaux, les cigales, les ragon­dins
et qui n'est pas assez dis­tincte pour par­tir loin –
et donc elles dégrin­golent dans le jar­din
sur les petites figues qui sont d'un vert vif,
sur le tapis jaune des fleurs d'acacia
qui s'est répan­du de l'autre côté de la route.

Les jar­di­niers taillent, ratissent et ramassent
les feuilles tom­bées, les bouts d’écorce et les brin­dilles
jon­chant le sol.
Ils ne plaignent pas de ma gram­maire
ou les déchets de ma syn­taxe mal­me­née.
Je pense que cela pour­rait même les amu­ser
puisqu'ils rient de temps à autre,
lorsqu'ils ramassent au râteau les bogues souples
tom­bées de l'arbre
qui penche au-des­sus de la table du jar­din.

 

Traduit par Dominique Sorrente

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