> Thomas Hardy, Poèmes du Wessex

Thomas Hardy, Poèmes du Wessex

Par | 2018-05-26T06:15:28+00:00 23 juillet 2012|Catégories : Critiques|

Il ne faut pas trop se men­tir : on connaît sur­tout Thomas Hardy le roman­cier. L’auteur de Jude l’Obscur. Frédéric-Jacques Temple nous offre ici l’opportunité d’appréhender un Thomas Hardy tout aus­si impor­tant : le poète. Il y a bien de la com­plexi­té en cela. Hardy a d’abord publié des romans, atteint une noto­rié­té inter­na­tio­nale extra­or­di­naire puis… il a publié Jude l’Obscur, cho­qué Londres et son épouse. Son épouse sur­tout. Puis il a renon­cé à l’écriture roma­nesque. Il avait alors une soixan­taine d’années, le reste de sa vie serait consa­cré à la poé­sie. Et à une vie avec une seconde femme. Ce qui est com­plexe n’est pas cette « divi­sion du tra­vail » en deux époques et deux femmes mais le fait que, Temple insiste à juste titre là-des­sus, Thomas Hardy a écrit une seule et même œuvre, sous plu­sieurs formes, tant sa poé­sie et ses romans explorent les mêmes méandres de l’âme humaine. Des méandres pro­fon­dé­ment ancrés dans sa vie per­son­nelle, inté­rieure autant qu’extérieure. Les femmes sont pré­sentes dans sa vie quo­ti­dienne comme dans ses écrits, ici et là. L’absence d’écarts aus­si, du moins d’écarts autres que ceux concer­nant les femmes. Thomas Hardy avait une vie d’apparence simple. Une vie en réa­li­té tour­men­tée. Tout en inté­rio­ri­té, ses tour­ments. Et en conflit violent avec une socié­té Victorienne dont il appré­ciait peu les us et cou­tumes.

Les poèmes don­nés ici ont paru pour la pre­mière fois à Londres en 1898. Un pre­mier recueil après une quin­zaine de romans. C’est un véri­table coup de théâtre : per­sonne ne le connais­sait poète et per­sonne n’imagina sur le coup que cette paru­tion avait pour consé­quence la déci­sion immé­diate de ces­ser l’écriture roma­nesque. Thomas Hardy poète a ren­con­tré un grand suc­cès, équi­valent de celui du roman­cier. On lui a deman­dé des poèmes, il en a publié dans les revues les plus pres­ti­gieuses de son temps. Un poète qui a recours au poème au mitan de sa vie. La belle his­toire ! Voilà qui ne peut que nous atti­rer. Mais un recours qui pro­longe ce que l’écrivain disait aupa­ra­vant, en une poé­sie toute en récits, his­toires et drames. Une poé­sie nar­ra­tive, presque… roma­nesque en somme. Une étran­ge­té, cela est cer­tain. Avec des élans de forêt celte. À lire.

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