> TLR (The Literary Review. An international Journal of contemporary writing), vol 56 n° 4 : artificial intelligence

TLR (The Literary Review. An international Journal of contemporary writing), vol 56 n° 4 : artificial intelligence

Par |2018-10-18T09:18:42+00:00 23 mars 2014|Catégories : Blog|

TLR existe depuis 1957 et se trouve géo­gra­phi­que­ment par­lant à New York, plus pré­ci­sé­ment à Madison. Il est cou­tu­mier de dire, dans le monde anglo-saxon, que TLR est l’une des prin­ci­pales – des dix meilleurs lit-on même sou­vent, de l’Est à l’Ouest des states – revues de lit­té­ra­ture, et sin­gu­liè­re­ment de poé­sie, des Etats-Unis. Et cela est juste. Pour diverses rai­sons poé­tiques et intel­lec­tuelles, Recours au Poème a des affi­ni­tés avec TLR, on le com­pren­dra en lisant ce der­nier numé­ro consa­cré à l’intelligence arti­fi­cielle et à la façon dont la tech­no­lo­gie contem­po­raine nous arrai­sonne – des pieds à l’âme. Affinités donc, mais aus­si concep­tion de l’engagement contem­po­rain en poé­sie. La concep­tion qui nous anime ici, en ce 21e siècle, loin de 1945 : nous devons oublier les fron­tières, réel­le­ment, et non seule­ment le dire sur une quel­conque estrade (tout en igno­rant lar­ge­ment les autres du monde, par­ti­cu­liè­re­ment quand ils sont de langue anglaise). La poé­sie se fiche des fron­tières et des pré­ju­gés. Il ne s’agit pas ici de la bobo atti­tude com­mune mais bel et bien d’une stra­té­gie méta-poé­tique, et donc pro­fon­dé­ment poli­tique : nous par­tons arrai­son­ner ce monde qui veut arrai­son­ner nos âmes. Ainsi, de la même manière que le « capi­ta­lisme », ou ce qu’il est deve­nu habi­tuel de nom­mer ain­si, récu­père et intègre ce qui s’oppose à lui, nous agis­sons à l’échelle globale/​mondiale, inter­ve­nant dans ce lieu mon­dial qu’est la résis­tance poé­tique. C’est pour­quoi notre rédac­teur en chef, Matthieu Baumier, a déci­dé de faire paraître des poèmes dans les pages du pro­chain numé­ro de TLR, en avril 2014. Nous n’hésiterons pas à inté­grer ce « capi­ta­lisme » au réel authen­tique qu’est l’état de l’esprit poé­tique. Nous avons déci­dé de récu­pé­rer en poé­sie l’ensemble de l’être « capi­ta­liste » mon­dial et ain­si de redon­ner voix au Poème, dans « l’âme » même de ce « capi­ta­lisme ». Vaste et sur­pre­nante ambi­tion pen­se­rez-vous ? C’est vrai. Il serait cepen­dant outra­geux de pen­ser un bou­le­ver­se­ment poé­tique et poli­tique du monde, ce qu’il est encore conve­nu d’appeler une « révo­lu­tion », mais le mot a tout de même été gal­vau­dé par les potes de Staline, sans faire preuve d’un peu d’ambition. Individuellement, nous sommes la mul­ti­tude. Ce retour­ne­ment du gant et du regard que nous appe­lons de nos vœux, et auquel nous œuvrons, retour­ne­ment pro­fon­dé­ment spi­ri­tuel, pro­voque en ce moment même une révo­lu­tion mon­diale, bien que cela demeure invi­sible en sur­face. La Terre est un ice­berg. Recours au Poème n’aspire à rien d’autre qu’à une refon­da­tion de l’entendement humain par la re-poé­ti­sa­tion de nos vies, ce qui ne va pas sans vio­lence dans le face à face qui oppose ici et main­te­nant les com­bat­tants du Poème, che­va­liers errants du monde moderne, et l’orc atti­tude de l’anti poé­sie actuel­le­ment à l’œuvre. Pour toutes ces (bonnes) rai­sons, nous vous invi­tons à lire TLR et ain­si à rejoindre le futur, à des années lumières de 1917. Car ici, nous aimons l’homme de demain et cet homme sera homme du com­mun.

Dans ce der­nier numé­ro de TLR, on trou­ve­ra de fort belles choses, au sujet de cet uni­vers dont Mina Proctor, rédac­trice en chef de la revue, dit com­bien il fut annon­cé par Philip K. Dick, un uni­vers où on ne sait plus très bien qui sont les humains et qui sont les répliques, ce que nous nous plai­sons à nom­mer « orcs », les soirs où la rédac­tion de Recours au Poème s’attache au plus grand sérieux. Dick a vécu au plus pro­fond de son âme, en ses terres inté­rieures, ce monde qui tente de se déve­lop­per autour de nous, et en nous, comme une arai­gnée sor­tie des forges de Sauron et tis­sant sa toile, cette même toile au cœur de laquelle nous choi­sis­sons de la com­battre. Recours au Poème est un Frodon moderne plon­gé au cœur même du vol­can des terres sombres. Les enne­mis du pré­sent se com­battent dans ce même pré­sent, sur un ter­rain réel et concret. Nous n’avons que faire des fan­tômes. On lira donc dans les pages de TLR bien des réflexions, fic­tions et poèmes au sujet de cet arrai­son­ne­ment qui nous pré­oc­cupe. Fictions, de John MacManus, Carlos Labbé ou Becky Adnot-Haynes ; un essai excep­tion­nel signé Walter Robinson, Nurse Clappy Gets His ; poèmes nom­breux, dont ceux de Karyna McGlynn, Stefania Heim ou Mark Svenvold, par­mi bien d’autres dont Milan Orlic et Charles Simic, poètes que les lec­teurs de Recours au Poème connaissent bien. C’est cela l’ouverture authen­tique vers les ailleurs, poème au four­reau. Un res­pect de ce qui se fait et s’écrit ailleurs, et une lutte mon­diale en com­mun. Cela ne se paie pas de simples mots. Bienvenue dans la forêt luxu­riante du Poème. Loin du « désert du réel ».

Nous ne vivrons que les situa­tions que nous crée­rons : La 7e Internationale sera poé­tique ou ne sera pas.

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