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Toby

Par | 2018-05-20T21:44:38+00:00 12 avril 2013|Catégories : Blog|

After sou­thern storms struck Alabama on 27th April, 2011, frag­ments of the vic­tims’ belon­gings – inclu­ding count­less pho­to­graphs –were depo­si­ted across Tennessee and Georgia. Some have been found and retur­ned.

 

We never for­got the day he drop­ped in on our dri­ve­way, lau­ghing,
a hole in his heart. Before the storm was over a card had lan­ded
into the absence of his hand, its words woven over – when we found it
after­wards – by fin­gers of grass. Out of the blue ! it read, just wan­ted to look
in on you and see how you were doing. Love, mom. Within a week it see­med
like all the chil­dren of Alabama were fal­ling from the sky. We picked them
one by one from the lawn, the porch, Mother’s white rose­bush ; clam­be­red
onto the roof to retrieve their siblings. A few had lost limbs (like the last child
who couldn’t fol­low in the Piper’s wake) but were lif­ted like­wise, beyond
voli­tion, into the upper reaches of our home. Most were hap­py. Others
had wind­swept smiles, eyes gla­zed and fara­way, and wrap­ped them­selves
around scat­te­red things : A whistle. Bits of string. A grand­dad, and pages
from a fami­ly Bible : Father, You loved me before the crea­tion of the world.
On the last day of April, Mother took them in a gil­ded box to where Toby lay
beneath the cross in the gar­den, knelt to give thanks, then buried them
by his side. He’s got com­pa­ny now, don’t you think ? We wat­ched the rain
fall unclou­ded to the earth, and knew.

 

Après les tem­pêtes tro­pi­cales qui  frap­pèrent  l’Alabama le 27 avril 2011,  des frag­ments d’objets appar­te­nant aux vic­times – y com­pris d’innombrables pho­to­gra­phies – furent répan­dues à tra­vers le Tennessee et la Géorgie. Certaines ont été retrou­vées et ren­voyées.

Nous n’avons jamais oublié le jour où il tom­ba dans notre allée, riant, un trou au cœur. Avant la fin de la tem­pête une carte avait atter­ri dans l’absence de sa main, ses mots entre­tis­sés – plus tard, quand nous l’avons trou­vé – aux doigts de l’herbe. A l’improviste ! lisait-on, juste te sur­prendre
et voir com­ment tu allais. Baisers, maman. En moins d’une semaine il sem­bla
que tous les enfants d’Alabama tom­baient du ciel. Nous les cueil­lions un par un sur la pelouse, le porche, le rosier blanc de ma mère :
grim­pions
sur le toit pour récu­pé­rer leurs frères. Quelques uns avaient per­du des membres (comme le  der­nier  enfant qui ne pou­vait pas suivre les traces du Joueur de Flûte) mais s’étaient his­sés éga­le­ment, sans même le vou­loir, jusqu’aux points les plus éle­vés de notre mai­son. La  plu­part étaient heu­reux. D’autres avaient des sou­rires balayés par le vent, des yeux vitreux et loin­tains, et s’enveloppaient autour d’objets épar­pillés : un sif­flet. Des bouts de lacets. Un grand-père, et des pages d’une Bible fami­liale : Père, tu m’aimais avant la créa­tion du monde.
Le der­nier jour d’avril, ma mère les por­ta dans une boîte dorée à l’endroit où repose Toby
près de la croix dans le jar­din, elle s’agenouilla pour remer­cier, puis les enter­ra à côté de lui. Il a de la com­pa­gnie, main­te­nant,  qu’en pen­sez-vous ? Nous avons regar­dé les nuages de pluie qui tom­baient par paquets sur la terre, et nous sûmes.

Traduction de Marilyne Bertoncini

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