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Tout sauf rien, et autres poèmes

Par | 2018-02-19T17:11:33+00:00 2 septembre 2017|Catégories : Blog|

 

 

Tout sauf rien

 

« La sen­sa­tion du corps, qui donc la pré­sen­te­ra
sinon le fait lui-même en sa preuve écla­tante ? »
De la nature, Lucrèce.

 

 

Une absence de monde

 

Ce à quoi peut pré­tendre une vie
entre ter­reur et bar­ba­rie
dans la mon­dia­li­sa­tion
de l’économie
comp­table de la tech­nique.

Sans com­men­ce­ment ni fin :
on se croi­rait dans la vie réelle
sans y être.

Comme si rien n’était rien :
tout sauf rien.
Rien qu’une absence de monde
dans la ser­vi­tude volon­taire
et l’oubli hal­lu­ci­né.

 

Le temps infi­ni du fini

 

Ne rien faire :
être-là
dans ce qui à chaque
ins­tant
ne cesse d’advenir.
Le temps infi­ni du fini.

Le repos éveillé
du feuillage
bruis­sant de la cour
et de l’eau jaillis­sant
et retom­bant
dans les grandes vasques
des fon­taines
de la place voi­sine.

Le som­meil immé­diat,
quelque part par là
avec toi, sans toi,
à côté de toi,
dans le cadre mon­dial
de l’Europe.

 

                                                                                                                                                    Surgissement

 

Des livres qui tombent
sur l’abat-jour
dans le silence de tes nuits.

Des livres qui te rap­pellent
à toi au hasard des librai­ries
et des biblio­thèques.

Des livres qui se pré­ci­pitent
sur toi,
du haut d’une éta­gère,
en plein som­meil.

Tu n’es pas seul,
cette main,
ce corps qui t’a déjà
tiré à soi.

 

 

Au cœur du spec­tacle

 

D’une pen­sée qui serait
encore
ruse de l’intelligence,
mul­tiple et diverse.

La parole et le cri
d’Artaud
au cœur du spec­tacle
de la mort lente.

La voix de Debord
contre la para­ly­sie
de la mémoire
et la fal­si­fi­ca­tion
de l’histoire.

 

Ce qui l’emporte

 

Ce qui l’emporte
consti­tue
la pen­sée.

L’être et la parole
qui font que pen­ser et être
sont le même.

 

 

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