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TRANSPARENCE DE L’INVISIBLE

Par | 2018-05-24T21:41:13+00:00 1 novembre 2014|Catégories : Blog|

 

Pour notre âme, les hommes sont des cris­taux :
ils sont la nature trans­pa­rente.

Novalis

 

La poé­sie est trans­pa­rence de l'invisible. Elle est dans la recherche char­nelle de la trans­pa­rence aux lèvres sen­suelles, au galbe des formes de la femme ronde, même si le plus sou­vent elle n'apparaît qu'en formes déchar­nées d'anorexique. Si la beau­té est fille de l'invisible, elle occupe toute la place en sa rose iri­des­cence nacrée. Pour le voyant, la beau­té est irra­diante.

Son impact est per­cus­sion et tumulte. Elle fou­droie dans sa fur­tive ful­guriance. Rétive comme l'amande en sa coque dure, elle n'offre son lait que l'espace-temps d'un regard éclair. Ses lèvres fas­cinent, son tou­cher brûle les doigts de désir.

Ses feux nour­rissent, sa cosse recèle l'essentiel. Sous la ver­deur de ses appa­rences, elle masque la réa­li­té de son tré­sor, la source tou­jours cachée. Le poète ne cherche qu'à en bri­ser l'écorce, à en déchi­rer le voile. Il veut embras­ser ses lèvres entrou­vertes dans sa contem­pla­tion, il brûle d'atteindre le secret de sa lumière, ― son éblouis­sant mys­tère.

Au cœur de la fra­gile vision de jaspe et de cor­na­line, il meurt d'enfoncer un doigt dans sa bouche, de cares­ser son noyau invio­lable dans l'obscur. Sa lumière est pour le voyant révé­la­tion de son secret. Sa trans­pa­rence met à jour la chair de l'invisible,    ― elle pro­voque le poète aux trem­ble­ments sacrés de la parole.

 

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