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Traverses

Par | 2018-05-20T21:48:13+00:00 1 février 2015|Catégories : Blog|

 

(en lisant Malrieu)

 

 

 

Elle était de trans­hu­mance
par­celle d'un temps blot­ti à l'ombre de l'aisselle
et puis tu m'as ouvert les bras comme des yeux
pour embras­ser la terre

Ici,
on ne meurt plus,
on aime.

… alors sur le che­min les oiseaux font la roue
et la lumière se retrouve à jouir entre les herbes.
Il y vient des genêts, des orfraies, des pous­sières,
Tu es Nue.

Je n'en reviens pas d'être.
Est-ce un aveu­gle­ment pos­sible dans les mains
ou sa requête ?
Je n'en reviens pas d'être.

 

***

 

Déployer le fra­cas de la lumière
sans colère,
déme­su­ré, certes,
mais sans colère.

Juste un silence nous
gra­vé
maillé de sel

s'ouvre un che­min dont la rosée déborde
une rosée d'au-delà des larmes
une aube pour fêter l'Homme

un homme neuf

comme on vit un poème en marche.

 

***

 

On n'a jamais gagné

On n'a jamais gagné contre une hor­loge qui tra­fique des soleils
il faut y rejouer son coeur tou­jours

avec
alors germe un bat­tant de cloche comme un temps qui vou­drait sou­rire
pour qu'on l'accueille des deux pieds

et tant et tant de temps ravi se voit
bas­cu­ler
par­mi l'aube d'un autre appel

 

***

 

 

Dans la mesure éblouis­sante d’un éclat de cygne
un lac s’épand
il n’est plus par les mots
puisqu’au-delà des yeux les nuages vont leur nage
assez de je

Jour d’huis

Tout est là :

Tout est bien là.

Humblement nôtre.

 

 

***

 

 

… S’amorce un remue­ment d’étoiles
toute une beau­té en alerte
une beau­té qui n’en revient pas d’être belle
au point d’en oublier ses mots –

Promesse !

tou­jours tenue :
les marins sont des nôtres !
ici la mer vient boire
et le matin aime sa terre.

 

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