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Trois pas vers la lumière (extraits)

Par | 2018-05-22T23:18:20+00:00 24 avril 2014|Catégories : Blog|

 

Entre
          l’égarement dans l’ombre 
et  l’aveuglement dans l’excès de lumière

trou­ver cet arbre en éter­nelle crois­sance
qui déploie juste ce qu’il faut de ramure
       pour nous pro­té­ger du soleil
et se dépouille au gré des sai­sons de l’âme

Echapper à ce balan­ce­ment 
c’est accep­ter la gri­saille
la tein­ter au lever du jour
avec les pig­ments du désir
sans jamais craindre
le retour à la trans­pa­rence

ce peut être apprendre à lire
le rayon de soleil oblique
balayant fai­ble­ment l’étendue de givre

 

 

 

 

Derrière la langue la glotte
l’humide du corps qui apaise

Les entrailles ont tis­sé la cage des mots
dans une soie gros­sière
entre mailles et liens
du sang
des­sus des­sous et tout autour
com­bi­nai­son scel­lée depuis l’enfance

Cage ou cocon ?

L’oiseau-mot attend son heure
lisse son plu­mage nais­sant
éprouve la scan­sion au pre­mier bruis­se­ment

Un souffle pul­sé lui insuffle sens
par-delà le silence qui est aus­si musique
nul ne sait d’où il vient

 

Il accom­pagne la trans­pa­rence
d’une vibra­tion éclai­rée

 

 

 

 

 

J’ai tra­cé des mots
au dos des feuilles mortes

Ils pavent d’or les routes et les trot­toirs
tré­buchent sur la chaus­sée
au moindre souffle d’air

Dans cet épar­pille­ment
on les entend son­ner comme métal

Je sais que d’autres appa­raî­tront
au cœur des pre­mières vio­lettes
plus affir­més et vibrants

De renon­ce­ment en renon­ce­ment
la parole s’allège

J’attend impa­tiem­ment
son jaillis­se­ment de source
celle que le doigt de l’ange scel­la

 

 

 

 

De ces mots
je fais des guir­landes
à ton cou ils tintent clair

Comme la voix du bary­ton
ils m’enveloppent avec
juste ce qu’il faut de poids
pour mar­quer leur pré­sence
péné­trer là où la chair tres­saille

Ils sont là, à la tom­bée du jour
là, quand le sang achève sa course
ils sont là pour dire l’amour
dans le der­nier regard

Et leurs chants sont comme les piliers
aux­quels on s’adosse
pour ten­ter l’incertaine ascen­sion

 

 

 

 

Tu per­çois la mort comme ultime limite
          hori­zon du der­nier fran­chis­se­ment

mais avant que la bou­gie
n’ait don­né son plus vif éclat
tu dois atteindre les hautes branches

          tu dois tran­cher
          tran­cher encore

          allé­ger la ramure illu­soire
          trop dense elle cache cette part de véri­té
          entra­per­çue dans la trace éclai­rante de la lutte

Vie et mort
les deux faces du même

          comme l’ombre révé­lée
          par la lumière

mettre de l’éternité
dans notre pas­sage

          du mys­tère
          dans la fraî­cheur de l’instant

repous­ser les fron­tières
au-delà du visible

          ajus­ter notre regard

lais­ser l’amour la poé­sie
fécon­der les espaces élar­gis du temps

 

***

se lover dans le cœur léger des choses
inau­gu­rer la trans­pa­rence
 

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