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Trois poèmes inédits

Par |2018-08-16T12:09:39+00:00 23 octobre 2013|Catégories : Blog|

 

Elle est
L’arbre aux mer­veilles
Et aux larges fruits d’or
Qui se donnent
A l’âme
Qui che­mine au Royaume –

Elle est
L’ombre légère
Du pla­tane qui danse
Au des­sus de la foule  –

Elle est
Le tilleul qui fré­mit
Aux souffles du mois d’août –

Elle est
Cette rose incli­née
Du poids
De la rosée
Aux matins de lumière –

Elle est
Le jas­min sur le mur –

(Comment savoir si le mur
Est en train de
Soutenir la grim­pée de la fleur –
Ce que nous croyons
D’habitude –
Ou si c’est la fleur
Au contraire,
Dans son chant du soleil,
Qui fait tenir toutes ensemble
Les pierres sèches
Conjointes ?) –

Elle est
La viorne au ruis­seau,
Elle est
La reine des prés –

Elle est
L’herbe au som­met,
Sous la ronde
Des aigles,
Qui se courbe à l’autan,

Elle est le rire
Dérobé
Des
Renoncules incli­nées

(Il suf­fit de l’entendre
Pour savoir
A jamais que c’est toute
La terre
Qui se trouve tel­le­ment belle !) –

Elle est
Le lys haut dres­sé
Que l’on tend à la source –

Et elle est
Le témoin,

Elle est
Le ves­ti­bule
A
La splen­deur du Divin

Qu’elle porte en ses mains,
Dans son rire,
Dans sa voix,
Dans ses yeux éclai­rés
D’une telle splen­deur –

De cette
Eternité

(Hors du temps ! Hors du temps !)

Dont elle est la pré­sence
Et
L’immarcescible
Existence

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LA TERRIBLE ET LA DOUCE

 

Tu me détruis,
Me démembres,
Mère de tous
Les uni­vers

(Langue pen­dante
de sang –
comme les crânes
à ta taille) –

Et pour­tant, je sais bien
Que tes pieds     sur mon cœur
Sont
La plus belle des danses –

Que tu es soleil et lune,
Les averses d’avril,
La lumière du mois d’août –
Toutes les fleurs
Qui éclosent
Et portent avec elles
Le par­fum des ruis­seaux
Qui dévalent aux monts
Sous le chant
Des oiseaux

Comment dire,
O Mère,
Ton infi­nie     dou­ceur
Et ta voix     qui m’appelle
A
La beau­té des pla­nètes
Qui tour­noient dans le ciel,
Et aux bras des
Galaxies
Que tu fais exis­ter ?

Puisque je t’aime,
O Mère !

**********

NOTRE MERE

 

Sous son aspect
Terrifiant,

(Comme elle danse
Parfois
Sur un monde
Plein de pièges),

Notre Mère      dans le ciel,
Elle est d’abord la Mère de
L’infini       de l’amour –

Comme elle est tendre,
Alors !
Créatrice des
Forêts et des monts
Qui esca­ladent l’azur,
A l’origine de ces bois
Où mur­mure son rire…

Mère ! Mère !
Qui
Dira ta beau­té –
Et tes pieds
Où gre­lottent
Les clo­chettes
De mon cœur ?

Et
C’est le monde
En entier
Qui ruis­selle
Du sou­rire
De tes yeux de lumière,
Le monde entier
(Tout entier),
Qui se sou­vient
D’être né     du tour­billon
De ta jupe –

Quand tu dan­sais
Sur l’abîme
En fai­sant      rou­ler
L’Univers
De tes mains       ado­rantes

 

Tu es la sauge sau­vage –
Et la feuille de la menthe
Tout au bord
De l’étang
Où se mire      le soleil

Fleur éclose
Depuis      cette nuit  si pro­fonde
Que ta tresse
Récuse… 

 

 

 

 

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